mercredi 29 juillet 2009

galettes


"Chose promise, chose due!"… En février, dans un commentaire du message tarte, je prévoyais un article sur les galettes, et voilà, le moment est venu! Le dernier numéro de Capital, dimanche dernier, proposait du soleil dans les assiettes avec, au menu, plusieurs reportages de saison dont un alléchant dossier sur les crêpes présentées comme un "business en or"! La conclusion? Nous nous faisons bien avoir en vacances sur le prix de nos dégustations et certains en font leur beurre et s'y assoient ! Filon garanti, du tout cuit! Cependant qu’inventent-ils d’original ces nouveaux industrieux qui se targuent d’"avoir de la galette"? Le mot contient déjà l’idée de prospérité et les "galetteux", ou même les "galettards", désignaient encore au début du XXe siècle des personnages fortunés, pleins de blé ou d’oseille… Je n’irai pas critiquer plus que ça ces fabricants de crêpes ou de galettes fleurissant aujourd’hui non seulement en Bretagne, mais dans toutes nos régions et de plus en plus à l’étranger; non, je suis même plutôt contente quand, au hasard de mes petits voyages, je tombe sur une crêperie, et l'idée d'y manger fait toujours l'unanimité. Je ne parle pas des en-cas sucrés pris sur le pouce mais des vrais repas de galettes. N’est-ce pas comme un cordon à renouer, une douce nostalgie qu’on se permet ainsi, un petit rappel réconfortant de la famille et du terroir ? Qui n'en profite pas pour évoquer le savoir-faire inimitable d’une mémé bretonne ou pour rabâcher quelques souvenirs… Je m'amuse alors à comparer ce que je goûte avec ce que je suis capable de réaliser moi-même... Et parfois ça me donne aussi des idées!

Parlons galettes donc - merci M6 - et je prévois de les mettre au menu ce soir, certaine de rassembler des convives volontaires pour déguster mes crêpes à base de farine de sarrasin! Par la même occasion je vous livre ma façon, c’est qu’il n’y a pas de secret chez moi! Adoptée très jeune par la Bretagne et conquise par ce mets traditionnel et incontournable, j’ai eu bien du mal à progresser et c'est facile de révéler le peu que j’ai appris. J’ai glané quelques conseils et les ai adaptés à mon tempérament de cuisinière occasionnelle. Ah ça! J’ai quand même du mérite! Car lorsqu’à l’époque j’avais questionné les expertes locales, elles étaient bien incapables de me donner des quantités exactes! Impossible de leur soutirer les proportions qui me permettraient de les égaler. Alors je me suis formée au petit bonheur, et j’ai pratiqué mes tests sur quelques estomacs soumis, jusqu’à parvenir à une recette acceptable.

L'essentiel, c'est surtout de prévoir… Il convient bien sûr quelques heures avant la régalade, de mettre au frais du cidre, plutôt brut: il s’agit là d’un breuvage indispensable pour mettre en appétit et pour accompagner nos galettes…
Il faut aussi mettre la main à la pâte un bon moment avant la cuisson! Dans un grand saladier je mélange donc, à l’aide d’une cuiller en bois, les ingrédients suivants: 500 grammes de farine de blé noir, 50 grammes de farine de froment et une petite cuillerée à soupe de gros sel; j’y incorpore un œuf entier et j’ajoute enfin, petit à petit, en tournant toujours et prenant mon temps, un litre et demi d’eau. Non, je ne mets pas de lait… Un coup de fouet pour finir de rendre la pâte homogène et le tour est joué! Je place un torchon propre sur le saladier et je peux vaquer à d’autres occupations!!

L'heure du dîner approche! Ah! Les coquins connaissent le menu et commencent à crier famine! Ils frôlent la cuisine depuis quelques minutes et passent la tête dans l’entrebâillement de la porte pour s’inquiéter: "Quand est-ce qu’on mange???"… J’installe alors autour du feu tout ce dont j’ai besoin. Je pourrais bien sûr brancher cette galettière électrique qui dort dans le placard mais je la réserve à mon fils, au tour de main hors pair! Puisque c'est moi qui officie, je sors la grande poêle familiale toute bête près de laquelle je place mon saladier de pâte, cette pâte que j’aurai soin de touiller régulièrement tout au long du service. Plusieurs ustensiles me sont indispensables, toujours à portée de main: louche, cuiller en bois, spatule tourne-galette, raclette ou étaleur de pâte (si quelqu’un veut exercer son poignet) avec le bac à eau pour les tremper. Je pense aussi aux feuilles essuie-tout qui me permettront après chaque crêpe de nettoyer la poêle avant de l’enduire à nouveau, et légèrement, de beurre demi-sel tout neuf. Il reste à envisager toutes les garnitures possibles qui combleront les désirs des invités: jambon coupé en petits morceaux, lardons, gruyère râpé, roquefort, œufs à battre ou à présenter en miroir, saumon, champignons, restes divers... Enfin, je tombe le gilet car il faut s’habiller léger en cuisine, on attrape très vite chaud devant la gazinière!!!

C’est parti! A table! Le cidre est sorti, servi. Je lance un feu moyen. Après y avoir déposé une lichette de beurre et une petite louche de pâte, j'impose quelques vagues à la poêle pour y répartir le mélange; je me risquerai quelques galettes plus tard avec l’étaleur. Quand ma crêpe respire et se laisse décoller entière, je la retourne et garnis à volonté… Un peu de sel, de poivre, je replie en trois, en enveloppe, en chausson, en fenêtre, de toute façon ce sera bon… J'espère ma pâte fine et un soupçon croquante, mmm… Je n'ai plus qu'à garder la cadence en guettant les silences et les soupirs satisfaits…

Je m'en réserve plus d'une... Car j’aime les galettes... vous savez comment…

2 commentaires:

PtitSeb a dit…

FAMINE!!

Anonyme a dit…

oui!! quand elle est bien faite avec du beurre dedans!!!! Tout cela me donne envie... Il va falloir que je sorte moi aussi ustensiles et ingrédients pour tester ta recette!!
Bises