mardi 3 novembre 2009

foule

D’une escapade automnale dans ma chère capitale, du délicieux itinéraire que je m’étais aménagé, il me reste dans la tête des images resplendissantes, toutes ensoleillées. J’adore Paris, je m’y sens chez moi plus que partout ailleurs, eh oui, et quelques larmes de nostalgie se sont encore perdues dans un tapis de feuilles au Jardin des Tuileries.


Tiens justement, les promeneurs étaient nombreux ce jeudi-là longeant les pelouses et autour des bassins, mais c’est une « foule » plus dense et plus originale qui m’a attiré au détour d’une allée, une sombre scène de bronze que je n’avais encore jamais remarquée. Cette impressionnante représentation, saisissante de vie, oppressante aussi, du sculpteur anglais, et français d’adoption, Raymond Mason, fut réalisée de 1963 à 1967. Curieuse de mieux connaître le personnage, j’en ai découvert à mon retour, grâce à internet, d’autres compositions originales, certaines hardiment colorées, et une « foule illuminée » plus récente, datant de 1985, qui offre une vision encore plus violente et désespérée…



Mais lors de ce jeudi de retraite buissonnière, je me suis aussi retrouvée, un peu plus tard, à Beaubourg : encore d’heureux souvenirs à brasser… Il y avait foule au Centre Pompidou, mais peu importe… Après une escale à l'expo Soulages, que je ne connais pas assez pour apprécier vraiment, une fois redescendue dans les galeries du Musée d’Art Moderne, le temps s’est arrêté, bonheur et paix assurés. J’ai revisité les toiles familières et profité de bonnes surprises sur l’actuel parcours consacré aux artistes femmes. Parmi les œuvres proposées, j’ai particulièrement apprécié ce superbe et mystérieux panneau mural en 3 dimensions, réalisé en 1966, un élan abstrait de l’américaine Lee Bontecou.



Bien sûr il y a eu, en cette journée, une foule d’autres objets, d’autres photos, d’autres scènes qui m’ont donné beaucoup de plaisir, mais j’ai choisi de partager l'émotion ressentie devant ces deux sculptures, de Raymond Mason et de Lee Bontecou: si différentes, construites à la même époque, s'imposant l'une et l'autre et tout autant surprenantes...

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