vendredi 20 février 2009

tarte

Que diriez-vous de partager avec moi un peu de ce dessert? Allez, laissez-vous tenter par ce petit mognotage gourmand. "Tarte" est un mot facile, mais pourquoi pas? Moi c'est un mot qui me parle, qui me donne envie, et le déguster ici, même plutôt sucré que façon quiche, ne nous fera pas prendre un gramme. Sauf si la recette évoquée nous précipite finalement en cuisine...


"Ma" tarte existe, oui oui pour de vrai, pâtisserie incontournable que tous mes amis connaissent car hélas ils n'ont pu y échapper! Aux pommes... donc très banale: quelle famille n'a pas la sienne, "sa" recette transmise de génération en génération, pâte maison, garniture disposée comme ceci ou comme cela? Ici, comme chez vous peut-être, c'était la spécialité de ma mère, sauf que je m'étais découragée très vite de l'imiter, les quantités étaient si rigoureuses, la mise en scène si exigeante qu'il a fallu des années avant que je me lâche, tellement j'étais sûre que je n'y arriverais jamais! Pas d'la tarte de vouloir égaler sa maman! C'est par hasard que je me suis lancée, parce qu'une copine, inconsciente de mes talents culinaires, m'avait confié la responsabilité d'un dessert campagnard: n'ayant pas sous la main tout ce qu'il aurait fallu pour satisfaire les besoins inscrits dans mes souvenirs, j'ai dû improviser... et depuis, voilà, je suis devenue une grande routière de la tarte aux pommes, j'ai brisé mes chaînes, et la pâte!


Attention, si ma recette ne vous intéresse pas, il vaut mieux passer ce paragraphe et y revenir quand vous en aurez besoin! ... Donc mon grand souci, depuis que j'ai un peu plus confiance en moi, est de penser à préparer la veille mes 125g de beurre demi-sel pour les utiliser le lendemain à bonne température. Sinon impossible d'obtenir une bonne consistance de pâte qui risquerait après cuisson d'être trop friable ou cassante! Bref, si j'ai heureusement prémédité de pâtisser, je peux alors ajouter au beurre, qui est à point, un oeuf, une pincée de sel, deux petites cuillerées à soupe de sucre et un sachet de vanille, mélanger le tout et verser peu à peu, patiemment, 250g de farine. Alors là je mets du temps! Je pétris à la main, j'ai un robot mais bon, je crois que j'aime tripatouiller... jusqu'à obtenir une balle enfin homogène; je farine souvent mes doigts pour rendre la tâche plus facile. Puis j'étale à la paume dans un grand moule chemisé ou parfois dans des modèles réduits, sans rouleau, un verre suffit pour m'aider à aplatir. Je pousse la pâte vers les bords, et tourne, et égalise... Je remonte bien sur les parois et surtout je garde tout ce qui déborde: petits plaisirs et récompenses pour les curieux qui passent me visiter en cuisine. J'allume mon four, sans le programmer trop chaud; il me reste à étaler un peu de compote sur ma pâte et couper trois ou quatre pommes en tranches fines; je les compose en arrondi bien large et régulier sur le pourtour puis en formation improvisée au centre, selon la place et mon humeur. Je saupoudre et j'enfourne, entre 20 et 30 minutes, car je surveille!!! Encore un peu de sucre au sortir du four, ça y est! Le mieux est ensuite de déguster encore tiède: partager dans le moule ou distribuer les tartelettes...


La recette, d'accord c'est fait dites-vous, mais alors pourquoi "tarte"? Eh bien remontez jusqu'à "tordre" pour "imprimer un mouvement de rotation", passez prendre un peu de "tourte" qui est déjà une "pâte disposée en rond", et influencez-la d'un peu de "tartre", eh oui, en raison de la "croûte" sur les rebords. Vous obtenez bien une tarte et non une plate galette!


Quant à la renverser façon Tatin, ce n'est pas mon truc, et je n'utilise guère la crème, sauf lorsque ma garniture contient du chocolat ou des pralines (mmm!!!). Quand je pense qu'on fait voler des "tartes à la crème" dans les salons juste pour qu'elles atterrissent et dégoulinent sur une face en vogue! Au diable les entarteurs et les entartés, les enragés du burlesque, quel gâchis! Il paraît qu'on en jetait autrefois sur les acteurs comme on balançait des oeufs ou des tomates, montrant ainsi qu'on jugeait la pièce d'une grande banalité. Molière, lui, a repris l'expression "tarte à la crème" dans ses dialogues de théâtre, la faisant répéter par un personnage prétentieux de manière si ridicule que son discours, pour paraître à la mode, en est encore plus vide. Depuis, la locution évoque le lieu commun et la formule ressassée. D'où la recommandation de ne pas servir au cours d'une conversation trop de tartes à la crème!!


Le problème c'est qu'on peut aussi vous flanquer une "tarte", nature en somme, c'est-à-dire vous infliger une bonne gifle comme si vous étiez un vulgaire Tartempion! On peut même vous juger trop cloche ou insignifiant, trop tarte, voire tartignolle, et vous recevoir sans égard dans un salon carrément tartouse!


Ma "tarte" s'est décidément fourvoyée dans la bouffonnerie et la farce, moi qui voulais vous mettre en appétit... Pardonnez-moi d'avoir étalé mon propos car même s'il s'agit d'une bonne cause et de bonne chère, c'était encore une bien longue tartine!

6 commentaires:

PtitSeb a dit…

J'ai faim

Marie-Laure a dit…

Décidément les blogs où je passe ce soir ne parlent que de desserts...

gisèle a dit…

Deux remarques au sujet de la recette de la tarte : Pourquoi rajouter une pincée de sel alors que le beurre est déjà salé ? Piquer la pâte avec une fourchette pour éviter que cette pâte gonfle en cuisant. Bon appétit.

Martine a dit…

Tu as raison Gisèle je ne le fais pas à la fourchette mais c'est tout comme; pour le sel c'est toi qui vois!

Agnès a dit…

Et dis donc à quand le bel article sur la gâteau au chocolat du samedi pour les "après-poulet"??

Martine a dit…

Et sur les galettes... ça viendra!