jeudi 3 septembre 2009

turlupinade

Ce soir, le candidat hésite: entre deux petits mots sa mémoire balance! Ce serait dommage de se tromper maintenant, alors qu'il peut atteindre le palier des 2500 euros! Clairement, la situation tracasse notre Arnaud. Il y a un choix à faire, une décision à prendre. Le doute submerge le jeune chanteur, l'heure est grave, enfin toutes proportions gardées bien entendu. Ah mais décidément ça le... turlupine, finit-il par avouer. Mot cadeau pour l'animateur, Nagui l'espiègle, qui l'attrape au bond bien sûr! C'est que le verbe prête à sourire avec ses syllabes qui déconcertent et amusent à la fois: il est bien hardi celui-là de commencer par ce qui ressemble à une turlutte pour finir dans un argot évocateur. Néanmoins nul aujourd'hui ne le trouve ridicule, et même, curieusement, nos hommes sur la scène s'élancent dans un échange de mots rares à cette heure, tels "chafouin", "belliqueux" et autres "billevesées", juste pour le plaisir de les prononcer...

Ouf! J'ai eu peur! Le dialogue aurait pu déraper, dégénérer en quelques turlupinades justement, comprenez des plaisanteries faciles et d'un goût douteux comme celles que commettait au XVIIème siècle un certain Turlupin. De fait, il s'agissait là d'un surnom, celui d'un acteur, Henri Legrand, qui dans les farces populaires interprétait régulièrement le rôle du valet à l'allure débraillée et aux propos équivoques.

Le verbe turlupiner n'est plus employé de nos jours dans le sens de "faire des pitreries". Aux oubliettes aussi les turlupinages qui consistaient à dire ou à écrire gratuitement toutes sortes de grossièretés. En revanche, une personne peut de nos jours s'acharner sur une autre, la turlupiner à souhait, s'en moquer, l'asticoter ou la contrarier. Une seule idée parvient aussi, très souvent, à turlupiner quelqu'un, c'est-à-dire qu'elle le préoccupe jusqu'à l'agacement. Le doute l'envahit, le travaille et le tracasse... C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui pour Arnaud. Peu sûr de ses paroles, face à un dilemme, il optera finalement pour une solution judicieuse, se garantissant un pactole minimum.

Même si les mots présentent des similitudes, les turlupinades ne consistaient sans doute qu'en facéties grotesques et ne pouvaient se confondre avec des "entourloupes". Plus graves qu'un simple jeu, celles-ci correspondent à des mauvais tours, à des manoeuvres louches et trompeuses; elles sous-entendent la machination, l'escroquerie et le mensonge. Méfiance donc, car même dans une "entourloupette" on court le risque d'être roulé dans la farine, mené en bateau, dindonné ou embobeliné!

Tiens, j'y pense, en ce moment, les médias nous bassinent, nous inquiètent et nous turlupinent avec cette pandémie de grippe, jusqu'à diviser bon nombre d'entre nous. Alors de quoi s'agit-il vraiment? D'un virus diabolique ou d'une vaste entourloupe?

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