jeudi 1 octobre 2009

givrée

Givrée... à l'extérieur...

A quoi ou à qui se rapporte donc ici cet adjectif ? Qu'est-ce que renferme ce petit roman à l'illustration de couverture si désuète et peu attrayante? Car ce n'est pas la vision de cet antique frigo compact, et bleu (!), dans un intérieur cuisine style années 60, sol lino et chaise en formica, qui va m'encourager à choisir ce livre-là. Le titre qualifierait-il la jeune ménagère modèle qui caresse d'une main possessive son cher "American Freezer"? Serait-elle un peu spéciale, fofolle ou légèrement allumée? A voir! Le résumé annonce un parallèle probable entre ses soucis sexuels et une invasion de frigos!... Je suis tentée... J'achète!


Givrée... à l'intérieur...

Pas de regret car le divertissement s'avère rafraîchissant... Sur fond de rapports électroménagers burlesques et, hélas, justes, Alain Monnier conte ici une jolie histoire d'amour, nourrie de communications ratées, hasards et quiproquos... Voici comment, en même temps qu'elle devient une Vedette, Marie Boyer, jeune célibataire, trentenaire (et, il faut bien le dire, un peu "réservée" au lit, pour ne pas dire frigide... une "French Cold Girl"), finit par découvrir un certain art de vivre, avec les plaisirs sensuels qui en découlent. Un peu comme si un jour, par erreur, à la terrasse d'un café où elle tuerait le temps, on offrait à la jeune femme un verre "givré": d'abord hésitante, elle se déciderait enfin à poser les lèvres sur les bords sucrés...

Les ingrédients du cocktail littéraire se devinent aisément: l'auteur part d'une situation banale (en l'occurrence la livraison d'un indispensable réfrigérateur) et laisse son imagination broder les réactions des protagonistes. Les curieuses décisions de son héroïne provoquent un déferlement de frigos inutiles. Des situations incongrues s'enchaînent qu'elle pourrait vivre comme autant de drames, mais non! Si la spirale est infernale, l'intrigue se déroule sans violence et le dénouement se révèle tendre et optimiste. Les phrases courtes donnent le rythme; impossible pour le lecteur de lâcher le morceau, d'autant qu'il est souvent pris à témoin et se sent ainsi considéré, choyé...


Givrée... trop cool!

Peinture moderne, satire sociale, comédie amoureuse, Givrée se lit comme on regarde un film d'animation, se déguste comme un dessert fourré d'une pulpe agréable, s'avale comme une boisson fraîche en période de canicule. A savourer en poche, sur une aire de repos bienvenue, quand on n'en peut plus des embouteillages littéraires de saison...

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