samedi 27 juin 2009

samedi


Je suis toujours sensible à la couverture d’un livre. Je l'ai déjà dit, j’aime l’objet et je veux toujours penser que l’on a voulu soigner son apparence. La photo en accroche de ce folio invite d’emblée à Londres… Rien d’original! Au premier abord, on dirait une carte postale customisée par le collage d'une illusion rougie au-dessus de Big Ben, improbable ovni dans un ciel tranquille. Après lecture de ce roman, de cette réflexion habillée en thriller, l’illustration me semble particulièrement bien choisie ; elle évoque et condense des détails, éléments décisifs d’un décor…



Vue sur le Palais de Westminster...

Henry Perowne, notre "héros" du jour, habite et travaille en pleine capitale, dans un beau quartier, bourgeois, confortable.


Le paysage s'étire à la frontière de la nuit...

Une longue journée débute pour Henry, tiré du sommeil on ne sait trop pourquoi. Quelques heures avant l’aube, le voilà qui contemple sa ville par la fenêtre. Il se trouve alors étrangement captivé par le passage d'un avion au-dessus de la cité: cela suffit pour nourrir son esprit naturellement vagabond…



Le ciel est pur, d'un bleu plus sombre à l'horizon...

Aujourd’hui samedi, Henry, neurochirurgien brillant, espère savourer un repos mérité. Il ne nourrit que des projets tranquilles, agréables. Il appréhende bien un peu les retrouvailles familiales prévues en soirée mais auparavant il y aura aussi quelques rendez-vous sympathiques, le concert de son fils Théo, un squash avec son meilleur ami Jay... Seulement voilà, qui peut maîtriser le destin ? La journée se déroule, gestes et faits s’enchaînent, et les conséquences d’une action apparemment banale "peuvent s’échapper et engendrer de nouveaux événements et de nouvelles conséquences, jusqu’à vous mettre dans une situation que vous n’auriez imaginée ni choisie"…


Car l’éclair rouge au-dessus de la Tamise correspond à la vision fugace d’une vulgaire couleur de carrosserie... Et l'accrochage qui l'accompagne, menant pourtant tout juste à de la tôle froissée, va contrarier le déroulement d'un jour, d'une vie peut-être…


La Tamise, le fleuve, c’est la vie sans nul doute, où se reflètent les créations humaines; et sur cette onde navigue Henry jusqu’à plonger parfois dans ses profondeurs, et remonter… Il rappelle à l'ordre ses souvenirs et tente de la comprendre, sa vie. Il la commente, essaie d'en appréhender le sens. Il perçoit tout ce qui l’alimente : sa famille, sa maison, son quartier, son hôpital, sa ville, mais aussi les remous du monde, et précisément ce qui se passe en ce jour de février 2003.



" Samedi " raconte comment le hasard dessine et réinvente à loisir le cours d'une existence particulière. Le lecteur suit son personnage, imagine ses gestes, se pose près de lui pour de nombreux arrêts sur image, partage ses moindres sentiments, ses émotions, ses interrogations, ses tourments, brasse avec lui son foyer et la société. Le récit, minutieux, parle à tous puisqu’il analyse un quotidien, jusque dans l’intime… Et si une seule rencontre conduit à la violence, c’est fortuit, vraiment… En l’occurrence, l’inattendu préserve le suspense…

Alors quand cette longue journée se sera écoulée, vous verrez, vous aurez peine à refermer le livre !


Titre : Samedi (Saturday, 2005)
Auteur : Ian McEwan
Traduction (Anglais) : France Camus-Pichon
Couverture : Getty Image - photo © Luis Velga
Éditeur : Gallimard
Collection : Folio
Numéro : 4661

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