samedi 22 mai 2010

hoir


Drôle d’héritage : tel est l’incipit imposé par un récent concours de nouvelles ! Alors là, l’inspiration me fait cruellement défaut… Je devrais imaginer un nouveau scénario rocambolesque, suffisamment original, où les héros, à la lecture d’un testament surprenant, se découvriraient les bénéficiaires d’un legs peu banal ? Difficile d'innover en la matière !

Réduite à prospecter dans mes dictionnaires autour de cet "héritage" encombrant , je tombe par hasard sur un curieux synonyme : la désuète hoirie

Celle-ci désigne également, figurez-vous, l’ensemble des biens compris dans une succession et appartenant de ce fait à un ou plusieurs hoirs, ou héritiers !

Hoir ! Ça, c’est un drôle de mot ! Nom commun, de genre masculin, on le trouve seulement dans quelques ouvrages de vieux français ou dans certaines formules d’actes notariés. Il est à l’origine de patronymes assez répandus. Amusant ! Pensez donc, tous ces L’Hoir, tous héritiers, au moins de nom, faute de bénéficier d'autres richesses ! Ils pourraient bien s’endormir sur trop de fortune, comme des loirs…
L’hoir est mâle ou femelle. Il n’y a d’ "hoire" nulle part : en revanche, je découvre la savoureuse expression "hoir de quenouille" désignant une heureuse héritière… Tout un programme !
N’entendez-vous pas cet hoir tonner plutôt comme un verbe, avec un air hautain et sombre, visant à faire choir ? Il me prend d’ailleurs d’en tenter la conjugaison : supposons qu’il existe bien dans notre Bescherelle et signifie « hériter », on dirait alors qu’un tel « a hu » de quelques bijoux, on évoquerait une fortune « hue » d’un oncle d’Amérique… On « hoirait » ou on « herrait » de ses parents…

Décidément ce drôle d’héritage, contrainte peu engageante au départ, finit par me plaire. Je pense sérieusement que la prochaine fantaisie pourrait bien être une histoire d’hoir

2 commentaires:

Claudech a dit…

L'hoir est cher !

Accent Grave a dit…

Faudrait hoir.

Au Québec, bien des gens ne prononcent pas le «V» de voir!

Accent Grave