mercredi 14 juillet 2010

castor

Balade sur le site de l’île du Beurre, et conte…

Vous ne connaissez peut-être pas ce tout petit territoire au nom curieux : l’île du Beurre... Hors des sentiers battus, ce havre de verdure se situe sur le flanc droit du Rhône, au sud de Vienne et à hauteur de Condrieu, au pied des vignobles prestigieux des Côtes-Rôties.


En journée l’étape est reposante, il suffit d'un léger détour depuis l’Autoroute du Soleil ! A moins que, résidant à proximité, vous puissiez vous y rendre le soir, aux heures favorables pour observer les habitants les plus surprenants du site : les castors… Ce sont eux qui, désignés autrefois en langue celtique par le terme "beber", ont inspiré le nom de l’île. Il existe de nombreux  autres endroits en France, surtout des rivières, dont les appellations en "bièvre" ou "beuvron" témoignent d'une occupation ancienne par les castors... Mais ici, entre le cours du Rhône et ses bras secondaires, appelés lônes, dont la formation fut provoquée par d'anciennes crues du fleuve, la prolifération de plantes aquatiques ainsi que la présence d’aulnes, de peupliers et de saules à l’écorce tendre ont encouragé ces rongeurs à conserver la place.











Le site naturel, protégé, auquel le promeneur ne peut accéder mais qu'il peut seulement scruter, constitue ainsi un réservoir de nourriture et un refuge pour de nombreux mammifères, parmi lesquels des ragondins et des castors, mais aussi pour les oiseaux, par exemple des hérons ou encore des martins-pêcheurs.
















Pour profiter des concerts d’oiseaux ou de grenouilles, pour admirer libellules et demoiselles, pour guetter les activités de l’île, on peut se promener à la fraîche sous les arbres, en bordure des lônes, ou patienter avec ses jumelles derrière quelques affûts et dans plusieurs cabanes aménagées en observatoires.


Enfin, en poussant jusqu’à la digue longeant le Rhône, il est facile d'apercevoir quelques autres résidents du fleuve, dont certaines mouettes qui se rêvent sans doute gardiennes du site…















Il s'agit maintenant de compléter la balade par un bon pique-nique ou un goûter surprise, de quoi compenser la déception des enfants au cas où même les ragondins, qui sortent parfois en journée, contrairement aux castors, n'aient pas daigné montrer le moindre bout de museau... A moins d'opter pour une veillée autour d'un conte, et je ne peux m'empêcher de penser à ce Castor, tant apprécié par mes petits élèves d'autrefois, héros sympathique de La perle, un récit de Helme Heine...

Mais tout de même, vous avouerez, c'est un comble de se déplacer le plus souvent pour du beurre !

6 commentaires:

Accent Grave a dit…

Intéressant ce lieu ou l'on trouve, comme par chez moi, des castors!

Accent Grave

Martine a dit…

Au Québec, bien sûr, il vous est sûrement plus facile d'en rencontrer. Sont-ils vraiment si nombreux? Cela doit vous paraître assez commun comme plaisir de chercher à les voir; pour nous ce sont des événements!

Accent Grave a dit…

Ils ne sont pas rares... dans les bois ou plutôt... à l'embouchure des cours d'eau. Faut bien sûr sortir de la ville.

Plus jeunes, nous passions nos étés dans un châlet près duquel coulait un gros ruisseau. En amont, à quelques km de marche dans les bois, à l'embouchure d'un lac plus haut en altitude, les castors construisaient un barrage. Ainsi, le niveau du ruisseau, que certains auraient pu qualifier de rivière, descendait si bas qu'il nous fallait grimper jusqu'au lac pour défaire le barrage et croyez-moi, c'était pas facile. Les hommes employaient de la dynamite mais nous, c'est manuellement que nous défaisions ces barrages constitués de troncs d'arbres, de branches, de branchailles et de boue.

À un certain moment, la pression de l'eau retenue par le barrage faisait éclater ce dernier et le ruisseau se transformait en torrent. Nous redescendions alors le ruisseau jusqu'à notre chalet et il était toujours excitant d'appercevoir le «raz de marrée» arriver quelques heures plus tard, tant un bruit d'enfer, emportant des pierres et un volume d'eau difficile imaginer.

Il fallait deux ou trois heures au torrent pour se rendre en bas car sur sa descente, l'eau devait remplir toutes les cavités, les dépressions!

J'ai d'ailleurs conservé une branche rongée par ces castors et, avant de le vernir, j'y ai gravé la date: Juillet 1971.

Que je suis vieux!

Accent Grave

Martine a dit…

Ah oui, vous êtes très vieux!!! Mais donc très riche en souvenirs, de plus en plus riche, et celui-ci a une saveur d'enfance bien agréable. Merci, Accent Grave, de me l'avoir fait partager!

Agnès a dit…

Belle idée de balade pour la fin de l'été quand après avoir épuisé nos lieux de villégiature, nous nous retrouverons à Lyon! Et, toi tu l'as fait le pique-nique là-bas???? Il me semble que tu es bien équipée maintenant!!!
Bises

Agnès

Martine a dit…

Oui bien sûr, pique-nique avec mon kit complet, en bord de Rhône, après avoir fait aussi le sentier dans les vignobles. Après seulement car attention, impossible de s'arrêter à flanc de coteau, ça cogne trop; pas pour rien que ça s'appelle les Côtes-Rôties; faut prévoir à boire, de l'eau...