jeudi 4 juin 2009

tennis

J’ai joué un peu au tennis quand j’étais jeune, pendant les années de collège et de lycée. Ça me plaisait bien ; je n’éprouvais pas pour ce sport une attirance particulière, je n’étais pas spécialement douée, simplement les courts étaient proches de ma maison et d’accès facile, quasi libre. J’ai pratiqué un peu donc, avec des copines ; ensuite ce fut occasionnellement en vacances, et enfin plus du tout. Cependant je regarderai la finale hommes du tournoi de Roland Garros dimanche prochain, je ne la raterai pour rien au monde, mais pourquoi ? En fait plus par tradition que par amour du tennis, pour l’ambiance de fête qui s’y rattache et pour cultiver des émotions familiales liées par hasard à l’événement ; j’ai l’impression d’accepter un rendez-vous implicite, invitée à célébrer les beaux jours, quand il flotte comme un air de vacances…

Aujourd’hui dans le cadre de mon sport cérébral personnel, en guise d'entraînement bien moins fatigant qu'un bon match, je me pose bêtement une question étymologique sur ce "tennis" qui nous enflamme tant. Bonne idée car je cueille à la volée quelques informations surprenantes !


un peu d’histoire...

Ce sont les Anglais, convertis au jeu de paume au 15e siècle, qui attribuent peu à peu à cette activité le nom de "tennis" : ce terme est leur interprétation du "tenez" français proféré par le lanceur de balle au départ d’un échange. Car le jeu de paume leur parvient de France, où il existe depuis le Moyen Âge : courte paume en "tripot" (salle où l’on parie assidûment), longue paume à l’extérieur. Pratiquée avec engouement par tous, grands et petits, femmes et enfants, nobles et vilains, la paume se joue alors à main nue ou gantée, mais aussi à l’aide d’un battoir en bois puis d’une raquette qui apparaît, elle, au 16e siècle. Les Anglais, ayant parfaitement adopté ce sport, l’enrichissent et se passionnent pour de nouvelles versions : ils expérimentent notamment, à la fin du 19e, le "sphairistike", "art de la balle", au moment où l’on découvre les propriétés du caoutchouc. Les balles peuvent alors rebondir sur l’herbe et les sportifs s’adonnent au "lawn tennis", tennis sur pelouse, en plus du "real tennis", jeu de paume traditionnel. Ces activités reviennent en France à l'approche du 20e siècle et le tennis, en élargissant progressivement son public, propose rapidement des affiches internationales.



des détails intéressants...

- Le tennis compte ses points à la façon singulière de son ancêtre, le populaire jeu de paume ; mais le score fait-il référence aux chiffres de l’horloge ? à l’argent parié dans les tripots quand un denier d’or valait 15 sous ?

- On doit à la paume quelques expressions courantes qui ont largement dépassé le cadre sportif : "prendre la balle au bond", "qui va à la chasse perd sa place", "tomber à pic", "rester sur le carreau", "jeu de main jeu de vilain", "avoir l'avantage", "bisque bisque rage", et même "peloter" ou "épater la galerie" !


vivement dimanche...

Les finalistes épateront comme toujours la "galerie" du Court Philippe Chatrier, ex Central. Et moi je serai pareillement "é-pattée" par leur fol talent et leur force, d’autant que je ne prendrai aucun risque et les admirerai de mon canapé, installée bien confortablement… J’ai bien mon chouchou mais peu importe… Je suis impatiente…

2 commentaires:

PtitSeb a dit…

Pour le comptage des points, une autre theorie est que, au jeu de paume, quand quelqu'un marquait un point, il avancait de 15 pieds, si il gagnait le second point, 15 nouveaux pieds, etc...

Martine a dit…

Merci Seb de compléter l'info... et bravo Roger!!