dimanche 4 avril 2010

verbe

Le verbe est un nom, alors comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ? Que désigne-t-il donc ? Et en quoi ce qu'il représente est-il utile, et peut-être indispensable ?

Le Verbe, en tant que nom propre, touche au divin. Sans sa majuscule et dans un sens un peu vieilli, il revêt aussi une dimension universelle et fédératrice : il correspond à la « parole », au langage en somme,  à ces suites organisées de mots, prononcés ou même écrits, qui traduisent la pensée, la verbalisent, et permettent aux humains d’échanger leurs idées.

De cette signification générale touchant au discours, il subsiste quelques expressions se rapportant au ton de la voix ou à la façon de s’exprimer : tel orateur a « le verbe haut » parce qu’il parle fort, avec autorité ; s’il déclame son texte avec esprit et fougue, on lui trouve une verve incroyable ! Certains mots dérivés s'utilisent encore quelquefois et d'autres se perdent : ainsi le bavard, si verbeux, désole avec son lourd verbalisme, exaspère et saoule avec son abondant verbiage, sa verbosité, voire sa démente verbigération !

Le verbe que nous connaissons le mieux, ou plutôt que nous devons souvent reconnaître, désigne en grammaire un mot particulier dans une proposition où il exprime « qu’une personne ou une chose existe, dans tel ou tel état, faisant telle ou telle action ». Le verbe est réellement le noyau de la phrase simple. Je me souviens des efforts demandés à mes petits élèves de CE1 pour qu’ils parviennent à le repérer. Premier travail d’analyse indispensable, pénible pour beaucoup, plus facile pour l’enfant déjà familiarisé avec la langue écrite mais surtout à qui on aura donné depuis longtemps les moyens de s’exercer à la langue orale…

La chasse au verbe réserve bien des surprises : ses humeurs et terminaisons sont changeantes et il choisit ses costumes en fonction des modes, du temps, des personnes. Une fois identifié, il faut, si l'on veut conjuguer avec lui, trouver de  quel groupe il fait partie, comme si c’était vital, et souvent définir sa forme. On le rencontre parfois impersonnel, passif, réfléchi. Dans ce qui l'environne, on traque son sujet avec qui il a conclu un accord, on pêche un adverbe qui le précise, on isole ses compléments : car tout s’articule autour de lui !

Les verbes sont essentiels et structurent nos énoncés. Nous en possédons un catalogue imposant que le  rassurant Bescherelle nous aide heureusement à organiser ! Que ferions-nous donc sans eux ? D'autant qu'un seul de ces mots si particuliers vaut souvent mieux qu'un long discours : quelle lassante déclaration serait plus efficace que de dire simplement "je t'aime" ? C'est aussi le constat irréfutable du délicieux dictionnaire des verbes qui manquent : un verbe unique peut suffire et remplacer avantageusement un laïus soporifique…

Et que vivent les verbes ! Je devrais, quant à moi, les "mognoter" plus fréquemment ! 

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