dimanche 30 novembre 2008

pourquoi

A la question récurrente : " Martine, pourquoi as-tu voulu faire un blog ? ", j’ai encore du mal à formuler une réponse satisfaisante, mais je veux bien essayer…

Écrire, j’adore ça ! Depuis toujours me semble-t-il ! J’ai rempli des pages de journaux intimes quand j’étais adolescente puis l’école m’a donné beaucoup d’occasions de rédiger. L’expérience de chroniques, critiques d’ouvrages jeunesse, sur sitartmag, grâce à la confiance des fondateurs du site, a été particulièrement enrichissante ; les réactions des auteurs étaient très gratifiantes. Mais j’ai envie maintenant de revenir à une expression un peu plus personnelle

Les ateliers d’écriture à l’UTA m’apprennent à ne plus avoir peur de traduire par des mots écrits ce qui me passe par la tête, en utilisant des " déclencheurs ". Petit à petit je me défais de la rigueur envahissante que j’apportais jusqu’à présent à la construction de mes phrases.

Partir d’un mot est un prétexte à l’écriture, une contrainte très souple laissant une grande liberté dans le type d’écrit qui en découle.

Et j’ai de plus en plus envie d’en garder les traces ! Le support " blog " m’a tentée, à force de surfer sur internet. Il me semblait bien adapté pour conserver les textes, avec des composantes esthétiques amusantes à travailler.

Écrire pour être lue, en offrant des émotions, des souvenirs, des fantaisies, c’est nouveau pour moi et je suppose qu’il faut du temps pour réaliser tout ce que cela implique. Pour l’instant j’y vois une impulsion supplémentaire. Les réactions des lecteurs sont autant de marques d’intérêt et de reconnaissance et je suis sûre qu’elles m’encourageront à continuer le partage de mes p’tits mots…

vendredi 28 novembre 2008

soie (1)

Ce week-end à Lyon se déroule le marché des soies, rassemblement somptueux que je ne peux manquer. Je sais que je ne craquerai pas devant les coupons mais j’aurai plaisir à effleurer les tissus. Je ressens une tendresse particulière pour cette matière depuis que je connais mieux les vers à soie

Septembre 2006, l’année scolaire débute pour notre classe de CE1. Outre les projets déjà formés à l’intérieur du cycle, j’essaie de prévoir des sorties qui jalonneront le programme ; il faut s’y prendre toujours très tôt. J’ai appris la réouverture de la Maison des Canuts, je monte à La Croix-Rousse et demande une pré-visite. Aïe ! C’est complexe, la démonstration de tissage sur un métier à bras Jacquard me semble intéressante ainsi que la présentation de la vie quotidienne des Canuts au XIXe. Il faut malgré tout venir ici avec une réelle motivation et je ne vois que l’élevage des vers à soie qui puisse réellement préparer le terrain. J’envisage la sortie au printemps suivant, ce qui me laisse du temps pour trouver les petites bêtes et organiser toutes les lectures et activités autour du sujet.

Mais comment se procurer les œufs de bombyx du mûrier ? Quelle est la bonne période ? J’écris, je téléphone, je me décourage et c’est finalement une amie ancienne professeur de bio qui, le 12 septembre 2006, m’apporte de minuscules chenilles ; les œufs viennent juste d’éclore. Je dois me procurer des feuilles de mûrier, il y en a un près du musée Guimet, facile ! Ma copine s’amuse, elle, elle sait que je m’embarque dans une drôle d’aventure qui durera plus de deux mois.

à suivre... soie (2)

mercredi 26 novembre 2008

buée

Avec ce froid soudain, les vitres se sont couvertes de buée… Bien au chaud, je termine la copie d’une photographie en noir et blanc de Dieter Appelt " Der Fleck auf dem Spiegel, den der Atemhauch " ( la tache sur le miroir, la trace de son haleine ?). Mon travail consiste à agrandir l’image que je ne possède qu’en format carte postale, puis tenter de retrouver les nuances de gris, rendre les ombres et la lumière, en utilisant crayons et fusain. Petit à petit j’ai fini par apprivoiser la photo. L’homme se trouve de dos pour moi et face à un miroir, il porte une veste, de costume sans doute, mais sa chemise a le col relâché. Profil et reflet attestent une barbe de deux ou trois jours, peut-être une certaine négligence. Supporte-t-il l’image qui lui est renvoyée ? Il souffle... Sa bouche est ouverte, toute ronde, voilà qu’il s’étonne autant qu’il veut disparaître. Le temps est suspendu ; Dieter Appelt a saisi cet instant unique, ce moment de flou où le reflet se consume, il retient la trace sur le miroir. Mais suggérer cette tache par le dessin, pas facile !

Cette photo aurait bien plu à mes petits élèves, ils l’auraient jouée avec bonheur. Je recherche des infos sur Dieter Appelt via le net, on dit de lui qu’il sculpte ses photos, c’est vrai, elles en sont inquiétantes de réalité…

En voulant traduire le titre de l’épreuve décidément intéressante, je navigue à travers quelques mots, souffle, haleine, " buée " enfin. Encore un nom issu d’un verbe abandonné " buer ", faire la lessive, dont il nous reste aussi la " buanderie " alors que la " buerie " ( lieu où l’on blanchissait les toiles ") est tombée en désuétude… Et la buée ne désigne plus que la vapeur humide sur nos vitres.

Bon je reprends mon dessin, après avoir soufflé un moment…

mardi 25 novembre 2008

retraite

" Alors, comment ça se passe la retraite ? " me demandait prudemment hier soir un ami qui ne m’avait pas vue depuis l’été. J’ai levé les deux pouces parce que je ne trouvais plus de mot… La question est quasi quotidienne et j’ai usé les réponses ! " Super ! Génial ! Tip top ! Le bonheur total ! Pas un instant à moi ! Un emploi du temps de ministre !… "

Hé non, pas de regrets du tout. En plus quand on me raconte ce qui se passe dans les écoles actuellement, les journées allongées par le soutien Darcos renforçant encore l’isolement des maîtres, je suis bien contente d’avoir battu en retraite ! Je me suis enfuie, " retirée " au bon moment.

Savez-vous que le nom " retraite " vient de l’ancien mot français " retraire " correspondant à " retirer " ? Je ne suis pas en " retraitement ", nom construit avec le verbe " retraiter ", donc pas vraiment revisitée ni réopérée… Je l’ai aussi échappé belle quand je pense à " soustraire " et à la " soustraction "… " Retraire " aurait pu donner la " rétraction " (qui existe aussi mais issu de " rétracter ") et alors je me serais sentie rétrécie ou amputée de quelque chose…

Non, vraiment, je me réveille, revivifiée, revigorée, … et veinarde, ça c’est sûr ! A croire que ce sont plutôt toutes ces années de classe qui étaient une période de retraite, d’isolement, à l’écart du monde. A présent et pour l’avenir, de nouvelles cartes, pas encore bien rangées, mais prometteuses, vont me permettre de traiter la vie autrement.

dimanche 23 novembre 2008

mognoter

Non non ne cherchez pas dans le dico, voilà un mot fabriqué maison, prétexte d’un premier billet. Je vais vous expliquer…

Cela fait des jours que je cherche un titre pour ce satané blog. Un blog qui tourne autour des mots et de l’écriture. Mon idée est de retenir un mot entendu ou lu, un mot qui choque, qui me semble déplacé, qui me " prend la tête ", puis me servir de ce mot comme prétexte à fiction, délire, souvenir, poésie chanson… Il faut donc une formule qui prépare un peu à ça !

Ah les jeux de " mots " ne manquent pas ! J’en ai trouvé des tas mais peu ont résisté à la recherche sur Google… Déjà inventés, déjà pris. Tant pis pour " les p’tits mots ", " mot et moi ", " il était un mot ", " amie du mot "… Je finis par garder deux accroches non référencées : " laissons entrer le mot " (bof!) et " mon p’tit mot m’a dit ". Pas complètement satisfaite…

J’essaie aussi de repérer tout ce qui contient la syllabe " mo ", cela devient obsédant je vous jure, dans le métro, dans la rue, sous la douche, je ne pense qu’à " mo ". En atelier d’écriture, nous devons lister des termes puis les apparier, il me reste un orphelin " momie " ! Quand ils sont redistribués, je tire " admonester " ! Je suis " mau "dite, dirait ma fille…

J’épluche le dictionnaire, je tombe par hasard sur " mignoter " et là  : tilt ! La définition est jolie et je m’amuse à répéter "mignoter" "mognoter", ce p’tit dernier m’aurait bien plu… Traiter délicatement les mots, c’est tout ce qui me plait ; les grignoter pourquoi pas, les mettre à mijoter, leur faire exprimer toutes leurs saveurs, jouer avec eux ( " Et si les mots étaient faits pour ça ? " suggérait Boris Vian)… Adjugé ! " Mognoter " ce sera super pour commencer… Promis, les prochains seront des vrais !