dimanche 4 octobre 2009

quotidien

La Xe Biennale de Lyon, dédiée à l’Art Contemporain propose cette année de mettre en évidence le "quotidien" de nos existences, de le rendre "spectaculaire" et visible par tous: ce que nous vivons au jour le jour ne constitue-t-il pas le fondement de l’inspiration artistique…














D'accord! Je comprends l’idée mais hélas ne ressors ni convaincue ni emballée de l’exposition froide du MAC où la multiplication des écrans m'a gênée et accablée. Même les fleurs fraîches du "Jardin en mouvement" de Lee Mingwei me sont apparues factices. Les petites télés sensées nous apprendre à regarder la réalité de nos vies d’ici et d’ailleurs, les trop grands espaces supposés traduire des vies intimes, toute cette mise en scène a sabordé mon optimisme habituel.


A cette grosse artillerie, je préfère l’évocation simple de petits bonheurs ordinaires, "ces petits bonheurs quotidiens dont on se lasse, dont il faut être privé pour apprécier la valeur"(René Ouvrard): il y en a eu, il s’en produit encore, qui nous font chaud au cœur, à la mémoire, et nous aident à vivre… Des écrivains parviennent à les traduire en mots, à nous faire prendre conscience de ces émotions inattendues, de ces gestes improvisés, des habitudes installées dont la répétition rassure.












Certains photographes aussi saisissent la vie ordinaire, comme le faisait avec talent Willy Ronis qui vient de disparaître. Cet artiste, cet "humaniste" et "maître de la lumière", témoignait de scènes populaires, savait reconnaître les instants de beauté unique et "capter" leur magie ; il pouvait aussi profiter des opportunités et composer ses images. Je suis sûre que peut encore se concevoir une telle représentation du quotidien qui le rendrait plus supportable.


Le quotidien s’habille du meilleur et du pire et "le plus souvent c’est moi qui le vis…" (Ridan)... Nous sommes tous les acteurs obligés d'un même spectacle que les artistes contemporains peuvent certes glorifier. Mais si nous continuons à jouer, et puisque le jeu peut se révéler agressif, il faut bien qu’il recèle quelques délicatesses essentielles, ce que prouvent simplement quelques flashs.

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