jeudi 16 décembre 2010

intime

A la fin de l’année je me prends toujours d'une façon ou d'une autre, comme vous, à repasser le film des mois écoulés. Je revois ce qui s’est passé autour de moi, et dans ma propre vie ; il y a bien sûr des temps plus forts, plus marquants, des événements graves... Mais j’ai choisi de vous raconter ici un moment léger, vécu à l’automne, parmi mes expériences récentes les plus agréables : une occasion de rencontre sympathique, un échange privilégié, dont la pensée me donne encore chaud au cœur…

Un groupe de jeunes étudiants nous avait conviés pour une soirée inédite, parce que nous sommes élèves de la même université, et que fréquentant les ateliers d’écriture nous étions susceptibles d’être intéressés. Il s’agissait de participer au lancement d’un projet en réunissant des textes, les leurs, les nôtres, bâtis autour de l’intime ! Tout un programme ! Ces productions constitueraient les premiers feuillets insérés dans un classeur original, une sorte de livre voyageur, évolutif, mis ensuite en circulation sur le campus. L'ouvrage continuerait à se nourrir et à s’enrichir de nouvelles pages, au gré de ses lecteurs successifs et temporaires…

Pour ma part j’avais accepté l’invitation assez rapidement, heureuse d’avoir été contactée ; j’étais flattée, et aussi fort curieuse.

Mais ensuite il m’a bien fallu réfléchir un peu plus sérieusement : quels écrits pourrais-je proposer ? Lesquels allais-je considérer comme relevant du sujet ? Je regardai dans le dictionnaire la définition du mot intime : "ce qui est contenu dans le plus profond d’un être"…  Bon ! Il me fallait trouver des textes où l'on entrait dans les pensées du personnage, où l'on analysait ses émotions : élans d'amour,  troubles intérieurs,  questionnements, désordres privés, chagrins lancinants, deuils insurmontables, sentiments plus ou moins secrets, idées interdites, réprimées, voilées, déguisées…

Certes, j’ai souvent abordé les relations familiales ou amoureuses dans certaines histoires. J’y ai mêlé des vibrations plus que personnelles. Cela conviendrait-il ? Ces récits ne se composent-ils pas de scènes "intimistes" plutôt que d’allusions proprement "intimes"?

Pendant plusieurs jours j’ai cherché comment m’en sortir… Décidément je me faisais bien du souci… Je résolus d’emporter plusieurs nouvelles ou poésies, et de choisir sur place en tenant compte du ton des autres contributions. Je mis dans mon petit bagage ces quelques maux, surtout parce qu’ils traduisaient des préoccupations familières ou graves, mais aussi parce qu’en les relisant plusieurs mois après les avoir écrits ils m’amenaient encore des frissons : amour, bleu, hiver (de dame), que t’arrive-t-il papa, rencontre et solitude

Et la soirée s’est déroulée, naturelle et conviviale… J’en garde une impression merveilleuse de partage, le doux bonheur de me sentir bien parmi de jeunes adultes accueillants et chaleureux, l’agréable illusion que nous avions tous à ce moment le même âge. J’ai compris dans leurs écritures tendres, pudiques et passionnées, la plupart sous la forme de poésies, que l’amour concentrait leurs espérances. Et c’est rencontre que j’ai finalement placé au creux du recueil tout neuf, rencontre que j’ai lu tout haut avec la voix qui tremblait ; ils m’ont fait cadeau de leur attention. Et voilà, j’ai réussi à offrir mon poème, simplement, comme tous ont fait don de leurs mots.

Nous avons tous mis du cœur dans le livre ouvert…
Un livre multiple, précieux, unique et vivant !
Où est-il en ce moment, qui donc le feuillette,
Qui le confie, qui le partage, qui le complète ?
Qui lit aujourd’hui nos visions particulières ?
A ces écrits de l’intime je pense souvent !

Aucun commentaire: