jeudi 23 avril 2009

miracles

"Le temps des miracles", ce bien joli roman d'Anne-Laure Bondoux, me permet d'annoncer la fête du livre jeunesse de Villeurbanne les 25 et 26 avril prochains... Une nouvelle occasion de lectures et de rencontres!

Navigant sur le site de la fête du livre jeunesse de Villeurbanne, je repère dans le choix des libraires le nom d'Anne-Laure Bondoux... Il me dit quelque chose, j'ai dû rédiger une critique pour un de ses ouvrages au temps de sitartmag, mais je ne m'en souviens pas plus précisément... En tout cas j'en ai gardé une impression chaleureuse. Je chercherai plus tard. Pour l'instant, je suis tentée par son dernier livre qui recueille d'excellents commentaires. Bonne intuition: en effet, je vais en librairie feuilleter les premières pages de ce "temps des miracles" et voilà qu'il m'est impossible de le lâcher... Tout de suite je suis intriguée par le nom plutôt idéal du narrateur, Blaise "Fortune", par un atlas vert précieux qui rassemble le Mont Saint-Michel et Tbilissi, par l'évocation d'un "Terrible Accident" et d'un mystérieux "Matachine". Quels "aléas de l'existence" ont conduit Blaise de Géorgie jusqu'en France? Pourquoi repart-il aujourd'hui sur la trace d'une Gloria à qui il se sent tant redevable de sa bonne "fortune"?

Ainsi j'embarque pour ce voyage (ou devrais-je dire "ces" voyages, fuite et retour?), à la suite de Blaise (ou devrais-je dire Koumaïl?), portée par ses confidences à la première personne, émue par ses rencontres, troublée par Gloria... Qui est vraiment cette femme pour mener Blaise de l'enfance à l'âge adulte en lui enseignant sans relâche tout ce que contient le "barda" de l'existence? Qui est-elle pour lui raconter tant d'histoires au milieu desquelles il y a aussi "son" histoire à lui?



les histoires de Gloria, l'histoire de Blaise

Un beau jour, au coeur du récit, quelqu'un suggère un miracle pour sauver Gloria. "Ça tombe bien" puisque Blaise "est" un miracle: Gloria le lui a assez répété dans ses histoires! Il faut dire qu'avant d'être "citoyen de la République de France, le pays des Droits de l'Homme et de Charles Baudelaire", Blaise n'était ni français, ni rien. Et avant de devenir "fantôme" ou "courant d'air", il était Koumaïl et parlait russe. Quel parcours! C'est que Blaise Fortune a eu de la chance, grâce à Gloria qui lui a appris par exemple la patience: n'y a-t-il pas toujours "des étoiles derrière les nuages"? Gloria Bohème dont le nom s'habille de liberté lui a permis de traverser les frontières. Du Caucase vers la France, elle a accompagné Blaise le plus loin possible, comme promis. La destination, bien claire, ne pouvait que "donner des ailes" à l'adolescent. Et "tatata...", Gloria trouvait aussi les mots pour atténuer les horreurs et dire l'amour, combattre les peurs et expliquer les rêves. Maintenant c'est Blaise qui raconte, il en a besoin, pour reconstituer son existence, sa vérité, enfin. Gloria lui avait donné une version bien sûr, mais à sa façon, avec quelques "arrangements", du genre de ceux qui rendent les choses "plus supportables" et qui permettent de "continuer à vivre", avec l'espoir...



le temps des miracles

Je referme le livre, je sais tout ce que Blaise a voulu partager, ses interrogations, sa douleur, son chagrin, sa confiance, sa quête. Je recherche alors ce roman, du même auteur, que j'avais aimé il y a quelques années. Voilà, c'était en 2004: "La vie comme elle vient"! Et le titre de mon article de l'époque, "La vie est puissante, et l'amour surtout...", qui reprenait une phrase du récit, pourrait encore s'appliquer ici, aujourd'hui.

Sur Internet, je parcours ensuite le site officiel d'Anne-Laure Bondoux ; je découvre aussi celui qu'elle consacre entièrement à son nouveau livre "Le temps des miracles". Elle y convie ceux qui veulent en savoir plus à ouvrir quelques "tiroirs" pour satisfaire leur curiosité: comment a-t-elle conçu et préparé l'histoire de Blaise? Comment a-t-elle travaillé? Comment s'est-elle documentée? Quelle part y a-t-il de réalité, avec quelle dose de fiction? Ainsi le lecteur peut accompagner le jeune héros encore un moment, prolonger son plaisir au-delà du roman, et en profiter à volonté pour apprendre: apprendre sur l'écriture, apprendre sur le monde, sur les hommes.

Déjà sensibilisés en ce début d'année par le film "Welcome", comment ne pas nous sentir encore concernés par l'exil de Koumaïl et ses conditions d'arrivée en France? Roman de partage, appel d'humanité, histoire d'amour, "Le temps des miracles" encourage à découvrir des quêtes semblables et à tenter de comprendre. Il s'adresse évidemment à un large public et les éditions Bayard l'ont bien saisi puisque qu'elles proposent le livre en collection Millézime pour adolescents et parallèlement dans une présentation pour adulte. La seule différence est la couverture: pas de guirlande colorée pour les plus âgés, mais les deux images d'accroche sont la même silhouette solitaire en équilibre précaire sur un tonneau à la dérive... Quelle bonne idée cette double parution! Je me rappelle avoir rencontré plusieurs fois des ouvrages "jeunesse" à la "frontière" des publics, comme "Le chardon tchétchène" de Laurence Binet ou "Les yeux de Rose Andersen" de Xavier-Laurent Petit.


Merci Anne-Laure pour ces impulsions, ces messages d'espoir adressés à tous pour la vie. Vous parlez bien des gens admirables qui nous accompagnent sur quelques portions pénibles de nos routes, des chances extraordinaires qui semblent nées d'interventions bienveillantes, des bonheurs apparus comme par hasard quand on n'y croyait plus. Est arrivé "Le temps des miracles", grâce à beaucoup d'amour!

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