mercredi 11 février 2009

ménage

"Le ménage attendra bien!!!" Encore une fois je remets à plus tard, ce qui m'arrive si souvent depuis septembre dernier. Je me dis toujours que j'ai le temps... Quand je travaillais, pas de problème! Je passais les mercredis matins à manier le plumeau, l'aspirateur, le seau et la serpillière. Je m'astreignais à tout faire, impeccable! Mais là maintenant? Je trouve des choses sans cesse plus urgentes. "Je ferai le ménage demain puisque je n'ai rien de prévu!!!" Tu parles! Je bâcle quasiment tout le vendredi soir l'air de rien... A ne pas répéter bien sûr...

Aujourd'hui m'inquiéter du mot "ménage" me semble une excuse tout à fait satisfaisante. Pour mieux accomplir une tâche ne faut-il pas s'informer sur sa nature et sa finalité, en comprendre le fondement et l'intérêt ? Je ne suis pas déçue: l'origine se trouve au "manoir", ce qui donne tout de suite un peu de caractère à ma recherche! La ménagère (car qui parle de "ménager"?) y a bien sûr fort à faire et du pain sur la planche...

- Au "manoir" on y "demeure", c'est une "maison" et l'on se représente bien tout ce qu'elle contient: meubles, ustensiles, pièces de vaisselle,"articles de ménage" nécessaires à la vie quotidienne. On "monte son ménage", on "emménage", on "déménage". Petite je ne possédais qu'un ménage de poupée, une dînette, ça faisait rêver; mais on grandit et tout évolue, on joue moins...

- Il s'agit d'entretenir cette maison et tous les objets qu'elle renferme, de "vaquer aux soins du ménage", de "tenir son ménage", de "faire le ménage". C'est vrai, là, quand je vois toute la poussière sur le bois noir de mon bureau, et particulièrement sur l'ordinateur, cela devrait me booster un peu; je n'aime pas non plus les vitres sales, ni le désordre des journaux, ni la vaisselle qui s'impatiente; il m'est même arrivé de paraître maniaque... Je ne pensais certes pas jusqu'à présent comme Grégoire Lacroix: "Avec moi, le ménage c'est aussi taudis aussitôt fait". Je m'appliquais à l'ouvrage, en véritable fée du logis! Mais il faut admettre qu'il n'existe rien de plus frustrant ou de plus ingrat : on doit toujours s'y remettre, le tout est de décider à quel rythme, n'est-ce pas? Sans exagérer comme Joan Rivers: "Je déteste faire le ménage. Vous faites le lit, la vaisselle et six mois après, tout est à recommencer."

- Autrefois on créait chez soi, par économie et nécessité, un pain, un jambon, une liqueur ou une toile dits alors "de" ménage, des productions particulières... Après avoir abusé du tout préfabriqué, on redécouvre aujourd'hui le goût du fait maison, par crainte ou par plaisir. Quant à moi, je dirais bien que je fais des quiches ou des tartes de ménage, mais c'est tout!

- Il faut encore administrer l'ensemble de l'habitation et gouverner les dépenses, "conduire le ménage", "avoir l'esprit de ménage et d'économie", s'occuper du budget. Voilà qui est intéressant et semble d'un coup rendre la corvée plus noble...

- Le ménage désigne enfin les personnes qui composent la famille résidant au logis, on s'inquiète de la "consommation des ménages", mais on pense plus généralement aux deux personnes qui se sont associées pour fonder le foyer, mariées ou non. Ah! Se mettre "en" ménage! "C'est aller fatalement au surmenage", d'après Jacques Sternberg... Sans commentaire!

- Aïe! Puisqu'on parle des couples, n'entend-on pas alors murmurer ces questions indiscrètes: le ménage est-il uni, bien assorti, font-ils "bon ménage"? Ou s'entendent-ils comme chien et chat, êtes-vous témoins de leurs "scènes de ménage", font-ils si "mauvais ménage"? Et Monsieur, aurait-il "ménage en ville"?

Mais revenons à nos moutons, au labeur... Je remarque que mes amies célibataires n'échappent pas aux obligations domestiques! Être "en" ménage et le faire ne sont donc pas intimement liés. La besogne s'avère incontournable. Je relève quelques idées positives pour la défense du mot si banal que j'ai choisi aujourd'hui: économie, soin, entretien d'objets partagés. Mais elles ne suffisent guère à me motiver. Comprenez que je "me" ménage! Je crains trop d'agitation et de remue-ménage, à mon âge! Pour l'heure, je leur préfère un remue-méninges pantouflard... Il fera encore jour demain!

3 commentaires:

PtitSeb a dit…

Le commentaire n'est pas en lien avec l'article, mais j'ai trouve ca dans un article sur les conflits internationaux lies a la gestion de l'eau, ca pourrait t'interesser! :
"Even our language reflects these ancient roots: "rivalry" comes from the Latin rivalis, or "one using the same river as another". "

Martine a dit…

Effectivement pas de lien, personne ici ne se présente en concurrent pour le ménage; et je réponds en français ou alors il faudra que je sois plus assidue aux cours de Barbara! Donc en français la "rivalité" nait du "ru" (latin "rivus" petit cours d'eau) et du fait que les "riverains", pour irriguer, prenaient l'eau au meme cours d'eau et généraient ainsi contestations et jalousies...

Marie-Laure a dit…

Ah ce ménage, c'est quelque chose ! La poussière ne prend jamais de vacances, hélas ;-) ; l'article est très intéressant, merci.