mercredi 12 août 2009

partir

(ce p'tit mot pour un film, un roman, et quelques chansons…)

Certes on peut partir du bon pied, parfois comme une flèche et démarrer en trombe. On aime partir en vacances, en voyage, à la conquête de nouveaux territoires; on a simplement décidé de mettre les voiles, ou les bouts. Ça se gâte quand un jour on prévoit de partir en douce ou sans laisser d’adresse, qu'on envisage de fuir, de ficher le camp, de se tirer, de se barrer, de se tailler ou de se débiner! Mais que cache donc ce plan? A-t-on quelque chose à se reprocher pour vouloir s'éclipser ainsi et disparaître de la circulation? N'éprouve-t-on aucun regret? Partir, n'est-ce pas, comme on dit,"mourir un peu"?

Là vous me rétorquez, pour rire, que, dans ce cas, partir les pieds devant, donc mourir pour de vrai, ce serait "partir beaucoup"! (ça, c'est Alphonse Allais qui l'a dit)...

Bon, toujours est-il que partir, ce n’est pas toujours que du bonheur…


"La douleur du partir…"

J’irai, c’est sûr (enfin quand je pourrai!), voir au cinéma ce "Partir" de Catherine Corsini réunissant plusieurs acteurs que j’apprécie, même si j’ai soupé de la bande-annonce et même si je crains le sujet… Voilà un titre bien simple, et brut, qui englobe plusieurs souffrances: la femme souffre d'une décision lourde à prendre, son mari souffre de la voir partir et ne peut pas l'accepter ni le supporter. Yvan Attal en homme possessif, prêt à tout, promet d’être cruel; ses répliques dans les extraits proposés m’impressionnent et me dérangent. Mais y a-t-il un horizon acceptable pour lui, à jamais blessé ? Le drame est annoncé, la situation pour être banale touche trop à l’intime, les émotions sont garanties. Il y a là tant de passion "à en perdre la raison", de quelque côté que l'on regarde, quelque soit l'être que l'on comprend le mieux! Je pense à cette expression : "la douleur du partir"... La faute à Ferrat chantant Aragon…


Partir, séparer…

Le verbe "partir", de famille latine, signifiait à l’origine "accorder les parts d'un ensemble à plusieurs individus", donc partager… Et partager n'est pas toujours facile ! On comprend que cela entraîne parfois du déplaisir et de la souffrance.
Nous utilisons volontiers aujourd’hui le verbe "répartir": répartissons les frais par exemple et indiquons le montant des quotes-parts ! Il peut s'agir aussi de distribuer les rôles, qu'il faut alors "départir" ou attribuer . On peut encore "impartir" un délai à chacun.
Deux individus ayant autrefois "maille à départir" s’engageaient dans une sérieuse querelle: en effet, comment partager entre eux cette maille désignant au Moyen Âge une pièce de monnaie, la plus petite, donc indivisible? A notre époque, ils ont "maille à partir"; les protagonistes du conflit peuvent renoncer, quitter les lieux, ou bien ils se lâchent et ne maîtrisent plus leur humeur, allant jusqu'à "se départir" de leur calme et perdre leur sang-froid!… On pouvait aussi, autrefois, "se partir de quelqu'un ou d'un endroit": maintenant nous partons, tout simplement, quittons un lieu ou nous séparons de l'autre...

Partir, par amour…
L’héroïne du film de Catherine Corsini veut se séparer de son mari, elle décide de partir, pensant ainsi rester sincère; elle ne peut taire sa passion, cacher son amour. Dans le livre "Partir" de Tahar Ben Jelloun, superbe relation de quête qui me rappelle "Le temps des miracles", Azel ne pense qu’à se séparer de la misère ambiante, fuir la pauvreté de Tanger, abandonner son pays, "brûler" le détroit pour atteindre l’Espagne, pour retrouver comme une dignité; il est amoureux de la liberté, il en rêve.
Ainsi le moteur du "partir", qui leur procure tristesse et douleur ainsi qu'à leur entourage, serait l’amour! "C’est par amour que l’on entreprend les choses les plus importantes", dit le poète marocain.
Et cet amour, permet-il de "revenir"? Quand est-ce vraiment possible? A quel prix?


Partir, en chantant…
C'est l'occasion de réécouter la belle voix d'Alain Barrière, et son texte, de circonstance:
"Partir,
Quitter sa ville, son village, sa maison
Quitter sa terre, ses racines, ses chansons
Partir pour un monde meilleur…"


Voici encore les paroles de Robert Charlebois qui célèbre son plaisir de toujours partir, de courir sans but et sans raison, pour découvrir le monde "si grand". Souchon, lui, veut s’échapper de ce monde qu’il juge au contraire "monotone", il se réfugie alors dans "un univers d’ombres imaginaires".
Patrick Fiori écrit un désespoir amoureux plus mystérieux; j'apprécie assez sa poésie et sa séduisante interprétation.
Pour finir avec plus de légèreté et de fantaisie, pourquoi ne pas se repasser le tube des 2Be3, guilleret et confiant, résolument tourné vers l’avenir… Attention, car cet air-là prend la tête, une vraie rengaine! "Partir un jour..."


En ce qui me concerne, je vais changer d’air justement, eh oui je vais repartir, là, quelques jours, obligée de patienter jusqu'au retour pour aller au ciné, tant pis!

2 commentaires:

Agnès a dit…

Alors là, je suis déçue!!! Comment ne pas évoquer dans les chansons, un fameux "Je pars"!!! Certes, le verbe n'est pas à l'infinitif mais le sens reste le même!!!
Bon je rigole!
Bises

Agnès

Martine a dit…

Tu as tout à fait raison, quel oubli scandaleux! Après un an de retraite, j'ai déjà oublié que je suis partie...
Donc sur ce lien les paroles de ce fameux "Je pars": http://docs.google.com/Doc?docid=0Af0jRuxui3uHZDZmbW41ZF8wNDlkd3o3Zm0&hl=fr
et sur celui-ci le 3e couplet...:
http://docs.google.com/Doc?docid=0Af0jRuxui3uHZDZmbW41ZF8yaHA3djQ5d3I&hl=fr
Merci Agnès, cette chanson est un bon souvenir finalement.