mardi 10 novembre 2009

chats

Après avoir lu les aventures toutes neuves d'Astuce, cet adorable chaton très curieux imaginé par Marie-Laure (à rencontrer ici) et Laëtitia Bigand, d’autres chats ont surgi de ma mémoire. Toute une histoire se rapporte à chacun de ces amis, un seul nom correspond et évoque chaque fois un être bien particulier, qu’il ait été compagnon de vie ou héros de fiction; s'y rattachent des anecdotes, des images douces et quelques pensées tristes.

Tout comme Astuce se montre espiègle et rusé, follement désireux de connaître le monde «interdit», certainement fascinant, qui se cache «derrière la porte» de sa maison, Milton était aussi un découvreur, un aventurier gourmand, friand d’expériences. Mes apprentis lecteurs l’aimaient beaucoup et nous nous régalions en classe de ses aventures et de ses bonheurs simples. Au CP les enfants appréciaient de même Bigoudi qui fut quelque temps un auxiliaire de méthode. Quant à Bijou, je me souviens des aventures de ce fripon: mes garçons, au cours élémentaire, devaient en lire chaque soir un épisode dans leur « livre de lecture courante » et l'animal s'était comme installé parmi nous. Toute la famille regardait aussi Disney et nous avons visionné ensemble un nombre incalculable de fois les célèbres "Aristochats" pour y retrouver entre autres l’élégante Duchesse et le séduisant O’Malley, baroudeur des gouttières. Ces héros à aimer, d'apparences si familières, continuent à faire rêver nos petits tout en les initiant au monde. Ils leur parlent de dangers et de risques, mais en les persuadant de rester confiants; ils leur font aussi espérer le bonheur et l'amour.

Nos vivants compagnons d’existence apportent encore plus concrètement, à tout âge, une bonne provision d’émotions et de tendresse; ils nous aident à surmonter les épreuves, deviennent vite nos indispensables, nous enseignent la vie, et, hélas, la souffrance et la mort. Moi j’ai le souvenir d’une Bibiche tigrée qui, dans mes plus tendres années, nous rejoignit in extremis au moment d’un déménagement ; elle eut de nombreux chatons dont elle s’évertuait à cacher les naissances mais que l’on retrouvait toujours et qui furent le plus souvent noyés ; elle-même mourut empoisonnée par d’affreux jardiniers qui la jugeaient indésirable. Plus tard il y eut un dénommé Moustille, gris magnifique, trop vite happé par une voiture. Et enfin Ceceau, le tout noir, fut choisi car il était le plus moche de sa portée ; il hérita de ce nom curieux en souvenir des paroles d’une chanson haïtienne : celui-là, qui fut sans doute le compagnon le plus fidèle et le plus précieux pour moi, souffrait des reins et nous l’avons soigné si longtemps…Depuis, je n’ai plus jamais voulu reprendre de chat à la maison.


Cependant j’ai trouvé un moyen de m'en remémorer quelques douceurs essentielles ; tout simplement je me suis inventée un minet complice d’écriture et j’en ai fait le personnage central de quelques-unes de mes histoires ; ainsi est né Indigo. Ses yeux voient et racontent un peu de mon quotidien ; ma plume le couve et le préserve. Il vivra le plus longtemps possible. Bientôt, en plus d’un foyer chaleureux qu'il possède déjà, je lui donnerai une amie, une chatte qu'il brûle de connaître depuis la trop lointaine rentrée de septembre; elle s'appelle… Non, patience, je vous le dirai plus tard…

1 commentaire:

Marie-Laure Bigand a dit…

Très émouvant article... Encore merci d'être venue Martine :-)