dimanche 3 octobre 2010

sieste

(en guise de douceur, entre faits divers...)

"C'est un début d’après-midi. La belle saison se termine mais il fait encore si chaud ! Nos familles, amies, sont rassemblées. Nos frères et sœurs, les petits, se reposent. Nos pères échangent leurs théories de foot. Nos mères se chuchotent recettes et autres confidences. Alors tous deux nous nous échappons et, par le chemin côtier, gagnons notre refuge favori, un coin d’herbe en surplomb de la crique ; nous nous asseyons à l’ombre apaisante de l'unique pin paresseux courbé vers le large. Une rumeur monte de la mer, légère ; on entend, on respire, chaque vague qui se brise sur le sable. Quelques voix de promeneurs nous parviennent de la plage, mais quelle importance. Je n’ai d’attention que pour toi en ce moment. Je suis si amoureux, et toi tu es si fière que je te désire. Comme je suis fou, et toi si docile. Tu te laisses faire. Je t'attire très près de moi, ton dos se niche contre ma poitrine, j’enserre tes jambes à l’intérieur des miennes, je te garde, je te protège. Nos regards se dirigent d’abord vers la mer, vers les îles, puis nous fermons les yeux, concentrés sur nos émotions et notre envie timide. Tes mains me frôlent, les miennes s’attardent sur ta peau découverte, là sur ton ventre, puis glissent sous ta chemise légère…

- Et après, Lulu ? Mais continue ! Tu t’arrêtes toujours au même endroit ! Quatre-vingts ans ont passé, comment veux-tu que je me rappelle toute seule de tout ?"

Hélas les paupières du bon vieux Lucien sont si lourdes ! Bercé par ses propres mots et ses souvenirs tendres, il essaie encore un peu de résister au sommeil. Mais qu’elle lui fiche donc la paix, l'Angèle ! L’heure de la sieste maintenant, c’est sacré ! Il se laisse aller, enfin, et s’assoupit…

2 commentaires:

Accent Grave a dit…

Et Lulu! Et nous alors?

Accent Grave

Martine a dit…

On m'a bien dit que le lecteur doit pouvoir faire travailler son imaginaire :) Ce serait dommage de réveiller Lulu...