mercredi 10 juin 2009

home

Ce p'tit mot "home" emprunté à l’anglais ne désigne-t-il pas pour chacun son "chez-soi", le domicile, le foyer, la maison…. Ne suggère-t-il pas l’accueil et le repos, la paix ? Je ne ressens guère cette paix pourtant dans les deux "Home" découverts au cinéma à quelques semaines d’intervalle… mais plutôt une atmosphère de lutte forcenée, dont la vie constitue l'enjeu ! L’échelle n’est pas la même, certes, mais les propos sont aussi douloureux…

Le "Home" de Yann Arthus-Bertrand est un hymne raisonné à la gloire de notre planète. Sur Terre, chaque espèce a son rôle, toutes les vies sont liées, mais… sous condition d’équilibre. Le documentaire met en évidence le mal dont l’homme "qui pense" est responsable ! Car l'homo sapiens s'est évertué à dompter l’environnement, à canaliser l’énergie jaillie des profondeurs, espérant simplement plus de confort; sa soif a engendré d’autres soifs, de contrôle et de pouvoir, et ses ambitions l’ont dépassé. Quel gâchis ! Voilà que nous épuisons les cadeaux de la nature, cassons des cycles de vie, rompons les équilibres. "La Terre ne peut plus suivre ce rythme effréné" : il s’agit donc de prendre conscience de l’essentiel en train de disparaître, de se ressaisir et d’agir pour inverser la tendance. Puisqu’il est encore temps ! Et même si l’horreur transparaît, comme dans le survol de Madagascar que l’érosion semble faire saigner, les images restent magnifiques, et tous les espoirs demeurent permis. Commentaire, voix, musique, percussions, expliquent, accompagnent, soutiennent le film : l’ensemble encourage l'espérance… si nous unissons nos forces…

Dans le "Home" d’Ursula Meier et Thierry Spicher, la planète se réduit à la famille, une famille somme toute banale où les parents s’aiment (Isabelle Huppert, Olivier Gourmet), où les relations paraissent naturellement tendres. L’aînée des enfants se rebelle, quoi de plus normal? L’ambiance semble joyeuse, mais teintée d’étrange, et quelques situations surréalistes donnent des soupçons de non-dits en suspens. Leur souci, leur malchance, c'est d'habiter au bord d’un tronçon d’autoroute qu’ils espéraient définitivement désaffecté. Or les camions débarquent un beau jour et avec eux le "monde" entier, décidé, bruyant, imperturbable, menaçant, oppressant… Que faire, où aller ailleurs qu’ici où l'on est " chez-soi ", est-il possible d’affronter raisonnablement l’enfer ? La vie devient intenable. Mais la circulation revenue ne peut être la seule cause du malaise, n'agit-elle pas plutôt comme un catalyseur? L’isolement déjà suggéré s’aggrave, les craintes enfouies remontent à la surface, les tensions désormais exprimées s’avèrent ingérables, les tendances à l’absurde évoluent jusqu’à ressembler à de la démence.

Deux drames, deux messages douloureux, deux analyses de dysfonctionnements, deux situations qui, toutes proportions gardées, tournent à l’insupportable, à l'intolérable. Nous portons en nous la menace et le danger, nous alimentons notre folie. Dans la famille qui s’enferre à huis-clos, Pierre Murat (Télérama) voit le microcosme d’une "société tentée davantage par l’asphyxie que par la survie"… A regarder le documentaire, le malaise ressenti est presque moins violent, le message plus confiant : même si dans ce cas nous sommes réellement coupables, même si nous sommes responsables, ne nous laissons pas volontairement étouffer, gardons l'espoir, envisageons ensemble et positivement notre survie…


(Bon, à côté de tout cela, je peux continuer à écrire des choses légères, ça aide...)

2 commentaires:

souklaye.sylvain a dit…

Entre le commerce de la fin du monde et une tendance à la culpabilité sélective, il y a les divertissements apolitiques.
Quand on confond prises de conscience et caprices de saisons, on fait d’un film d’un soir une cause nationale, voire obligatoire.
Entre les opinions biodégradables et les chèques en blanc, autant parier sur le hasard, mais pas sur l’avenir.
La suite ici
http://tiny.cc/itGbf

Martine a dit…

Alors ça c'est un peu trop compliqué pour moi... En clair ça veut dire?