mardi 19 janvier 2010

invincible

Impossible d’ignorer la sortie du nouveau film de Clint Eastwood… Ces deux semaines de battage publicitaire en France étaient-elles nécessaires ? Inutiles pour les Lyonnais en tout cas, car le réalisateur les avait tous définitivement conquis lors de son passage en ville, en octobre 2009, à l’occasion du premier festival Lumière. L’extrait très "sportif" d'Invictus projeté lors de la dernière soirée avait pourtant fait craindre le pire.

Mais non, heureusement, pour goûter l'ouvrage, le spectateur n’a pas besoin de nourrir une passion particulière pour le rugby n’y d’en connaître les règles. Et si les scènes des matchs s’avèrent impressionnantes, disons percutantes, il faut comprendre que nous sommes en Afrique du Sud, en 1995, avec les Springboks, équipe composée presque entièrement de blancs, et que l'évolution de leur jeu est exemplaire : c'est le support délibérément choisi, voulu par le nouveau dirigeant noir Nelson Mandela, pour exposer concrètement ses idées pacifistes, avec l'objectif de transmettre ses valeurs et de convaincre. Invictus rend en fait hommage à cet être d'exception.

L’interprétation magistrale, puissante et tranquille de Morgan Freeman et la composition dynamique du film nous font ressortir de la séance avec un sentiment d’optimisme assez réjouissant en ces temps difficiles : de quoi reprendre confiance dans les capacités humaines à gérer les conflits, de quoi faire renaître un immense espoir. Il s’agit de retenir la leçon : l'homme doit se considérer comme « le maître de son propre destin », se donner la volonté et les moyens de triompher. Car il peut puiser au fond de lui-même les ressources nécessaires pour survivre : une espérance, une force, une énergie qu'il s'efforce ensuite de partager, et d'utiliser au service des autres. C'est ainsi qu'il obtient ses victoires.

Mandela a tenu le coup, aussi meurtri soit-il ; sorti de l'horreur, il ne s'est pas laissé aller à la haine envers ses bourreaux, il s'est armé d'une seule confiance inflexible, décidé à œuvrer pour la réconciliation et le dialogue entre les peuples, obstiné, résolu, inébranlable, jusqu’à se sentir invincible. Invictus est le titre donné en 1900 par Arthur Quiller-Couch à un poème de résistance écrit par William Ernest Henley en 1875 : ces lignes que se récitait Mandela pendant ses années de prison l’aidèrent à surmonter et dépasser la solitude et toutes les difficultés.

Un poème à lire, à retenir, court, clair !
Un film à voir, efficace et superbe : Invictus transporte d’émotion, joue de nos attentes, sans user de violences, sans manquer non plus de faire sourire, et rire aussi.
Un sujet passionnément humain, dans la lignée de Gran Torino, traité avec une imposante maîtrise technique !
Un vrai bon moment, empli de vrais bons sentiments, mais pourquoi pas, s’ils tendent à nous redonner du courage ?

(« L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir. » Jean Jaurès, discours à la jeunesse, 1903)

2 commentaires:

Accent Grave a dit…

Je n'aurais pas été tenté d'aller voir ce film, j'attendri qu'il sorte un jour en vidéo.

Commentaire banel, je sais, mais je vais rarement au cinéma.

Accent Grave

Martine a dit…

Moi j'ai 5 salles en bas de chez moi, alors ce serait dommage de ne pas en profiter... Mais je ne suis pas cinéphile plus que ça, ma culture ciné est très mince; je garde surtout les émotions. J'aime simplement y aller et passer un bon moment.
Mais je te comprends; par exemple on m'a dit et répété qu'Avatar c'est super mais ça ne me tente pas du tout... Chacun son truc!