samedi 12 décembre 2009

autrui

Aux truies et aux autres ! ! ! 
Confession grotesque d’un écrivain misanthrope… 
(«  Le misanthrope est celui qui reproche aux hommes d’être ce qu’il est. » Louis Scutenaire)

Je supporte mal autrui. Ne serait-ce qu'avoir prononcé le mot me laisse un arrière-goût de cochonnaille sur la langue.

Je l’avoue, je me force à fréquenter les autres. En société je les observe, ils gravitent autour de moi, d’une démarche lourde, promènent vulgairement leurs groins et, copains comme cochons, remuent ensemble la boue et  mangent comme des porcs ! Quel manque de délicatesse ! Devant leurs attitudes grossières, je ne me retiens pas ; un seul de leurs regards porcins me fait gueuler comme un cochon qu’on égorge ! Je peux m'entêter à ne pas vouloir les comprendre, faire la vraie tête de cochon et les imiter ainsi à merveille… Ils me reprochent alors de grogner pour un rien et d’avoir un sale caractère... de cochon !

Je me méfie d’eux, je les sens toujours prêts à me jouer un mauvais tour… à leur façon. Et voilà qu’aujourd’hui ils me tannent pour que je disserte sur eux ! Ecrirais-je aussi comme un cochon ? Ils me prennent donc vraiment pour un des leurs ! Ne suis-je donc rien d’autre, d’un peu plus… d’un peu moins…? Soit ! Je ferai semblant de me préoccuper de leur sort, jouerai l’altruiste et trouverai bien quelques histoires cochonnes à leur soumettre ; elles seront bâclées, torchonnées, car on ne sert pas de confiture aux cochons ni de perles aux pourceaux n’est-ce pas ? Ah la vie n’est pas rose et ce genre de littérature commandée me mettra sur la paille…

Je rentre grommeler et gribouiller solitaire, à l’abri… Dehors, il fait vraiment un temps de cochon.

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