mardi 6 juillet 2010

chute

... Où l'on retrouve Ginette ( martinets, rendez-vous(1), rendez-vous(2), pinces, souvenir ) pour le premier épisode d'une nouvelle saison d'aventures !! Une amie la recontacte ici, histoire de prendre des nouvelles, au seuil des vacances...

Alors Ginette, plus de gym, plus d’écriture, plus rien ? Tu es contente de ton année, dis-moi, t’as appris quoi finalement ? Prête à faire un gala de muscu, à nous pondre un roman ?

Tu ne me trouveras pas encore une carrure d'athlète, hélas ! En revanche je n’ai plus peur d’écrire ! Pas de projet consistant, mais je fais des progrès…

Vous avez bien fêté la fin des cours ? Tu n'avais pas parlé d'un repas au resto ?

Si si, et justement, à cette occasion, puisque tu parles de gala, je me suis bien donnée en spectacle !

Comment ça ?

Eh bien on est allés au Pic’Assiett’, tu connais ! Bon, ça fait cantine, mais au moins c'est tranquille ! On occupait quasiment toute la salle : tu vois comment elle est disposée ? Gaston avait juste enlevé la table et les chaises les plus proches du bar pour descendre des bouteilles dans sa cave, il attendait une livraison …

Ah oui, Gaston ! Tu sais que je le rencontre souvent devant la loge du 38, je crois qu’il fricote avec la mère Bégonia !

En tout cas, lui se souviendra de moi, à vie, je te le dis ! Pas parce que j’ai trop bu ou trop chanté hein ! Non, simplement j’ai eu la drôle d’idée de vouloir aller aux toilettes avant de partir !

Et alors ?

Je devais filer assez vite figure-toi, car j’avais promis de passer chercher Sammy.  En fait je dois le garder ce soir et l’emmener demain en balade… Donc je me lève de table la première, juste après la glace, renonçant au café, et je me dirige vers la porte du couloir qui mène aux lavabos ; si tu te rappelles, elle est juste entre le passe-plats et le comptoir…

Oui oui, je situe bien !

Alors je me presse un peu, je croise le regard de Gaston derrière son bar , je ne sais pas pourquoi je souris en lui faisant machinalement un signe de tête pour lui indiquer où je vais… Alors là, je le vois qui ouvre la bouche, il voulait sans doute me prévenir, pour que je fasse attention, mais il n'a pas eu le temps parce qu'après… C’est allé très vite !

Très vite ?

Les autres m’ont raconté ensuite que j’avais disparu d’un coup, engloutie, volatilisée, gobée ! C’est que, pour aller à la cave, Gaston avait relevé une espèce de trappe en la gardant calée par une simple perche . Et moi, toute fière et emportée par mon élan, je n’ai rien vu, ni le trou, ni l’escalier, rien ! J’ai mis un pied dans le vide, ne me demande pas lequel, et le reste a suivi. J’ai roulé, tourneboulé, rebondi sur les marches ; je me souviens pourtant avoir entrevu des clayettes, des planches, des caisses, perçu nettement des effluves de vin et de bière, puis atterri lourdement sur une sorte de plate-forme, tourné la tête vers le haut, distingué en pied plusieurs personnes dont une, affolée, qui commençait à dévaler les marches, une dizaine au moins je te jure : espérait-elle récupérer mes morceaux ? A ce moment-là, j'ai pensé qu'il fallait absolument me redresser toute seule et vite, leur parler, dire n'importe quoi pour les rassurer. De fait je ne sentais pas encore mes futures bosses, j'avais mal aux cuisses tout au plus ; je me suis assise, en agitant les mains en l’air et précipitant quelques mots : « Tout va bien, je n’ai rien !». Total : j’en ai fait pleurer quelques-uns de peur et obtenu un supplément spécial de glace, sur le front !  Tu imagines les excuses de Gaston ! Ah ils m'ont  tous bien chouchoutée, pendant au moins deux heures, et je reçois maintenant un texto toutes les cinq minutes pour me demander comment je vais...

Quelle histoire ! Je voudrais bien admirer ta tête ! Mais la bonne nouvelle, c’est que tu es saine et sauve, pour le coup !


Ça sert, la forme ! Et pour ce qui est de la nouvelle, elle peut être bonne, comme tu dis ! Car si on la juge sur la chute, je ne pouvais pas faire mieux !

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