jeudi 9 avril 2009

bourdon

Il y a quelques jours, mon fils gagnait une course de 17 kms nature sur les lieux de son enfance, quel bonheur et quel fierté pour lui! En détaillant ses photos, en revoyant ces lieux où il a grandi, quel pincement au coeur pour nous parents! Et je repense à cette expression suggérée par un ami il n'y a pas si longtemps et qui évoquait le "bourdon"… C'est bien ce que cela me fait, ces choses du passé, ça me donne le "bourdon"... Pas un "cafard" bien noir à se terrer dans un coin, non, pas un trop gros malaise style déprime, mais quand même de quoi s’envoler vers quelques souvenirs, batailler avec… et se retrouver bien mélancolique, rapport au temps qui passe…

Forcément l’envahisseur a bien bourdonné à l’intérieur de ma p’tite tête ! Vrai, il étourdit, il sape le moral. Sans que ça tourne et que ça vire à la folie, la p’tite bête vous charrie vite du blues vers les idées très noires, il faut faire gaffe ! Mais j’ai décidé de réagir, ah mais! Cet insecte aussi gros soit-il, face à mon dictionnaire, ne fait pas le poids. Car j’ai bien l’intention de le mognoter celui-là, sans l’écrabouiller pour autant, et de voir ce qu’il a dans le ventre qui nous rend si peu disposés à le voir côtoyer nos humeurs.

Quelle sorte de bourdon nous rend donc si triste ? … Plusieurs facettes du mot parlent d'un caractère "grave". Insecte, même faux bourdon, il vole avec un vrombissement sourd et grave. Tuyau de cornemuse, cloche du plus gros modèle ou corde de violon du plus gros diamètre, tous trois produisent le son le plus grave.
Lequel nous rend donc la vie si pesante ? Celui qui en imprimerie qualifie un oubli de plusieurs mots, faute grossière, lourde bêtise issue de la "bourde" ?
On ne peut accuser en revanche celui qui, bâton de pèlerin, constitue un appui, un secours. Ni ce point de broderie qui décore et met du relief dans la finition d'un ouvrage. Et chez les Inconnus le Bourdon n’est-il pas un composant indispensable pour provoquer le rire ? Un comble !

Reste que le bourdon de notre expression commune, quelque soit son origine, squatter parasite de nos pensées, nous concerne tous un jour ou l’autre, nous encombre le cerveau de choses tristes, nous surcharge le cœur et nous oppresse un bon moment.
Comment s’impose-t-il, s’immisce-t-il en nous ? Eh bien par les nouvelles contrariantes, de petits évènements du quotidien, des petits échecs ou des ratages ordinaires, quelques évènements incontrôlables, des détails renvoyés par le miroir, des photos, des senteurs… Mal-être bruyant, faux jeton envahissant, heureusement de passage, il gravite autour de nous, arrive à se poser, butine sur notre dos… et nous on rumine !

Facile pour moi de m’en débarrasser aujourd’hui ! Je vérifie que mon animal est bien à sa place entre "bourdigue" et "bourdonnant", ni envolé ni échappé, et … je ferme le livre, d’un coup, c’est tout !

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