mardi 29 décembre 2009

buzz

(Où l'on retrouve Marylin devant sa télé; rappelez-vous roger-bontemps, ou encore gougnafier...)

« Attention question de rapidité… En quatre lettres, marketing bourdonnant sur la toile…»

Ah zut ! Marylin a le mot sur le bout de la langue… C’est qu'elle imagine bien ce dont l'animateur veut parler. Une info qui fuse, une photo qui accuse, une vidéo qui juge. Une rencontre surprise, un nu à scandale, la preuve inattendue d’un mensonge, de l’original, du sensationnel que l’on cherche à partager sans délai…

Marylin s'emporte... Ah ça, quand il s’agit de propager efficacement un bruit, de provoquer un tapage médiatique, quel meilleur véhicule que le web, ce champion en communication, navigation, interaction ? Du vent sur le net peut facilement dégénérer en tempête. La rumeur se diffuse, se répand comme une traînée de poudre, le lien circule, utilise des réseaux compliqués… Agir vite, toucher large, et surtout mesurer la rapidité et l’impact... Inventer, ruser, viser toujours la fulgurance, avec un maximum de répercussion et d’audience.

Marylin délire... Après avoir été lancée à la vitesse de l’éclair, la nouvelle se complaît un moment sur la toile qui s’agite dans le soudain courant d'air. Le vrombissement semble interminable, l’énervement est quasi général. Mais bientôt la mouche a la grosse tête et convulse. Elle risque de s’étouffer d’ambition et d’excès... Évidemment, à force de jouer des coudes à cette vitesse, le tuyau s'est usé... Et c'est comme un soufflé qui retombe ; le phénomène n’en est plus un, le scoop a le blues, redevenu vulgaire événement, actualité, fait divers.

Marylin réfléchit...
Voyons... Il surprend, il excite, il amuse et parfois abuse la foule curieuse… mais ça rapporte! C’est du business !
Un concentré de pub et d'information, qui peut faire mal! Sans pitié pour la cible, comme l'est un rapace, comme l'est une… buse ! ! !

Voilà ! Bien sûr ! Elle a trouvé ! Mais le candidat a écrasé le buzzer et donné sa réponse depuis un moment ! Tant pis ! Marylin va suggérer le p’tit mot à Ginette pour qu'elle le décortique sur son blog… Ça lui plaira de faire le buzz !

mardi 22 décembre 2009

noël

"mon p'tit mot..." prend des p'tit's vacances, alors bon Noël à tous, en particulier ici à tous les ailurophiles...


 Le temps s’égrène
Sur un coin de la cheminée
Tous ont mis de côté leurs peines

Les flammes dansent
Et pétillent au fond de leurs yeux
Aujourd’hui j’ai beaucoup de chance

J'aime à Noël
Quand ils sont là autour de moi
Et que doucement ils m’appellent




Je me laisse faire
Et attendrir et je ronronne
Pupille amande et sans manières






Sur leurs genoux
Je m'abandonne ils me caressent
Je suis leur bon vieux gros matou

samedi 19 décembre 2009

gamines

"gamines", petit roman pétillant, largement autobiographique, de Sylvie Testud, vient d’être adapté au cinéma par Eléonore Faucher. C’est l’histoire d’une quête, la quête d’un père…

A Lyon, sur les pentes de la Croix-Rousse, une maman d’origine italienne élève seule, et plutôt bien, ses trois filles : Corinne, l’ainée, la "commandante", Georgette, la benjamine, le simple "troufion", et Sybille la cadette, garçon manqué et casse-cou. Sybille n’a pas la langue dans sa poche, elle a du caractère, de la personnalité. Toujours à vouloir s’affirmer, se défendre…. Sybille est blonde, la seule blonde du clan, alors elle en entend !… Un jour, elle découvre et subtilise une photo, la photo de leur père, celui qu’à la maison on ne nomme pas, dont on craint la venue. Elle s’aperçoit alors qu’elle "lui" doit la couleur de ses cheveux ; plus tard elle saura qu’"Il" est un artiste, un peintre ! Elle, justement, elle aime aussi tellement dessiner ! Mais qui est "Il" vraiment ? Pourquoi ne leur explique-t-on rien ? La fillette couve sa photo ; et la vie continue …. Des années plus tard, Sybille respire la réussite ; actrice, elle apparaît en tête d’affiche, vit à Paris. De retour dans sa ville natale pour une fête familiale, elle croise enfin l’homme de la photo…

"Chacun cherche un père", affirme Marcel Rufo qui invite dans son essai à accepter l'idée que "nul ne saurait se passer d’une instance paternelle". Chaque enfant tente d’harmoniser les différents registres d’un père qui "est toujours une mosaïque d’images mêlant réel et imaginaire". Il s'agit d'équilibrer ces représentations... Sybille parvient à prendre sa place dans le monde malgré l’absence physique de son père ; elle sait qu’ "Il" existe, elle peut se l’imaginer grâce à la photo dérobée, puis en rassemblant peu à peu des paroles et des indices. Tour à tour, elle l’idéalise ou le rejette. Malgré le flou, les questions sans réponses, le poids des non-dits, elle "échappe à la confusion" grâce à la protection d’un "parrain" à l’autorité nécessaire, Salvatore dans le film, le "sauveur", dans le rôle du père symbolique.

Sybille s’en sort aussi par la force du groupe qu’elle forme avec ses sœurs ; les "gamines" aiment prendre des décisions en "réunion" pour faire front ensemble. Des liens étroits se tissent entre elles durant l’enfance et perdurent. Sybille est également portée par la "famille", fière, qui distribue beaucoup d’amour et la soutient, même dans son désir d'indépendance. Ainsi elle peut grandir.

Deux temps se succèdent dans le roman, se répondent dans le film : un moment d’enfance autour de la découverte de la fameuse photo, une page adulte autour de "la" rencontre, de "la" confrontation. L’écriture alerte de Sylvie Testud, ses phrases courtes, donnaient déjà un style très cinématographique à son histoire. Un scénario livré sur un plateau à Eléonore Faucher qui s’est ainsi concentrée sur la direction des acteurs ; ses "gamines" petites, très drôles, jouent juste, emportées par une jeune Sybille (Zoé Duthion) délicieusement délurée et impertinente. Les mines de Georgette (Roxane Monnier) sont irrésistibles. Plus âgées, autour de Sybille/Sylvie Testud elle-même, le trio spontané et émouvant ravit par une évidente complicité.

A lire, à voir pour les douces saveurs d’enfance et de tendresse familiale, pour l'humour, pour l’intérêt d’une quête vitale, si commune et singulière à la fois. En sortant de la séance, on garde le film au cœur et un léger refrain italien dans la tête. Pour l’héroïne, l’histoire n’est sans doute pas non plus terminée… Car, comme le dit encore Rufo, "nul n’en finit jamais avec son père…"

mercredi 16 décembre 2009

façades

Si je décide de les mognoter aujourd’hui, ces « façades », c’est pour me soulager de l’une, source de tracas, mais surtout pour en évoquer une autre heureusement plus attachante…

Ces mois derniers, j’ai beaucoup progressé sur la question du ravalement de mon immeuble ; hélas je me suis préoccupée du dossier à mes dépens, une poignée de copropriétaires aigris ayant focalisé sur moi une colère insensée à l'occasion des travaux. Notre façade est maintenant bien blanche, bien propre, mais l'ambiance qui règne derrière me fait éprouver aujourd'hui plus que de l'amertume ; ça donne l'envie de fuir... Ce que je fais depuis quelque temps, autant de fois que je peux…

Par bonheur, les occasions d'aller voir ailleurs et de se changer les idées ne manquent pas... Pour dessiner par exemple. La semaine dernière justement, un cours était programmé à Bourg-en Bresse ; ce fut un après-midi délicieux qui m’a permis de retrouver un peu de sérénité.

Au musée du monastère royal de Brou, l’exposition était pourtant dotée d’un titre inquiétant : « apprendre à regarder la mort comme un soleil ». La présentation saisissante consacrée à Zoran Music (1909-2005) retrace en effet une vie d'artiste très particulière, celle d’un «voyageur silencieux», profondément marqué par son enfermement à Dachau : « Il a traversé l’épouvante et la vie l’avait quitté mais il était peintre et la peinture l’a tiré du profond de cette nuit de l’âme qui le tenait à l’écart du monde » (Charles Juliet). Trop impressionnée par la force des toiles exprimant la déportation, j’ai choisi de m’arrêter plutôt devant une « Façade à Venise » : charmé par les brumes et les mystères de cette ville, c’est là que Zoran Music s’était établi après l'horreur, y trouvant sans doute une forme de paix. Cette vue particulièrement, intemporelle, avec ses différents plans et ses personnages, certains qui observent et d'autres qui passent, suggère qu’il existe une vie apparente et un ailleurs, elle laisse deviner quelque intrigue et  toutes sortes de voyages possibles… Un peu de mystère et du travail, tout ce dont j’avais besoin !

De retour à la maison, j’ai arrangé mon croquis…

… Un pastel bien sûr assez plat, trop sage, très loin de traduire toute la lumière, la discrétion et la délicatesse de l’œuvre de Zoran Music… Mon dessin a une valeur toute personnelle, il est le souvenir d’une découverte, d’un moment privilégié qui rattrape tout. Accessoirement, il m’aura permis de me réconcilier, sinon avec mes voisins, au moins avec un p’tit mot assez irritant !

samedi 12 décembre 2009

autrui

Aux truies et aux autres ! ! ! 
Confession grotesque d’un écrivain misanthrope… 
(«  Le misanthrope est celui qui reproche aux hommes d’être ce qu’il est. » Louis Scutenaire)

Je supporte mal autrui. Ne serait-ce qu'avoir prononcé le mot me laisse un arrière-goût de cochonnaille sur la langue.

Je l’avoue, je me force à fréquenter les autres. En société je les observe, ils gravitent autour de moi, d’une démarche lourde, promènent vulgairement leurs groins et, copains comme cochons, remuent ensemble la boue et  mangent comme des porcs ! Quel manque de délicatesse ! Devant leurs attitudes grossières, je ne me retiens pas ; un seul de leurs regards porcins me fait gueuler comme un cochon qu’on égorge ! Je peux m'entêter à ne pas vouloir les comprendre, faire la vraie tête de cochon et les imiter ainsi à merveille… Ils me reprochent alors de grogner pour un rien et d’avoir un sale caractère... de cochon !

Je me méfie d’eux, je les sens toujours prêts à me jouer un mauvais tour… à leur façon. Et voilà qu’aujourd’hui ils me tannent pour que je disserte sur eux ! Ecrirais-je aussi comme un cochon ? Ils me prennent donc vraiment pour un des leurs ! Ne suis-je donc rien d’autre, d’un peu plus… d’un peu moins…? Soit ! Je ferai semblant de me préoccuper de leur sort, jouerai l’altruiste et trouverai bien quelques histoires cochonnes à leur soumettre ; elles seront bâclées, torchonnées, car on ne sert pas de confiture aux cochons ni de perles aux pourceaux n’est-ce pas ? Ah la vie n’est pas rose et ce genre de littérature commandée me mettra sur la paille…

Je rentre grommeler et gribouiller solitaire, à l’abri… Dehors, il fait vraiment un temps de cochon.

mardi 8 décembre 2009

lumières

Lyon jardin de lumières, hommage aux temps...

A Lyon, depuis samedi, un pantin escalade la Tour métallique de Fourvière. Cet « homme digital », jardinier en chef d’un espace urbain lumineux et sonore assez particulier, semble superviser l’ensemble des manifestations nocturnes proposées pour cette traditionnelle fête des lumières
(L’homme digital, sur la Tour TDF – un autre, plus petit, Montée des Carmes Déchaussés)



Car la ville se transforme bien en jardin et propose, tout au long de la promenade, d’admirer l’aménagement d’étonnants tapis de verdure, de découvrir de nouvelles variétés de fleurs ainsi que des plantes curieuses et flamboyantes. De quoi ravir les yeux, attiser l’imaginaire, et même parfois s’interroger…

(Mon jardin public, Place Louis Pradel – Le jardin des lumières en fleurs, Montée de la Grande-Côte -  Les mystères de la colline, dans les Jardins du Rosaire)


Les parcours offrent mille surprises scintillantes, bravo ! D’autant que toutes ces illusions utilisent paraît-il des technologies LED qui permettent une très basse consommation d’énergie ; ça vaut mieux par les temps qui courent… Justement, aux Terreaux, on projette une grandiose représentation de ces temps, temps qu'il fait et temps qui passe. Mais avant d'accéder à la place, les artères se bouchent, il faut accepter plusieurs déviations et se laisser aller dans les goulots d’étranglement. Quand même, ça vaut le coup de patienter et de… jouer le jeu ! Attention aux yeux !

(Jouons avec les temps, sur les façades de l’Hôtel de Ville et du Musée des Beaux-Arts)



Grâce à d’autres escales monumentales ou profitant de quelques détours, on revisite des bâtiments familiers, on feuillette un catalogue impressionnant à la gloire du patrimoine. Les spectacles visuels, souvent musicaux, voire carillonnants, rendent hommage à l’histoire, à la préhistoire, aux arts, accordent harmonieusement pierres et lumières, le passé et l’avenir, le réel et le fantastique.

(Carillon et tableaux de lumière, à la Basilique de Fourvière - Les Bâtisseurs, de la Cathédrale Saint-Jean - La nuit au Musée, sur la Grande Roue de la Place Bellecour - La Dolce Vita, sur et autour de la fontaine des Jacobins - Les lumignons enchantés, à la Préfecture - La grotte Chauvet, au Parc de la Tête d'Or)



Et ce n'est pas tout, il y a encore bien d'autres stations magiques! Alors dernière chance ce soir pour profiter!

(Le message du 8 décembre 2008 se trouve au mot lumière.)

samedi 5 décembre 2009

fenêtre

(J'essaie souvent de relier mes histoires en faisant se croiser leurs personnages. Aujourd'hui c’est clairement mon principal objectif ; merci Marylin…)

Décidément, sa télé, son ordi, ces fenêtres soi-disant ouvertes sur le monde la saoulent et l’étouffent… Alors Marylin se lève, repousse vivement sa chaise et se dirige vers la baie vitrée...

Quelle chance elle a ! Cette vue, au-dessus des immeubles et par-delà la ville, ce spectacle quasi magique, l’apaise toujours, elle n’en profite sûrement pas assez. « Toi toi mon toit », fredonne-t-elle en essayant de se détendre un peu… Ce paradis, c’est son luxe personnel. Si haut au-dessus du tumulte, il y a cette forme surprenante de désert, tout en creux, pics et bosses. Ces terrasses et ces toitures, de si calme apparence, cachent pourtant un drôle de jeu ! Dessous se développent tant de bonheurs et de violences, combien de communions et de drames ? Et tous ces gens qui vivent si près les uns des autres et malgré cela s’ignorent et se supportent à peine...

Il y avait Liane dans ce monde étrange. Quelle tristesse… Liane habitait ici, tout près, dans cette maison : jeune fille discrète, polie, dont personne ne soupçonnait ni le désarroi ni ce qu’il faut bien appeler la folie ! Cette pauvre enfant n’a pas trouvé d’autre solution que de se perdre… Pourquoi n’avait-on pas pu, pas su, l’aider ? Parce que chacun est déjà suffisamment occupé à survivre en livrant ses propres batailles?

Alors Marylin pense qu’elle doit faire attention à son amie Mariette qu’elle consolait encore hier au téléphone, Mariette si sensible, si tendre, prête à fondre pour tous les hommes qu’elle croise, Mariette qui fantasme sous les regards de ces mâles et gobe chacune de leurs promesses. Ah ! Quelle proie facile! Ils se moquent bien d’elle !

Pour ce qui touche aux amours, mine de rien, Marylin ressemble un peu à  Mariette ; elle aussi se fait du cinéma, s’imagine des rencontres et des amants. Elle succombe parfois à des sourires charmeurs, consent quelques étreintes. Mais elle évite les serments et sait résister à la tentation de projets communs. Seule la pensée de Roger Bontemps, enfin celui d'autrefois, pourrait lui inspirer quelques regrets…

En revanche Augustin son frère est un faible ! Voilà qu'une voisine semble avoir sérieusement mis le grappin sur lui ; d’après ce que raconte Clélie, la nièce de Marylin, il passe maintenant beaucoup de temps de l'autre côté du palier, avec une grande blonde, une belle plante aux yeux bleus, sympa paraît-il mais plutôt du genre à… collectionner des trophées.

Clélie n’en souffre pas, heureusement ; elle bosse dur pour un bureau d’études situé dans l’immeuble des Rigo. Elle y aurait rencontré "quelqu’un"… Mais Marylin ne pose pas de questions ; le jour où Clélie voudra se confier, elle sera là pour l’écouter…

Quand Marylin ne va pas bien ou qu’elle a de la peine c’est vers Ginette qu’elle se tourne, mais sa vieille copine s’active tellement, toujours par monts et par vaux, entre ses petits-enfants et ses multiples activités, que c’est tout juste s’il ne faut pas la réserver deux mois à l’avance. Son autre précieuse confidente, Zazie, lui manque aussi aujourd'hui : elle l'avait hébergée quelque temps à son retour d'Amérique puis la jeune fille est partie rejoindre son gentil Fabrice. Marylin se vante d'avoir bien facilité leurs retrouvailles ! Le couple élabore même des plans pour l’avenir ! Ah cette Zazie, si pétillante, si rayonnante, qui pourrait être sa fille !

En parlant de rayons, ceux du soleil arrivent par larges coups de pinceau, profitant du moindre écart des nuages pour colorer la ville. Tant mieux ! Ils pénètrent dans la pièce et réchauffent le cœur de Marylin. Son regard se porte au loin où les collines se laissent admirer, fières de leurs belles teintes d’automne. Puis ses yeux se ferment... Elle serait si bien à la mer… Ses doigts touchent le verre de la fenêtre, s’y promènent comme ils dessineraient des formes au hasard sur le sable. Elle enveloppe à présent de ses mains le bas de son visage, et sa tête oscille de droite et de gauche... Marylin se laisse bercer, se laisse aller, elle entend presque un clapotis de vagues, des cliquetis de drisses, et maintenant les appels insistants de goélands bavards…

Non, ce qui résonne là ce sont des coups de sonnette répétés à la porte de l’appartement. La rêveuse émerge, toute engourdie, toute ensuquée comme dirait Clélie. En ouvrant les yeux, Marylin remarque sur les carreaux de superbes traces que la lumière rend encore plus nettes... Elle soupire. En allant répondre aux sommations du visiteur inattendu, elle pense qu’elle va devoir absolument faire ses vitres, ça urge…

mardi 1 décembre 2009

ailurophile

Je viens de découvrir que je suis ailurophile… Vous êtes impressionnés j’espère ! Ah cela vous intrigue ? Soit, je vous dois une petite explication…

Je déambulais hier en librairie au milieu de tous les ouvrages proposés pour les fêtes ( il y a de quoi s'occuper ! ), espérant être séduite par un titre, un nom, ou même une couverture avantageuse car je suis très sensible à l’aspect des choses… J’atterris, tiens comme c’est bizarre, au rayon des dictionnaires, et je remarque un tout récent précis de lexicologie… Le recueil est un bel objet, conçu par les éditions Tana. D’apparence scolaire, plutôt rétro, il se présente comme une sorte de carnet répertoire relié et au papier de qualité. Je le feuillette rapidement, l’ensemble apparaît sobre : un mot par page, sa définition, un exemple d’utilisation, un rébus étymologique et des illustrations humoristiques... Je m’arrête sur ce fameux ailurophile déjà cité : je suis surprise, la dénomination me plaît bien et je me l’approprie déjà… Je continue ma petite exploration et survole d’autres mots mystérieux, classés « difficiles » (avoir une conversation familière est ainsi confabuler ), « complexes » ( qui aime la danse est qualifié de terpsichoréen…) ou « diaboliques » ( le weltschmerz désigne un état  mélancolique...) ; j’en ignorais beaucoup ( la catoptromancie par exemple permet d’interpréter les reflets…) mais certains ne me sont pas totalement inconnus ( merci Brassens pour avoir célébré les superbes fesses d’une Vénus callipyge ). Est-ce le fait que l’auteur de cette sélection soit anglais (!), le choix des mots s’avère parfois curieux : il me semble par exemple que nous pouvons tous nous imaginer un traîne-savates ventripotent ayant subi une rhinoplastie … Mais bon, l’heure tourne et, narguée par une procrastination développée en page 90, je décide de ne pas ajourner l'achat du bouquin… De ma part il s’agit sans doute, encore une fois, d’un acte compulsif dû à un nouvel accès de bibliomanie

Tout cela ne vous dit pas pourquoi je me suis reconnue dans la définition de l’ailurophile ! Je vous laisse chercher ? Répétez donc le mot, doucement… La combinaison débute avec un semblant d’« allure », est-ce le présage d’une particulière élégance ? Oui, sans doute ! Les premières syllabes vous suggèrent aussi une progression animale aérienne ou même aquatique ? Animale certes, mais pour le reste vous faites fausse route ! En tout cas le suffixe promet la passion, la collection, voire quelque obsession… Vous y êtes ! Je suis effectivement amoureuse… des chats (ailuros en grec), et je vous l’ai déjà largement prouvé, ici et !

Mais trêve de grandiloquence ! Sachez tout de même qu’il m’a fallu un nycthémère avant de boucler cet article : un jour entier et toute une nuit pour choisir quelques termes dans le sympathique précis de David Bramwell, traduit par Emmanuelle Pavan. Je ne pense pas vraiment vous épater même si cet objectif est annoncé en première de couverture, mais j’espère au moins vous mettre en appétit : amusez-vous, régalez-vous comme moi ne serait-ce qu’en essayant de prononcer ou de réécrire quelques-uns de ces mots… Bon courage !

Je vous salue bien bas… Kowtow !