mardi 2 mars 2010

liberté

Le film Liberté m'incite à relire l'histoire du "tapis d'Esma" : dans cette légende, on raconte que si les Tziganes voyagent sans cesse, c’est qu’ils cherchent encore et toujours la fameuse tenture d'harmonie derrière laquelle ils découvriront des terres nouvelles. Cette quête donne un sens à leur vie. Roms, Manouches ou Gitans parcourent ainsi les routes, transportant l’univers grâce à leurs instruments et revendiquant inlassablement leur liberté.

Mais la vie de ces nomades n’est pas si fabuleuse… Le scénario de Tony Gatlif nous transporte dans une commune du Rhône où une famille tzigane s’installe pour la saison des vendanges. Certains "gadjé" tolèrent les gitans, réclament même leur musique, les emploient, les reconnaissent ; P’tit Claude, un gamin français échappé on ne sait d'où, hésite entre la chaleur d’une maison et l’univers fascinant des roulottes. Cependant beaucoup de villageois ont peur de ces bohémiens, si différents, si dérangeants. Et puis nous sommes en 1943 et le régime de Vichy ordonne qu’ils se sédentarisent, sous peine d’être internés, déportés. Le groupe tzigane est tiraillé… Au village, le maire et l’institutrice les aident un moment à faire face aux pressions de tous bords, aux dangers ; les gitans ne se plaignent pas, restent un moment, repartent, résistent autant qu’ils peuvent…

L’histoire est inspirée d’une terrible réalité. Malgré son propos, si grave, et les drames suggérés, Tony Gatlif compose un film tendre, alerte et souvent joyeux ; il veut tant faire partager son amour pour le peuple tzigane, son peuple. Il  réussit même à nous entraîner dans quelques petites folies endiablées qui atténuent un moment la violence des silences ! Le réalisateur choisit de privilégier la vie, le mouvement : jeux de balanciers, rythme des corps, cadences et danses, un temps qui passe... On ne peut que se laisser porter par ce joli souffle de Liberté et en apprécier la musique, superbe.

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