mercredi 21 avril 2010

volcan

N’étant pas du tout spécialiste en sciences de la Terre, je ne pourrais pas discourir sur l’actualité, ça, c’est sûr ! Comme tout le monde, j'essaie de glaner sur internet des informations concernant l'éruption du volcan islandais Eyjafjöll, et les chroniques de notre-planete.info me semblent plutôt claires.

Je ne veux donc pas parler de ce phénomène-là. J'ai choisi le mot volcan aujourd'hui simplement parce qu'il a réveillé un agréable souvenir d’école, un moment magique vécu il y a quelques années avec mes petits élèves de CP, un souffle d’émotion partagée…

« Pour les petits curieux de nature »

Dans l’article méthode, je décrivais les moyens proposés dans ma classe pour que les enfants avancent le plus efficacement possible sur le chemin de l’apprentissage de la lecture. J’évoquais notamment les différents documents utilisés au cours de l'année, en tant que supports, afin que la route empruntée offre « des paysages variés » et que « l’attention se trouve sans cesse stimulée ». Il fallait absolument éveiller la curiosité, donner le désir de résoudre quelques énigmes, offrir la possibilité de trouver des pistes et des réponses dans les livres. 

Entre février et Pâques, j’avais pris l’habitude de concentrer nos activités autour d’un magazine dédié aux « petits curieux de nature », un Wakou de saison, que les parents acceptaient de se procurer ou dont l’école avait financé l’achat. Cette publication structurée et sérieuse, offrant des reportages variés et des illustrations ou photos de qualité, correspondant tout à fait aux centres d’intérêt de mes petits apprentis, allait forcément leur donner de quoi enrichir ou préciser leurs connaissances, les faire observer, réfléchir et lire.

« Feu et cendre »

En mars 2003, le numéro de printemps comportait comme d’habitude des dossiers passionnants sur les animaux, mais surtout quatre pages intitulées « feu et cendre » qui m’avaient semblé à première vue difficiles à exploiter. Cependant, en les parcourant avec les enfants, en détaillant les images, en tenant compte de tout ce qu’ils avaient pu déjà entendre ou de tout ce qu’ils avaient recherché à la maison ou en bibliothèque sur le sujet, je me suis rendue compte que la complexité du phénomène le rendait également mystérieux, démesuré, fantastique, donc à leurs yeux passionnant à étudier. Les étincelles étaient dans les pupilles, le pari fut gagné cette fois encore au-delà de ce que j’avais espéré. 

Comme toujours, suivant une démarche pédagogique ordinaire, il fallait imaginer une trace écrite qui rendrait compte de notre travail : ce fut un dessin que je demandais de compléter. Tous les élèves ont ainsi reçu le même schéma de départ et chacun l’a colorié à sa convenance mais au même rythme : nous avons ensemble fait bouillir la marmite profondément dans le sol, puis le magma s’est faufilé entre les doigts dans les cheminées naturelles avant de jaillir à la surface de la Terre…  Projections de couleurs, lave compacte en traînées sombres sur les flancs du volcan, panaches hauts et gris de fumée… La séance fut suivie d'un placement d'étiquettes plus scolaire mais la mise en couleur, vivante et gestuelle, collective et individuelle à la fois, avait constitué une expérience dynamique inattendue dont il ne me reste hélas que cette photocopie en noir et blanc :


Ma vie de maîtresse d’école s'est nourrie de ce genre d’épisodes, et voilà ces p’tits bonheurs passés, endormis, qui remontent de temps en temps à la surface de ma mémoire...

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