jeudi 15 avril 2010

rumeur


Je décrivais Marylin, il n’y a pas si longtemps, devant son écran, en train de réfléchir aux buzz, ces infos d’origine douteuse qui sillonnent les réseaux à vitesse grand web, gagnant force détails au passage, et qui, en principe, dégénèrent rapidement… Justement, ces temps-ci, il y en a des rumeurs sur la toile, et certaines, très bien entretenues, persistent et s'obstinent à faire des vagues !  J'ai cherché, à cette occasion, une définition pour les rumeurs et celle que je préfère les présente comme des "bruits colportés" ! L'image est intéressante : des "on-dit" trimbalés par le cou, quitte à ce qu'ils s'étouffent. Et lorsqu'ils subsistent, est-ce que ce ne sont pas les personnes concernées qui finissent étranglées ? Tristes scénarios, certes, mais ça existe, et ça excite !

Cependant ne comptez pas sur moi pour ajouter un écho aux quelques histoires sulfureuses qui circulent, non, moi j’ai choisi de vous parler d'un pétard mouillé, d’une rumeur bénigne… Bénigne, quoique ? N’avez-vous pas entendu dire la semaine dernière qu’on voulait nous changer les règles du Scrabble ? ? ? La nouvelle aurait pu, si elle avait été confirmée, provoquer quelques ulcères chez les puristes, non ?

La cause du buzz semble être cette opération marketing organisée par la firme Mattel, société qui détient les droits du jeu dans le monde (sauf aux USA et au Canada où règne Hasbro) : Mattel prévoit en effet de lancer bientôt une nouvelle déclinaison du Scrabble, appelée Trickster ( en français : escroc... tout un programme !). Cette version comportera des règles particulières, autorisant entre autres l’utilisation des noms propres ou de marques, ou encore la possibilité de prendre ou donner des lettres aux adversaires. Il s’agit, d’après les concepteurs, de donner au Scrabble "une nouvelle dimension", de le rendre plus populaire, moins compliqué, et d’attirer les jeunes…  L’info révolutionnaire s’est retrouvée brute sur le net, brinqueballée sans ménagement. A cette communication mal organisée dès la source, faisant croire à un remplacement imminent du Scrabble traditionnel, s'est ajoutée une sorte d’inertie chez les journalistes qui pensaient sans doute que le jeu n’en valait pas la chandelle...

Heureusement l'agitation n’a pas duré ; de toute façon, en France, l’intérêt de la foule était ailleurs… Ayant entendu la nouvelle le 7 avril à la radio où la journaliste avait curieusement évoqué une nouvelle version "délire" du Scrabble, j’ai eu évidemment le réflexe google. L’information relayée effectivement ici et , s’est trouvée tempérée dès le lendemain par une poignée d’articles rassurants : pas de panique ! Les règles du jeu traditionnel resteront inchangées

Ainsi il n’y a pas eu profanation ! Ouf ! C’est que le Scrabble chez moi, comme dans tant d'autres foyers, constitue une valeur traditionnelle et fondamentale, une activité respectée et intouchable. Que de souvenirs d'affrontements au-dessus du plateau, de cogitations nerveuses derrière les chevalets, avec le dictionnaire pour arbitre. Et le sketch de Pierre Palmade, drôlement juste, témoigne que nous sommes nombreux à avoir vécu de tels moments. Quelques-uns, pour soulager les tensions, se sont tournés, à une époque, vers le Duplicate, mais cette option-là, d'ailleurs aujourd'hui impossible à renouveler, ne s’éloignait guère des règles essentielles...

La petite brise sur le net m’a donné envie de retrouver l'origine de ce fameux Scrabble et d'en  revisiter l’histoire... Saviez-vous que l’idée initiale date de 1931 ? A New York, l’architecte Alfred Mosher Butts (1899-1993), qui vient de perdre son emploi suite à la crise économique, s’occupe à concevoir un jeu qui allie réflexion et hasard. Il invente le Lexico qui se joue sans plateau ; on marque des points selon la longueur des mots formés mais avec déjà des bonus en rapport avec la fréquence dans le langage courant des lettres utilisées. Toutes les demandes de brevets lui sont refusées.
C’est en 1938 que Butts, s’inspirant des mots croisés si populaires, associe au jeu un plateau de 15 cases sur 15 ; le Lexico devient Criss-Crosswords. Impossible encore d'en obtenir le brevet et la fabrication reste artisanale.
En 1948, un homme d'affaires, James Brunot, s’entend avec Butts ; il simplifie les règles, modifie la disposition des cases primées sur le plateau et dépose le nouveau nom : Scrabble. L’engouement pour cette mouture se répand ; des mordus organisent quelques campagnes promotionnelles. Brunot ne pouvant plus répondre à la demande donne la licence en 1953 à un grand fabricant de jeux nord-américain et vend ses droits en 1968 à Spear & Sons pour le reste du monde… Spear & Sons, qui a été racheté par le leader Mattel en 1994…
Mattel et Hasbro ont proposé bien des variantes, tentatives commerciales plus ou moins réussies, dont les durées de vie se sont avérées plus ou moins longues, mais le Scrabble classique tient toujours sa place… Encore une fois il ne s'est pas laissé faire!

Bon ! Je m'en vais récupérer la partie engagée ce matin avec mon ordinateur, au niveau le plus ridicule pour avoir une petite chance de gagner... Quand même, j'imagine une compétition de Scrabble Trickster où je pourrais, en volant les lettres de mon voisin, compléter un FA providentiel et afficher mon nom... Chevalet vidé, j'exploserais le score ! Je serais un bon coup : on peut rêver ! 

2 commentaires:

jet a dit…

Savais-tu pour continuer l'histoire de scrabble, que la lettre w et k valent seulement un point dans le scrabble néerlandais, comme en anglais je suppose.

Martine a dit…

Pour les valeurs des lettres du scrabble selon les langues, voici un lien:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lettres_du_Scrabble