mercredi 28 janvier 2009

reflet

Avez-vous déjà essayé de lister les choses perdues au cours de votre vie, ou celles qu'on vous a volées? Eh bien ma mémoire n'en retrouve pas tant que cela... Quelques-unes seulement me reviennent, liées à de grosses déceptions, des scènes familiales, des incompréhensions. Y penser m'a permis néanmoins de récupérer l'une d'entre elles, précieuse et jolie surprise.


J'ai d'abord pensé bêtement à cette roue de secours dérobée dans un parking en sous-sol à Sèvres par un amateur qui n'aimait sûrement pas le travail proprement fait... Je regrette aussi ce mémoire, résultat de nombreuses heures de travail, prêté à une stagiaire qui a bizarrement toujours repoussé le moment de me le rendre... les volumes d'une encyclopédie Quillet évaporés lors d'un déménagement et qui autrefois me semblaient contenir le monde... le petit jardin de mon enfance où les haies de buis protégeaient les jeux et les rires avec mes cousines... mon baigneur, ce bébé en celluloïd donné sans que je le sache tout de suite à des petits réfugiés venus d'Algérie en 1962.

J'ai aussi oublié à quel endroit de passage ont pu rester certaines photos, dont celle de ma mère à Rome devant le Colisée, prise dans les années 30 au cours d'un voyage de normaliennes et qu'elle me montrait toujours avec bonheur. Et il y a enfin ce cliché extra ordinaire que je croyais perdu, rappel d'un Noël d'enfance:


Je me suis entêtée à chercher et l'ai redécouvert ces jours derniers au fond d'un vieux portefeuille, simplement rangé parmi les rares tirages où figure mon père. C'est une photo magique. Me voilà un matin de Noël, en 60 et des poussières, petite fille gâtée, gourmande, juste avant d'ouvrir mes nombreux cadeaux. Je venais de trouver la tasse de café vidée par le père Noël, preuve irréfutable de son passage. Il avait laissé une boîte de chocolats pour ma famille et surtout plein de paquets pour moi: cette année-là j'ai dû recevoir une poupée Bella, une panoplie d'infirmière ou de doctoresse avec stéthoscope et seringue, un petit piano, une trottinette... trop, j'ai toujours eu trop...


Alors voyez-vous le visage confondu dans la tapisserie du mur et qui semble se glisser entre deux branches du sapin? Sans doute une empreinte de négatif, une superposition au moment du développement, en tout cas un joli mystère pour nourrir mon imagination d'enfant. Un reflet surnaturel, un gentil fantôme, un esprit bienvenu, un ange gardien... une mine où je me retrouve un peu, un double, une jumelle... en tout cas une évidente amie qui a longtemps accompagné mes rêves!

1 commentaire:

Agnès a dit…

superbes ces souvenirs d'enfance! du coup, je replonge moi aussi dans mes souvenirs de cadeaux de Noël!