samedi 30 octobre 2010

automne

                                                            Mots d'automne
                                                            tourbillonnent et se posent -
                                                            poèmes sur terre
 


                                                            Être épuisé de vie
                                                            profiter d'une onde calme -
                                                            se laisser dorer



                                                            Concert en haut lieu
                                                            impatience et pagaille -
                                                            attention au départ


mardi 26 octobre 2010

label

Bien sûr la nouvelle concerne Lyon mais je trouve qu'elle mérite d'être largement diffusée :  nous venons en effet d’obtenir le label ville-amie des aînés, titre décerné par l’OMS. Cette validation couronne les efforts poursuivis ces dernières années par les responsables municipaux et divers partenaires afin de "réfléchir autrement la ville", l’objectif étant de construire un projet qui améliore le quotidien des aînés tout en bénéficiant à l’ensemble des habitants. Suite à un audit permettant d’identifier les attentes des seniors, un plan d’actions a pu être défini autour de différents axes : les déplacements, le logement, la participation sociale, la culture, les loisirs, la communication et évidemment la santé… Lyon intègre, grâce à cette démarche, un réseau mondial. L’information me semble capitale, car elle signifie l’engagement de la municipalité dans un projet qu’il lui faut maintenant réaliser, en s'appuyant  évidemment sur les pratiques des villes déjà pourvues du label ; elle souligne l'intérêt et le respect portés, dans notre communauté urbaine, aux plus âgés, et  constitue une motivation supplémentaire pour toutes les associations intervenant auprès de ces personnes.

Certes, les jours derniers, les Lyonnais avaient d’autres préoccupations : les événements en centre ville, saccages et violences en marge des manifestations de lycéens, ont largement perturbé les transports et remué les esprits… Dans des circonstances moins pénibles, dans un contexte moins mouvementé que celui des débats autour des retraites, cette information touchant aux aînés aurait peut-être suscité une plus grande curiosité du public... d’autant qu’elle était rendue officielle justement au cours de la Semaine Bleue…

"Ah ! Mais la Semaine Bleue…. Qu’est-ce donc ?"

Allons, souvenez-vous, à l’automne 2009 je vous en ai déjà parlé (ici)! La Semaine Nationale des Retraités et Personnes Âgées est appelée Semaine Bleue depuis 1977 ; c'est un événement annuel dont l'édition 2010 vient juste de se dérouler, du 18 au 24 octobre, mais il reste peu connu et, hélas, insuffisamment relayé par les médias.

Pendant ces quelques jours, de nombreuses animations permettent de faire connaître les structures associatives locales dont les activités tentent de répondre aux envies et besoins des aînés. La Ville de Lyon proposait cette année encore un programme varié, de nombreux rendez-vous, dans tous les arrondissements, aux seniors ainsi qu’aux associations. La Bib’ à Dom’, par exemple, a participé le 22 octobre aux rencontres Proche et solidaire, le bénévole en action. Nous avons pu partager nos expériences avec d’autres structures qui œuvrent auprès des personnes âgées à domicile, en résidences ou à l'hôpital : porteurs de repas, visiteurs à l’écoute, accompagnateurs de voyages, blouses roses, moniteurs sportifs… Nous avons apprécié de nombreux témoignages et échangé nos coordonnées : celles-ci pourront ainsi circuler le plus largement possible et parvenir ensuite même aux personnes isolées.

À tout âge : acteurs, proches et solidaires !, thème 2010 de la Semaine Bleue, qui implique des relations intergénérationnelles, le partage, l’entraide et la civilité, traduit l’esprit de toutes les activités organisées avec les seniors, toute l’année, bien au-delà de ces quelques jours où elles sont mises en évidence. Quelle belle ligne de conduite aussi pour guider dans sa tâche la Ville de Lyon : car la voilà tenue maintenant de prouver son dynamisme et sa capacité d’adaptation aux besoins de l’ensemble de ses habitants, jusqu’aux plus dépendants : c’est qu’il va falloir tenir la route pour conserver le label !

jeudi 21 octobre 2010

grève

Sans doute parce que j'ai habité de nombreuses années au bord de l’océan, le mot grève suggère encore en moi l’image d'une longue étendue de sable ou de galets, une plage que l’on parcourt à marée basse, en goûtant le vent, en faisant crisser les éclats de coquillages et les cailloux sous les bottes…

A Paris, autrefois, sur le site de l’actuel Hôtel de Ville, s’étirait une "grève", un long quai en pente douce vers la Seine, tout en graviers, aménagé pour faciliter le déchargement des bateaux. Le Port de la Grève générait une activité importante et des marchés, ce qui  favorisa le développement du quartier : on décida d’y bâtir la Maison de Ville. Devant celle-ci, sur l'esplanade baptisée Place de Grève, de nombreux ouvriers sans travail prirent l’habitude de se réunir. Ces "grévistes", chômeurs, venaient là à la rencontre des patrons ; car ceux-ci arpentaient également la Place, assurés d’y recruter une main d’œuvre plus ou moins qualifiée mais disponible. Ils embauchaient aussi des hommes mécontents de leur employeur du moment et qui "s'étaient mis en Grève" en quête d’un  travail plus intéressant.

Ceux qui de nos jours, à Paris et ailleurs, "font grève", ne sont plus des chercheurs d'emploi ; ils ont, eux, de l'ouvrage mais craignent de le perdre ou qu'il ne leur permette plus de vivre décemment. Ils ont  décidé, après concertation, de ne plus assurer leur service pendant un certain laps de temps. Parmi leurs objectifs : sauvegarder leurs postes, obtenir des améliorations, des avantages, une meilleure qualité de vie pour tous... On assiste ainsi à des grèves sauvages, surprises, sur le tas, perlées ou tournantes, des grèves du zèle, générales, reconductibles, avec leurs piquets et leurs briseurs, et même des grèves de la faim…

Le mot grève n’a aucun rapport étymologique avec le verbe grever dont la famille comporte des éléments  aux connotations pesantes. On aurait pu les croire apparentés pourtant… D’une certaine façon, le gréviste n’en est-il pas réduit, de peur que la situation pour lui et ses compères ne s’aggrave, à  exprimer son mécontentement et ses griefs, à protester contre l’accumulation de charges quotidiennes de plus en plus lourdes, contre les servitudes nouvelles au bureau, contre les augmentations qui l’accablent et grèvent son budget déjà à peine équilibré…

Au lieu d’une pente douce, la grève évoque désormais plus souvent, dans nos esprits, une action de masse, notion impalpable, ultime recours des lassitudes. Estompés les grands espaces et la contemplation de l’horizon ! C'est pour manifester que nos grévistes sillonnent les rues ; ils jouent  maintenant avec un temps au sens de durée, s'efforcent de  tenir, cherchant à sauvegarder une vision supportable de l'avenir….

dimanche 17 octobre 2010

phobie

Cher lecteur, ta visite me laisse penser que tu ne crains pas les p’tits mots... Sache cependant que certains se déclinent ici en longs messages !

En temps normal, je t'assure, tu ne risques pas grand chose à te compromettre sur ce blog : quel danger y aurait-il donc à mognoter ? En revanche, aujourd'hui, ton aventure peut se révéler périlleuse ! Car je viens de dénicher, sur une page répertoriant diverses phobies, la mention d'une peur très particulière et étonnante... Il me faut  donc  t'avertir : tu pourrais bien, si justement tu en souffres, être pris aujourd'hui de désagréables sueurs froides, à cause de moi. Ça m’embêterait !

Alors je te le demande, franchement, par précaution : appréhenderais-tu de façon maladive les trop longs mots ? 

Évidemment la notion est un peu vague :  à partir de combien de lettres commencent à apparaître les premiers symptômes d'une allergie ? Quelle taille ne peut dépasser un mot pour rester supportable ? Je n'ai pas les réponses, et je les imagine variables selon les individus et les humeurs...

Quoi qu'il en soit, si tu penses être atteint de ce trouble, disons si ton cœur déjà s'emballe à la pensée de l'adverbe aux 25 lettres construit autour de "constitution" et réputé, dans les dictionnaires usuels, comme étant le plus long mot de la langue française, alors je t’en supplie, ne te transporte surtout pas ici !  Ce lien conduit en effet à la croustillante présentation d’une liste d’angoisses possibles, plus ou moins sérieuses certes, mais la lecture de cette compilation te conduirait à découvrir le nom désignant ta maladie. Or cette dénomination  est paradoxalement composée de 36 lettres ! Un comble !... En fait, je t’engage même à quitter le présent billet immédiatement car moi ça me démange d’écrire et de partager avec le reste de mon public impatient le terme diabolique en question.

Tu es toujours là ? Je vois que tu es curieux, ou téméraire, ou incrédule !  Alors au boulot ! Car il s’agit maintenant de déchiffrer le nom du mal puis, pour bien faire, de le mémoriser, afin de le resservir opportunément au détour d’une prochaine conversation... Le voilà :

Bon d'accord, les plaisanteries les plus courtes sont souvent les meilleures, mais amuse-toi bien quand même !

mercredi 13 octobre 2010

fulgurance

A Philippe... 

En pensant à toi nous avons ressorti aujourd’hui de vieux albums photos… Je les ai feuilletés jusqu’à trouver la seule image que je possède de nos enfants réunis. Il y a déjà si longtemps, et ils ont tant grandi ! Tu t'amuses sûrement, comme nous, à reconnaître tout le monde... Je sens presque ton regard au-dessus de mon épaule. J’ai le sentiment que tu es vraiment là, avec moi, avec nous, pour les contempler, nos gamins,  en train de jouer ensemble sur ce sable doux d'une plage bretonne. C'était une belle après-midi d’été, en 1991… Deux couples heureux, pareillement fiers de leurs petits, profitant des vacances et de bonheurs simples.

Les années ont passé, si vite. Je ne sais plus si nous nous sommes revus après cette saison-là en Finistère. Chacune de nos deux familles s’est inscrite ensuite dans un tourbillon de quotidien, de travail, une tourmente ordinaire. Sans se perdre complètement... mais sans occasions particulières de rencontres. Nous demandions de vos nouvelles, et vous faisiez sûrement de même ; je crois que nous avons eu envers nos gars et nos filles les mêmes exigences et nous voulions nous tenir au courant de leurs parcours.

Jusqu’à ce que cette annonce nous frappe… Tu as échappé à la vie, Philippe, si soudainement, si jeune ! En l’apprenant, comment décrire ce que nous avons ressenti ? Quelque chose d’étrange et de violent qui serre le cœur ; et c’est le mot « fulgurance » qui me vient. "Du temps nous est donné… On meurt un jour bien entendu, mais la plupart semblent mourir soit trop tôt, soit trop tard, jamais au bon moment." Maintenant il y a la douleur des tiens, l’émotion des amis, toute notre immense peine ! Ce n’est pas ce que tu voulais, et je veux te dire que nous essaierons d’être forts. J’ai de toi le souvenir d’un homme attentif et discret, d’un ami souriant, et je compte encore sur ta présence, et sur ton regard là par-dessus nos épaules, pas seulement pour retrouver le passé mais surtout pour nous accompagner le long de nos chemins à venir…

(La citation appartient au joli roman que je suis en train de lire en ce moment : Rosa candida, de l’islandaise Audur Ava Ólafsdóttir, aux éditions Zulma ).

mardi 12 octobre 2010

insomnie

Seul mon corps se repose

La tête, elle, s'affaire
Peines et pensées profitent
Et s'étirent, à l'aise

Le sommeil hésite
Il s'emballe, il fuit encore
La nuit sera longue

Après minuit rien ne va plus

Le silence m’agace
 Et la moindre idée m’obsède
Tout se démesure

Je jette des mots
Dans le noir, sur une feuille
Pour les retenir

Ils me viennent en rafales

Ce sont des désordres
Que révèle le matin
Folles écritures

Des brouillons étranges
Que je passe la journée
A remettre en forme

Il faut tout récupérer

Ce serait dommage
De trop lutter contre celle
Qui me donne tant

Donc je la cultive
Car je perdrais en dormant
Toute inspiration

- Vive l'insomnie -

(Pardonnez-moi de classer cette insomnie parmi les rimes, même si elle n'en compte pas. Disons qu'il y a comme un air de famille, la musique et la forme...)

mercredi 6 octobre 2010

fait divers (2)

(Vous pouvez retrouver ici la première partie de ce fait divers ! Pour information, ce délire est né sous la contrainte puisque devaient être insérés dans l’histoire tous les éléments écrits en italique : la portion d’une phrase de Max Genève pour ambiance de départ, et dix mots imposés.)

… Mes livres étaient reconnus, certes, cependant les revenus qu’ils me procuraient ne suffisaient pas totalement à mes besoins ; car j’aimais le luxe !

Depuis quelques mois je m’affichais de plus en plus avec Jeanne Des Émois, noble conquête, plus que mûre, je veux dire d’un âge certain. Nos chemins s’étaient croisés en quelques salons littéraires où l’on échange facilement des mots et plus si affinités… Seulement voilà, je la trompais déraisonnablement. En fait, vous le pensez bien, j’étais tombé essentiellement amoureux de sa fortune !

Quand même, j’éprouvais parfois une certaine gêne de la voir tant éprise de son côté. Tant et si bien qu’un jour je commis l’erreur de lui avouer la vérité, toutes mes infidélités… J’étais arrivé dans sa somptueuse demeure à la lisière du Parc, un bouquet de jonquilles à la main, pour l’amadouer, et je m’étais jeté à ses pieds, l’air honteux et terrassé par les remords. Je lui promis qu’elle n’aurait plus jamais rien à me reprocher ! Elle fut sensible à ces démonstrations. Quand j’y pense maintenant, je me dis qu’elle ne pouvait pas faire la difficile, car j’étais un spécimen intéressant à afficher, n’est-ce pas, jeune et plutôt beau gosse de surcroît… Croyant sans doute qu’elle me tiendrait plus solidement en laisse à l’avenir, elle décréta que nous allions convoler. D’abord étourdi par ce qui était décision plus que demande, je résolus de me laisser faire, espérant bien profiter de la situation aussi vite que possible après la noce ; j'élaborai déjà un plan qui me débarrasserait de l'encombrante dame tout en me favorisant financièrement.

La noce donc, quelques semaines plus tard, fut somptueuse ; elle se déroula dans le jardin de ma belle, d’où l’on apercevait la Pelouse de la Coupole… Au cours du dîner pris en plein air, alors que nous digérions le  saumon pour faire place au magret, un vieil homme se présenta derrière la clôture : loqueteux, le visage ravagé, une barbichette hirsute. Il tenait dans ses bras un chat noir et proposa de lire l’avenir dans nos mains. Quand mon regard rencontra le sien, je sus qu’il n’était pas dupe des sentiments que j’éprouvais pour ma toute récente épouse. J’eus peur qu’il révèle mes projets indélicats et poussai la chansonnette pour détourner l’attention des convives ; il resta donc accroché aux grilles. Mais je décidai de me servir de cette apparition. Je ferais plus tard planer les soupçons sur sa personne... A la nuit tombée, je proposai à Jeanne une promenade dans le Parc, la basculai derrière un bosquet, l’embrassai fougueusement avant de lui planter dans le dos un couteau à huîtres habilement dérobé en cuisine pour l’occasion. Elle parut assez surprise et j’insistai en pratiquant plusieurs entailles, bien profondes, pour plus de sûreté.

Hélas pour moi ce sont les policiers locaux qui furent dépêchés sur les lieux. Un jogger avait découvert le corps tandis que nous nous inquiétions de la disparition de ma femme… Ils relevèrent nos identités et me firent maintes courbettes et félicitations pour mes ouvrages, en plus des condoléances de circonstance. Puis tous les invités se souvinrent de cet homme dépenaillé, vaguement entrevu entre deux plats et accompagné d’un minou de mauvais augure. Il fut vite débusqué d’un abri voisin et l’individu, à mon grand dam, soumit aux enquêteurs une énigme qu’ils jugèrent d’abord incongrue. Ils y prêtèrent malgré tout attention car elle leur faisait penser à une définition familière : 

"Le coupable", affirmait le vieux pompeusement, "est celui qui aime nous contempler accrochés aux grilles, quelles qu'elles soient ; et nous y séchons plus ou moins longtemps, alors que lui, il en possède les clés, donc les moyens de nous en délivrer".

Hélas pour moi donc, ces simples flics, habitués à ce genre d'expressions mystérieuses, devinèrent aussitôt le sous-entendu. Mis sur la piste, ils comparèrent promptement les empreintes,  puis croisèrent indices et témoignages divers, pour enfin venir m’exposer leurs conclusions, avec les preuves de ma culpabilité…

Ah ils étaient fiers, mais je leur fendais le cœur à ces cruciverbistes car ils devaient cette nuit-là arrêter leur idole vénérée… Ils n’oseraient plus s’adonner à leur loisir favori, ils n’oseraient plus se référer à cette bible dont l’auteur était un criminel ! Les délits avaient intérêt à se multiplier…

dimanche 3 octobre 2010

sieste

(en guise de douceur, entre faits divers...)

"C'est un début d’après-midi. La belle saison se termine mais il fait encore si chaud ! Nos familles, amies, sont rassemblées. Nos frères et sœurs, les petits, se reposent. Nos pères échangent leurs théories de foot. Nos mères se chuchotent recettes et autres confidences. Alors tous deux nous nous échappons et, par le chemin côtier, gagnons notre refuge favori, un coin d’herbe en surplomb de la crique ; nous nous asseyons à l’ombre apaisante de l'unique pin paresseux courbé vers le large. Une rumeur monte de la mer, légère ; on entend, on respire, chaque vague qui se brise sur le sable. Quelques voix de promeneurs nous parviennent de la plage, mais quelle importance. Je n’ai d’attention que pour toi en ce moment. Je suis si amoureux, et toi tu es si fière que je te désire. Comme je suis fou, et toi si docile. Tu te laisses faire. Je t'attire très près de moi, ton dos se niche contre ma poitrine, j’enserre tes jambes à l’intérieur des miennes, je te garde, je te protège. Nos regards se dirigent d’abord vers la mer, vers les îles, puis nous fermons les yeux, concentrés sur nos émotions et notre envie timide. Tes mains me frôlent, les miennes s’attardent sur ta peau découverte, là sur ton ventre, puis glissent sous ta chemise légère…

- Et après, Lulu ? Mais continue ! Tu t’arrêtes toujours au même endroit ! Quatre-vingts ans ont passé, comment veux-tu que je me rappelle toute seule de tout ?"

Hélas les paupières du bon vieux Lucien sont si lourdes ! Bercé par ses propres mots et ses souvenirs tendres, il essaie encore un peu de résister au sommeil. Mais qu’elle lui fiche donc la paix, l'Angèle ! L’heure de la sieste maintenant, c’est sacré ! Il se laisse aller, enfin, et s’assoupit…