vendredi 5 février 2010

ide

id... ide... Ces petits assemblages de lettres, pourtant doux à prononcer, se sont faufilés dans un certain nombre de mots dont quelques-uns viennent de s'allier... dans l'unique but de commettre une histoire délibérément... sordide... une sorte de fantaisie débridée...

La circulation est fluide ce matin le long de cette zone industrielle franchement hideuse. David se décide. Il avise une aire quasi vide entre deux entrepôts et y dirige sa bagnole hybride et poussive. Gros plan sur le visage de la passagère qui tourne vers le conducteur impatient un visage livide ! Le garçon lui était apparu si candide, jamais il n'avait semblé bluffer ou vouloir jouer au caïd. Quelle idiote, comme elle s'est montrée stupide, croyant innocemment à la naissance d'une tendre idylle. Quelques images en flash-back. Bien joué David ! Tes paroles mielleuses ont endormi la prudence de la splendide Ingrid à l'allure de sylphide, cette Ingrid qui intimide depuis toujours les mecs les plus intrépides du quartier de La Bastide. David compte bien aujourd'hui en mettre plein la vue à Rachid, son propre frère et rival, et devenir l'idole de la bande. Là, sur le parking, la suite de l'histoire paraît limpide. Arrêt du moteur, silence. Des gouttes sur le pare-brise, annonce d'orage. David saisit la main timide d'Ingrid et la guide sous sa veste en tweed...

Peut-on faire plus torride?

Sans doute, mais...

A ce moment surgit derrière la vitre humide la bouille de Rachid qui les a suivis et rejoints grâce à son bolide 250cm3. Il les mitraille de son polaroïd. Ah ! L'apprenti maître-chanteur, le jaloux, avide de vengeance ! Et rapace, et cupide ! Prêt à tout si en plus ça peut lui rapporter de la tune, en liquide !

David bondit hors de l'auto, plaque le perfide au sol, face contre terre, et lui écrase les deltoïdes. Rachid parvient à se redresser et brandit une lame qui vient trancher la carotide de son adversaire. Vues sanglantes du duel fratricide ! L'enragé se précipite sur Ingrid maintenant, lui crache des reproches, des menaces, si près qu'elle sent son haleine fétide. Submergée d'horreur, elle hurle, s'enfuit et gagne la route en quelques foulées rapides. Rachid retourne son arme contre lui...

Le vieil inspecteur Aristide, dépêché sur les lieux pour constater l'homicide, a une solide réputation d'enquêteur. Chacune de ses multiples rides coïncide avec une affaire plus ou moins morbide dont il accepte toujours de démêler les fils. Mais ici pas besoin d'être mentaliste ou extra-lucide, le premier acte est un crime banal, passionnel et crapuleux. Ingrid valide évidemment son diagnostic. Le deuxième acte est un suicide tragique... Reste la petite... Dernier gros plan, violons.


Le projecteur éteint, le prod se tourne vers Siegfried, le scénariste : "Y'a d'l'idée, mais crois-moi, ton film est insipide! Ça fera un bide!"

2 commentaires:

Accent Grave a dit…

J'ai effacé mon premier commentaire, je le trouvais stupide!

Accent Grave

Martine a dit…

Ah, dommage, mais peut-être était-ce mon message le plus ridicule…