vendredi 8 janvier 2010

neige

Jeux de « g »

Ce matin, les toits de la ville, vus de ma fenêtre, offrent un paysage nouveau, rare, magique ; je me réveille dans un environnement de conte de fée, avec d’immenses et douces impressions qui remontent de l’enfance…

« g », la neige, « j », le jeu

J’imagine l’excitation des petits lyonnais en ce jour de janvier si prometteur… Tous, sans exception, sont largement prêts à temps pour partir à l’école ; à peine dehors, les plus jeunes s’agitent dans les poussettes pour qu’on les en libère, les plus âgés songent avec ravissement aux bonshommes qu’ils vont pouvoir construire avec les copains, dans la cour puis au jardin public… En espérant que les adultes ne stopperont pas leur élan ! Chic, les concierges n’ont pas encore trop salé devant les portes. Il y a de quoi faire, génial ! Les flocons dansent devant les yeux, autour des bonnets, se sauvent comme des papillons, s’accrochent aux écharpes. Les mômes débordent d’énergie et veulent profiter du terrain de jeu encore moelleux. Les joues sont déjà rouges, les mains se tendent, attrapent, touchent, malaxent ! Quelques affreux jojos modèlent leurs boules de neige, puis les jettent sur une cible improvisée, un malheureux pigeon fait l’affaire ; attention danger, des mégères les disputent, alors ils rangent leurs projectiles, et quand l’orage est passé, ils recommencent. Les joyeux sans-gênes ! Ah jamais ils n’oublieront ces moments qui prolongent avantageusement les fêtes…

Oui mais quand on est beaucoup plus grand, la journée s’annonce moins goûteuse. Surtout que peu à peu, la neige vire en gadoue grise et le jeu devient guerre.

« g », la galère

Les autos garées le long du trottoir ont toutes adopté le même déguisement, une cape épaisse et blanche. Les vélo’vs se morfondent, inutiles et abandonnés. C’est encore à pied qu’on risque le moins. Mais ils peuvent bien s’amuser, les gones, les gamins de la Guillotière, sur Garibaldi ou à Gratte-Ciel, en revanche pour tous ceux qui, coûte que coûte, doivent aller travailler, respecter une heure de rendez-vous, ou faire les courses, ce ne sera pas un régal ! Les passants progressent lentement, agrippent parfois un poteau pour se rattraper ou la gabardine d’un collègue de galère. Ils ont beau avoir des godillots doublés ou des godasses de circonstance, des anoraks gonflés de duvet (gare aux gorilles !), des gants de laine, ils ont les orteils et tout le corps glacé. Et ça glisse. Il faut avancer avec précaution, regarder devant ses pieds, à gauche à droite. En voilà un qui dégringole, et un autre, on ne compte plus les gamelles et les gadins… Heureusement rien de grave, c’est reparti, et la situation délie au moins les langues…Certains qui étaient partis plutôt guillerets et motivés sont maintenant agacés par les difficultés, on comprend. Des piétons excédés lâchent quelques mots grossiers, frisant le vulgaire. Ce soir au retour, les gouttières dégoulineront et les gosses séviront encore, ces garnements qui ne pensent qu'à la rigolade…

Neige, quel joli mot, qui commence comme une naissance et continue comme un jeu. Dans ma tête défilent des images enchantées et cotonneuses mais aussi des représentations de scènes urbaines banales, plus ou moins burlesques. Pas évident la neige en ville ! Certains jouent, d’autres dégustent !

3 commentaires:

Accent Grave a dit…

Je n'ai pas à me déplacer très loin pour voir de la neige, en fait c'est le contraire, si je veux me déplacer je dois enlever la neige!

Néanmoins, je suis un des rares Québécois qui admet aimer la neige, le froid, les tempêtes, l'hiver quoi.

Je comprends votre émerveillement!

Accent Grave

Martine a dit…

La neige chez nous n'est, c'est vrai, qu'une parenthèse de saison... Merci de tes visites Accent Grave, d'autant que comparées aux sujets de ton blog, ma neige et mes fantaisies m'apparaissent assez frivoles! A bientôt!

Anonyme a dit…

vite, du jujube pour les joggers gelés
HB