jeudi 29 décembre 2011

éoliennes

Des éoliennes, on en voit partout : isolées, alignées, regroupées en champs d'hélices...

Ici une dame élancée
géante solitaire
brasse de l'air
cligne de l'œil

Là quelques danseuses
Se tendent vers le ciel
en faisant des pointes
Mais la tête leur tourne


... Évidemment présentes en Bretagne, les voilà exposées jusque dans les paysages merveilleux des Noëls du Château de la Ville Chevalier !




Petit moulin d'antan
a bien grandi.
Il est monté en graine
au vent du temps !

mercredi 21 décembre 2011

cadeaux

L'idée de Sammy paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie... J'ai profité du thème de décembre, du mot surprise et de sa contrainte associée, liée à la période des fêtes, pour imaginer une sorte de conte de Noël pour lecteurs mi-enfants mi-adultes... Avec l'envie de remettre en scène Sammy et Mamie Ginette, héros bien délaissés au cours de cette année 2011 !

A propos de cadeaux ! On en fait, on en reçoit, à Noël évidemment mais aussi en d'autres occasions, comme en témoignent les p'tits mots cadeau, coordonnés...

Je vous souhaite de joyeuses fêtes, de belles lectures si vous avez le temps, du plaisir à recevoir et encore plus à offrir ! A bientôt !

mardi 20 décembre 2011

silences

Eux sur la photo, de Hélène Gestern, Stoner, de John Williams et traduit par Anna Gavalda : deux lectures récentes, deux livres discrets et délicieux, si dissemblables. Et pourtant...

***

Eux sur la photo raconte une quête et se présente sous la forme dynamique d'une correspondance, elle-même rythmée par les descriptions minutieuses de quelques photographies.

Hélène n'a jamais vraiment connu sa mère, morte en 1972 quand elle était encore très jeune, et dont personne n'a jamais pu ou voulu lui parler. Alors, quand elle découvre un vieux cliché où sa maman apparaît aux côtés de deux hommes inconnus, elle a l'idée de le publier, accompagné d'une petite annonce, au cas où quelqu'un, par hasard, reconnaîtrait un personnage du groupe... Et c'est exactement ce qui se passe... Ainsi débute une sorte d'enquête surprenante où se démêle au fur et à mesure la pelote du passé. Mais, parallèlement, le poids du présent augmente, avec ses silences qui deviennent oppressants, et ses non-dits qui empoisonnent les rêves d'Hélène. Le fardeau est familier, certes, et encore invisible. Gagnera-t-elle vraiment à fouiller dans les mémoires ? C'est tout un cheminement, semé d'hésitations et de doutes que l'auteure nous invite à accompagner et à comprendre, en un premier roman chargé d'émotion, de pudeur autant que de rage, et tellement gorgé d'amour...


Le roman de John Williams ressemble, lui, à une biographie, celle de William Stoner, né dans une ferme à la fin du dix-neuvième siècle, dans le Missouri.

Ses parents, très pauvres, avaient espéré qu'il reprenne leurs terres une fois ses études d'agronomie achevées... Seulement voilà, leur fils ne quittera jamais l'université, car il y tombe amoureux, presque par hasard, de la littérature, « des combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants... ». Stoner devient enseignant, « passeur », se réfugiant dans la lecture à chaque étape difficile de sa vie, quand il aura besoin de recouvrer la paix. Son existence se déroule, banale, celle d'un professeur sensible et droit, emplie de rêves d'amitié et d'amour, et malheureusement jalonnée d'espoirs déçus... Il ne se passe pas grand chose finalement au cours de son parcours terne et si provincial, mais la représentation et la découverte en demeurent passionnantes, du début à la fin, grâce certainement au style original de l'écrivain et à sa remarquable adaptation en langue française.

***

Eux sur la photo et Stoner, récits conçus autour de l'amour, quêtes ici de racines ou là d'idéal, ont en commun la richesse et l'élégance des écritures, mais aussi les silences et les apparences qui minent la vie de leurs héros ordinaires. Comme on aime reprendre ces ouvrages, pour se retrouver un moment auprès d'Hélène et de son correspondant, ou auprès de William, dont on a partagé si intimement bonheurs et tourments ; comme on aime en relire les mots, simplement pour le plaisir !

lundi 19 décembre 2011

approche

L'automne se décourage
Les dernières feuilles meurent
Sous la première neige

Comme ce fin duvet sur toit
Le temps glisse et fond
L'hiver est à l'approche

dimanche 18 décembre 2011

youpi

Je me souviens... d'une histoire de Noël lue dans un album lorsque j'étais enfant, où des animaux (longtemps j'ai pensé qu'il s'agissait seulement de chiens) rapportaient chez eux un sapin, en le traînant car il était de bonne taille et d'imposante envergure. Une fois arrivés dans leur chalet, ils s'apercevaient que l'arbre était effectivement beaucoup trop haut ! Ils avaient bien réussi à caler la base, puis à le dresser, mais la cime rebiquait contre la voûte du salon, donnant à l'ensemble une allure ridicule, désastreuse...

Après quelques minutes de panique et d'interrogations, l'un des compères filait soudain pour réapparaître équipé d'une scie ! Grimpé sur une échelle, il se mettait à découper un trou dans le plafond, suffisamment large pour laisser passer le sommet du sapin et  permettre à celui-ci de récupérer sa fierté naturelle.


Imaginez le bonheur des souris du grenier ayant pu profiter à cette occasion d'un bout d'arbre à décorer ! Je ne vous en dis pas plus, peut-être tomberez-vous un beau jour sur un exemplaire de cette histoire, dans une brocante de livres : la suite réserve encore des surprises, Père Noël, farces et feux de Bengale ! Mais il me semble que le récit de la scène ci-dessus peut suffire à régaler quelques jeunes oreilles...

Pendant des années, à chaque Noël, j'ai pensé à cette drôle de situation qui m'avait tant impressionnée ; dans ma tête je voyais nettement l'image de cette pièce où manquait une bonne rondelle de plafond. Et j'ai fini par retrouver le texte de cette aventure, en librairie, dans les années 1990, sous le titre Le Noël de Pouf et Youpi réédité chez Hachette, hélas en petit format. J'ai redécouvert à ce moment-là que le chat blanc et le cocker marron étaient les amis d'une fillette appelée Caroline, et que ces trois personnages avaient été, parmi d'autres, imaginés par Pierre Probst...

A ne pas confondre avec Martine, Moustache et Patapouf, créés par Gilbert Delahaye et Marcel Marlier ! Bon, d’accord, Caroline, Martine, ont le même âge, toutes deux nées en 1953... Juste un peu vieillottes !

jeudi 8 décembre 2011

artifice

A l'occasion de la Fête des lumières, à Lyon, du 8 au 11 décembre...

                                                            La lumière n'a pas de lumier
                                                  Et le plumier vit sans plumière ?
                                        Deux célibataires ! Marions-les !

Écrivons les chimères,
          les espoirs colorés,
                    les profils éphémères,

                                          les pierres enchantées,
                                                    la danse du rayon vert,
                                                              les monstres éveillés...

                                                                      Du ciel jusqu'à la terre,
                                                                                que de rêves graffés
                                                                                          à l'encre de lumière !


Voici quelques p'tits mots à relire pour l'occasion, entre deux escapades nocturnes : lumignons (2010), lumières (2009), lumière (2008), et pourquoi pas quais(1), quais(2)...

Les Grandes Espérances - Bâtiment des Archives Municipales

vendredi 2 décembre 2011

piège


Ce piège en 2011 signes représente une contribution "naturelle" au concours proposé par la Biennale d'art contemporain autour d'une "terrible beauté"...

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Je crache, je m'agite. Mes pattes et mon unique paire d'ailes ne me sont au sein de ce liquide d'aucun secours. J'étouffe. Dans ma tête passe un drôle de film : ma petite existence, si légère, si insignifiante, ne méritait pas de se terminer comme ça !

Certes ne suis-je pas la plus fine ! Pour ma défense je dirais que rescapée d'une éclosion confuse j'ai dû, comme chacune de mes sœurs, choisir une direction et me débrouiller. Les mouches n'ont pas de rapports sociaux, c'est dommage. De ce fait, nous ne bénéficions d'aucune expérience ni de conseils. En ce qui me concerne la chance m'a souri car j'ai vite élu domicile dans une ferme et pendant quelque temps hanté ses hangars et ses cours. Naturellement attirée par les odeurs fortes, j'y étais comblée de sensations.

Je ne sais ce qui m'a pris ce matin de vouloir visiter les environs. Guidée par un puissant arôme, enivrant, très différent des senteurs familières, je me suis retrouvée au-dessus d'un immense champ pourpre. Quel enchantement ! Émergeant de la tourbe, en cette aube douce, d'élégantes fleurs, hautes sur tiges, s'appliquaient à déployer leurs coupes odoriférantes et leurs ombrelles. Un ravissement ! Une tentation insupportable ! Et moi, la gourmande, je les ai butinées sans méfiance, jouant de la trompe et régurgitant à plaisir.

Puis j'ai remarqué, un peu plus bas, d'étranges feuilles : des urnes verticales, à l'aspect marbré, au ventre bombé et prometteur. Leurs couvercles, comme des casquettes négligemment rabattues, laissaient un passage suffisant. Pourquoi pas ? Curieuse, j'ai volé jusqu'à la visière la plus proche. Après avoir observé la cavité profonde seulement remplie d'eau claire, déçue, j'ai voulu repartir : hélas, impossible de progresser à rebrousse-poil. Bel et bien piégée, renvoyée à chaque effort vers l'intérieur, je suis finalement tombée...

Ces plantes sont cruelles. Mais j'ai compris. Elles ont besoin de moi ! Je les nourris pour qu'elles renouvellent leur terrible beauté. Je ne me débats plus. Je meurs.

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Pour en savoir plus, vous pouvez visiter, au Jardin Botanique du Parc de la Tête d'Or, la serre des plantes carnivores et profiter de son parcours très pédagogique ; sinon vous trouverez grâce aux quelques liens donnés des informations sur la sarracénie pourpre, les pièges des plantes carnivores... et aussi sur les mouches.

dimanche 27 novembre 2011

lignes


Portée par les vagues,
je me laisse aller...
Lignes d'horizon...


Au gré des lignes
et parcourant l'espace,
je me dé-temps...


(D'autres lignes ou des motifs dans quelques précédents p'tits mots : avril, chiner, dioïque, écrire, motifs, prince.)

samedi 19 novembre 2011

terrible

Cette expo-là, elle est terrible !

Sur le Plateau, à l'entrée du siège de la Région Rhône-Alpes à Lyon, sont réunies quelques créations d'une douzaine d'enfants terribles de l'art contemporain, artistes travaillant aux USA (Robert Williams, Todd Schorr, Jeff Soto, Joe Sorren, Caïa Koopman, Victor Castillo), au Canada (Ray Caesar), au Japon (Naoto Hattori), en Australie (Reg Monbassa) ou en France (Robert Crumb, Nicolas Thomas, Odö).



Chaque sensibilité peut y trouver son compte... Pour ma part j'avoue avoir été fascinée par les graphismes foisonnants d'Odö ainsi que par l'univers de Jeff Soto dont il ne faut absolument pas manquer le "chat terrible" réalisé pour l'occasion sur un mur de l'ancien marché gare, tout proche de l'Hôtel régional.



Et regardez bien tout au bout du mur, mais aussi au sol avant la plaque... car j'ai eu beaucoup de chance ce jour-là. Et cha-cha-cha !















Pas mal non plus le complice du Parc Sutter, à la Croix-Rousse :


Alors comme chat oui, j'adore la Biennale !

vendredi 18 novembre 2011

suspension


Si les points de suspension laissent vagabonder l'imagination, celle-ci pouvant accommoder le futur à sa guise, les mots suspendus, eux, paroles en l'air, émotions un moment retenues, flottantes, dessinent en se reposant une réalité brutale, un avenir imposé.

Le phénomène me rappelle un peu l'histoire, écrite ici l'an dernier, de cette jeune femme pressée qui se retrouvait pour quelques instants comme dans une bulle...

jeudi 10 novembre 2011

courge

Trop déçue d'avoir raté l'expo de courges dans les grandes serres du Parc... j'ai "traité" le sujet, à ma façon :



Quelle tête de courge !
Quel cornichon !
Heureusement qu'il a pas le melon !







 
d'après la composition originale :

mardi 8 novembre 2011

envolée

Quelle histoire !

Vous ne m'avez sans doute pas connue ; peut-être m'avez-vous vue, une fois, à l'occasion d'une visite, mais je ne vous ai pas laissé de souvenir notable. On vous montrera des photos, ça fera l'affaire.

Quand la chose extraordinaire et inimaginable est arrivée, j'étais installée depuis de nombreuses années déjà au dernier étage d'un immeuble, au cœur du quartier dit chic d'une grande ville que vous reconnaîtrez sans doute. Enfin c'était quand même une drôle d'idée d'avoir choisi précisément cette situation en hauteur... J'y étais locataire d'un majestueux espace. Quant aux propriétaires de l'endroit, ce furent successivement deux couples et leurs enfants. Seul le fils de la première famille s'amusa de ma présence. Ensuite, il faut bien l'avouer, on ne me sollicita plus qu'en quelques circonstances exceptionnelles et souvent festives.

Certes je vivais dans un certain isolement et pouvais rester repliée sur moi-même pendant des semaines. Ayant toujours été exposée, du fait de ma fonction, difficile à emballer, de par mon envergure, devenue fragile avec l'âge, je souhaitais vraiment, vers la fin, qu'on me fiche la paix, qu'on ne m'oblige surtout pas à voyager, à partir ; j'avais notamment de plus en plus peur qu'on me roule. J'étais marquée, abîmée, ravagée par les vicissitudes du temps. Mais je laissais dire ; on pouvait bien multiplier les critiques, proposer des solutions pour que je débarrasse le plancher, j'étais bien là où j'étais et comptais bien y rester le plus longtemps possible.

J'ai toujours éprouvé un plaisir particulier, égoïste, à entendre les visiteurs s'extasier sur le paysage qu'ils pouvaient contempler de ma terrasse : ils trouvaient la vue « absolument époustouflante ». Ah ! Ils auraient bien voulu en jouir au quotidien, avec ou sans moi. Ils commençaient par tourner la tête dans tous les sens, déboussolés par cette forêt environnante, hétéroclite et désordonnée, composée d'édifices en béton ou de toits pentus, en tuiles, aux lucarnes plus ou moins proéminentes, longés de gouttières difformes, plantés d'innombrables cheminées, elles-mêmes prolongées d'antennes disparates... Puis les curieux détaillaient le panorama et énonçaient invariablement les mêmes noms : ils parlaient d'Oxygène et de Crayon, d'Opéra et de Basilique, de Tête et de Monts d'Or !

Et tout ça sans pollution sonore, estimaient-ils, surpris ! Question bruit, je peux vous dire que ça pétaradait pourtant pas mal en juillet ou en décembre et il y avait du monde à mes côtés pour assister aux feux d'artifice, mais habituellement c'est vrai, c'était plutôt calme et je ne percevais, venant d'en bas, qu'une rumeur inégale de moteurs, un bruit de fond que j'oubliais facilement. Des klaxons, des cris, en faisaient reprendre conscience par instants. Dans le ciel, bourdonnait de temps à autre un étrange insecte métallique mais ce sont les bandes de joyeux martinets, les soirs d'été, qui m'ont le plus enchantée et me restent en mémoire.

L'hiver, je savourais la légèreté des flocons, la douceur cotonneuse de la neige qui me protégeait des morsures du froid. Je préférais cela à la grisaille des jours de pluie ou encore aux agressions du soleil quand il écrasait la ville de canicule ! Mais ce que je redoutais le plus était le vent qui sévissait hélas en toute saison ! Au neuvième étage, il soufflait toujours avec violence : j'en ai essuyé des tempêtes !

Eh bien justement c'est le vent qui a eu raison de moi. Une bourrasque venue du sud s'est insinuée là où je paressais, dans une sorte de couloir entre le sommet de la cage d'ascenseur et le pignon de l'immeuble voisin ; puis elle s'est engouffrée entre mes pieds, sous mon plateau large et plein. Elle m'a littéralement soulevée. Dans un fracas monstrueux j'ai été projetée contre un des murets bordant la terrasse puis me suis retournée en écrasant le grillage de sécurité, et enfin je suis descendue en piqué tout le long de la façade, frôlant à peine les balustrades et les balcons, atterrissant dans un dernier râle tonitruant au milieu d'une cour gravillonnée. Lieu heureusement désert et inaccessible, le seul où je pouvais tomber sans faire de mal à personne, à deux mètres d'une verrière de supermarché. J'étais démantibulée mais au moins l'unique victime. Inimaginable...

Il y eut du monde à me regarder ainsi démembrée, à s'apitoyer, à poser des questions, à imaginer ce qui aurait pu arriver, de bien pire... Ma dégringolade a provoqué quelques cauchemars mais je sais aussi qu'elle est à l'origine de rencontres au sein de mon immeuble, entre personnes qui sans moi n'auraient jamais eu l'occasion de se parler. Car il a bien fallu me récupérer : en escaladant la fenêtre d'une ancienne loge, ils s'y mirent à plusieurs pour me scier, me débiter, m'évacuer...

Les objets ont une âme voyez-vous qui reste là où ils ont vécu le plus longtemps, là où ils se sentaient bien. Mon âme est donc établie là-haut pour toujours : on y parle souvent de moi, on me raconte, on compare ma chute à celle d'un certain piano de publicité, on évoque un ange gardien... Lourde table née pour le jeu, encombrante certes, mais sage et pratique pour l'appoint, meuble d'extérieur somme toute banal, mon involontaire envolée finale et décisive m'a fait entrer dans une légende, au moins familiale...












mercredi 26 octobre 2011

zèbre


Un plaisir de les retrouver sur la plaine africaine : ils sont trois, Belinda, Kaliv et Flicka, arrivés cet été ! Bon, il faut les mériter, c'est vrai : quand ils sont de sortie, les drôles ont tendance à vous inviter à une partie de cache-cache...



Zèbre, y es-tu, que fais-tu ?
 - Je mets mon costume...
et ne l'ai enfilé qu'à moitié !






"Un seul zèbre vous manque...", titrait un journal il y a quelques semaines ! Au Parc de la Tête d'Or, il n'y avait plus de ces ravissants animaux depuis 2008, quand il avait fallu transférer dans un autre zoo le seul zèbre survivant d'une rare et sévère épidémie... J'avais évoqué leur absence au cours d'une promenade avec un petit héros, Sammy, en février 2009 : parc (1), parc (2)

Promenons-nous dans la plaine... pendant que le zèbre y est...

mardi 25 octobre 2011

intergénérationnel


L'inter-génération, évidemment c'est possible ! Ou ce que je souhaite retenir de la semaine bleue 2011...


Vieillir ensemble, bien vieillir... : des formules titres pour des animations, débats et tables rondes au cours de cette semaine bleue.

"Vieillir" ! Allons, c'est normal ! Cela signifie que nous sommes vivants, que la vie suit son cours : vieillir c'est vivre et l'on sera toujours l'aîné ou le cadet d'un autre qui poursuit lui aussi et au même rythme son petit bonhomme de chemin. Alors disons que nous cherchons à vivre ensemble, et à bien vivre !

La retraite n'annonce pas la vieillesse, il n'y a pas de vie « active » et de retraite « passive ». Chaque vie est un parcours, évidemment composé de phases différentes, et jalonné d'obstacles ; toute notre vie nous agissons, nous évoluons, nous avançons. C'est l'âge qui peu à peu induit des soucis spécifiques, plus ou moins tôt, plus ou moins importants selon les individus ; avec les années, des handicaps très divers s'amplifient, avec lesquels il faut compter dans le déroulement du quotidien. La dépendance à accepter, les difficultés à dompter, modifient forcément notre comportement, notre disponibilité, notre image.

Mais chaque être a sa place, et sa voix, au sein d' une famille, dans son immeuble, dans son quartier, dans la ville, dans la société ; chacun, riche de sa propre expérience, possède des savoirs, est animé de passions, tout en ayant encore tant de choses à apprendre, à découvrir. Il est donc essentiel de favoriser les échanges, les rencontres, afin que l'on puisse s'affirmer, à tout âge, un parmi d'autres, tous associés dans les plaisirs et les rigueurs du monde. On se sent tellement plus forts à plusieurs.

Concernant le logement et l'habitat, nous ont été présentées des actions intergénérationnelles fort séduisantes, porteuses d'un objectif de lien social, de partage... En voici deux exemples :

  • un projet de résidence initié par le GIHP, groupement pour l'insertion des personnes handicapées physiques,
  • les propositions de partage développées par le réseau Pari Solidaire...

Il n'y a pas de recette miracle unique et collective pour améliorer une situation personnelle ou lutter contre l'isolement, mais de multiples adaptations et des possibles pour chaque individu. En communiquant, et internet peut contribuer à faire circuler l'information, en cherchant à faire connaître les solutions qui pourraient convenir à l'un, à l'autre, nous donnons aux personnes le choix de leur vie, de leur avenir.

Se sentir vivre...Vivre ensemble, bien vivre, en restant solidaires, c'est pour tous les âges...

jeudi 20 octobre 2011

bistanclaque


A propos du roman Le sang des bistanclaques, par Odile Bouhier, aux éditions Presses de la Cité...


Lyon, 1920... Deux cadavres de vieilles femmes, l'un comme l'autre ligotés, viennent d'être découverts ; avant de grossièrement les emberlificoter, l'agresseur a de toute évidence torturé et violé ses victimes, leur perforant également le larynx pour y placer un fil de soie !

Qui sera le mieux à même d'élucider ces meurtres atroces, qui saura débrouiller l'écheveau ? Le vicelard mais efficace inspecteur Legone peut-être, des Brigades du Tigre ? Pourtant l'enquête patauge, surtout lorsque le Tricoteur (tiens donc !), arrêté et suspecté à l'occasion d'un nouvel homicide assez semblable aux précédents, se voit mis hors de cause. Le procureur doit admettre la nécessaire participation du service scientifique de la police judiciaire dirigé par le commissaire Kolvair, rescapé des tranchées, assisté du professeur Hugo Salacan, criminologue et chercheur, ancien élève d'Edmond Locard.


Odile Bouhier compose sur cette trame un polar alerte et foisonnant, au goût d'experts à la sauce classique, très française, et dont on espère sincèrement, dans un prochain épisode, retrouver les héros, même les moins sympathiques...

Le lecteur ici n'échappe pas, en prime, à la naissance d'une discrète et tendre histoire d'amour entre spécialistes sur la même longueur d'ondes. Mais surtout il prend du plaisir à accompagner les divers personnages, recommandables ou non, dans leurs pérégrinations, à pied et quelquefois en voiture, le long du Rhône, en bord de Saône... Il arpente avec eux les rues de la presqu'île, monte jusqu'à la Croix-Rousse ; il emprunte les fameuses traboules, visite de jour ou de nuit les quartiers de Saint-Georges, Saint-Jean, Saint-Paul, et leurs bouchons, s'aventure sur la colline de Fourvière... Les différentes investigations servent de prétexte à l'évocation de noms célèbres, d'événements historiques, de traditions soyeuses et gastronomiques, de lieux en devenir, d'anecdotes. L'ouvrage mériterait vraiment de figurer dans les prescriptions du guide du Routard...


Ce livre si complet, paru dans la collection Terres de France, est malheureusement desservi par une couverture trop neutre, à l'allure de carte postale arrangée, banale et colorisée, inscrivant seulement le roman dans son époque. En revanche le titre, lui, noyant la couleur sang dans une sorte de vacarme, interpelle, intrigue, attire la curiosité. Laissez-vous faire ! Les sensations seront supportables ! Qui n'aura pas envie, ensuite, de programmer la visite d'un atelier de canuts, pour vérifier en situation les bruits caractéristiques produits par la mise en branle des derniers métiers à tisser manuels, et entendre ainsi en direct le son des bistanclaques ?

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Quelques liens supplémentaires :
- le blog construit autour du personnage Victor Kolvair,
- le site de la Maison des Canuts,
- les informations sur le prochain Marché des soies,
- deux p'tits mots racontant une expérience personnelle d'élevage de vers à soie : soie (1), soie (2).


lundi 17 octobre 2011

correspondances

                                          
                    Chers lecteurs,



Ça y est, j'ai bouclé ma "lettre" de contribution à la grande mognoterie, testant ainsi la contrainte du mois. Rendez-vous donc sur le site de l'atelier pour découvrir Le médaillon du poète, ce texte contenant aussi un "idéal" afin de jouer le jeu presque jusqu'au bout !



Voici quelques compléments d'explication, pour ceux qui le souhaitent... J'ai choisi pour médaillon une œuvre que l'on peut admirer parmi les Objets d'Art et Sulptures du Musée des Beaux-Arts de Lyon : d'une forme gravée dans la pierre, ronde, parfaite, émerge un Buste de femme. Le même motif, en bois, surmonte le portail d'entrée du bâtiment côté Place des Terreaux.



Quant aux Amants heureux, de Courbet, que mon "poète" mentionne également dans sa lettre, la toile est visible dans notre Palais Saint-Pierre tandis que le dessin du même couple, à l'encre, est exposé dans une vitrine du Musée Courbet à Ornans...



En septembre 2009, j'avais déjà concocté un rendez-vous au Musée... Deux p'tits mots, deux épisodes - rendez-vous (1), rendez-vous (2) -, un échange de mails pour une histoire un peu plus légère et mystérieuse. C'est dans le cadre des rencontres Au fil de l'écriture, en 2010 et 2011, que j'ai plus tard imaginé des lettres (Vinaigre, Lettre à Anémone), ou participé à quelques correspondances fictives (En quête d'origine, Courrier littéraireLa lettre du comte de Varax).

L'écriture épistolaire est un exercice complet, création de personnages, définition d'un sujet, recherche d'une référence commune justifiant une connexion entre les individus ! Sans compter qu'il est très confortable de se mettre dans la peau de celui qui exprime, qui réclame, qui informe, qui supplie, qui charge ! La belle occasion parfois pour libérer des émois personnels sous couvert de romance et saupoudrer ainsi l'affaire de quelques touches d'intime...

Mais je vous laisse à votre provision de lectures, moyens et longs courriers...

A bientôt,


                               Martine

vendredi 14 octobre 2011

seniors


La semaine du 17 au 23 octobre sera bleue... Comme chaque année à la même période, de nombreuses animations sont programmées, partout en France, organisées par les associations et les municipalités. Ces rencontres ont pour but d'apporter aux seniors, aux aînés, toutes les informations dont ils pourraient avoir besoin ou envie pour mieux vivre au quotidien dans leur quartier, se nourrir, se soigner, se divertir, se cultiver... Ces informations sont aussi précieuses pour les "aidants", soutiens de personnes âgées plus ou moins dépendantes.

Voici plusieurs liens de circonstance :

- le site national de la Semaine Bleue

- mon p'tit mot en 2010 : label

- mon p'tit mot en 2009 : cadeau

- le programme de la Semaine Bleue 2011 à Lyon

Au cours de la séance d'ouverture de la Semaine Bleue, lundi 17 octobre, sera signée la Charte de la cohabitation intergénérationnelle entre la Ville de Lyon et les associations.

Pour expliquer le fonctionnement de la Bib' à Dom' (la Bibliothèque à Domicile), je serai à la Bibliothèque de la Duchère dans le 9ème arrondissement de Lyon les mardi 18 et vendredi 21 octobre à partir de 15h, accompagnée d'une lectrice à haute voix.

Le jeudi 20 octobre après-midi, je participerai dans le 3ème arrondissement, au Centre social Bonnefoi, à la présentation des travaux de l'inter-commission seniors des conseils de quartier : charte concernant "le senior en déplacement dans son quartier" et aménagement de mobiliers urbains pour des pauses temporaires.


Où que vous habitiez en France, n'hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie pour connaître en détail ce qui se passe près de chez vous au cours de cette Semaine Bleue...

lundi 10 octobre 2011

octobre

Octobre en brumes, mois à rhumes
Octobre en bruine, hiver en ruine... dit-on.

Pas très sympa tout ça ! On a envie d'en rajouter, histoire de conjurer le sort :

Octobre en brouillard, mois de cafard
Octobre en smog, hiver à grogs

Octobre en gelée, mois à frissonner
Octobre en glace, hiver en grimaces

Octobre en brise, mois qui défrise
Octobre en tempête, hiver en dettes

Octobre en vent, mois de tourments
Octobre en tornade, hiver en capilotade

Octobre en pluie, mois à soucis
Octobre en averse, hiver en controverses

Octobre en giboulée, mois à ramer
Octobre en grêle, hiver en querelles

Octobre en grisaille, mois en pagaille
Octobre en cumulus, hiver sans tonus


Cependant, vu le temps cette année, on peut rêver non ? Je préfère conclure ainsi, par exemple :

Octobre en soleil, mois plein d'oseille
Octobre en douceur, hiver en débardeur...

lundi 26 septembre 2011

douceur


Échappée toute en douceurs, activités et météo, le week-end dernier, en Franche-Comté...

De la dixième édition des mots Doubs, à Besançon, je conserverai le souvenir de quelques rencontres magiques, entre autres avec Richard Bohringer et Daniel Picouly offrant des lectures émouvantes et passionnées. Ces délicieux partages de textes et d'idées communiquaient des plaisirs pour le moins variés et tous étaient ponctués d'encouragements non seulement à lire mais aussi, et surtout, à s'exprimer par l'écriture.

Donnez donc vos mots doux
des ronds des beaux des fous
dites tout
le quotidien la vie
la mémoire l'enfance
le désarroi la colère
les envies les rêves
écrivez écrivez



... Débats dans l'air...
Entre les tables rondes
papillonnent les mots








A Ornans, après avoir visité le nouveau Musée Courbet, une promenade en ville et le long des berges fleuries de la Loue m'a permis de découvrir cette enseigne craquante, ou dirait-on croquante, invitation originale parmi les livres, et les écrivains :


Tout rat qui s'entête
à grignoter tant de mots
ne peut qu'y laisser des plumes

__________

A propos de Courbet, de la lecture... Connaissez-vous ce Portrait de Juliette, réalisé en 1841, qui représente la petite sœur de l'artiste endormie sur un livre ? Si paisible...

vendredi 23 septembre 2011

échappées


Étrange ce mois de septembre ! Comme si cette année le temps de rentrée n'en finissait pas. Je peine à retrouver mon rythme et reconnais une sorte de paresse automnale... qui me pousse à multiplier les échappées. Belles évidemment, et dont j'essaie d'organiser doucement les impressions.

Échappées... Un joli mot, complice, au goût de fugue, de gagne, et de lumière aussi. Plutôt optimiste, finalement !

Alors, à suivre...

mercredi 14 septembre 2011

tricoteuse


Je rêve d'écrire ne serait-ce qu'un petit polar bien sanglant et glauque. Mais pour l'instant, préoccupée par une collection d'aiguilles, je ne parviens qu'à habiller quelques personnages...


Lyon Minut', mercredi 14 septembre...

D'après nos sources les plus fiables, la "tricoteuse" serait sur le point d'être enfin identifiée par les services de la PJ, grâce à l'intervention de leurs experts scientifiques désormais incontournables.

Rappelons brièvement les faits ! Depuis le début de l'année, six messieurs d'âges divers ont été assassinés à leur domicile en notre bonne ville : assommés puis comme embrochés, selon le même rituel, sur de longues aiguilles à tricoter ! « L'œuvre de mains féminines ! Indubitablement ! », avait décrété le célèbre commissaire Grasset sur chaque scène de crime. Assertion confortée par la découverte d'éléments essentiels reliant les défunts : dans les armoires de tous ces infortunés on a trouvé, en effet, de confortables pull-overs à la matière et à la forme similaires, différant seulement par la couleur et la taille... La tricoteuse attentionnée ne semblait pas difficile question modèle : deux hommes étaient menus, trois autres plutôt charpentés et le dernier carrément obèse. Les outils pointus qui transperçaient les abdomens plus ou moins proéminents des victimes ont-ils servi préalablement à la confection des chandails ? De quoi faire frémir...


La recherche d'ADN sur les doux vêtements, ainsi que sur les mortels accessoires, s'est de toute évidence avérée fructueuse ! Voilà donc une enquête en bonne voie de résolution ! En attendant, Messieurs, restez vigilants, au cas où l'une de vos récentes maîtresses, douée pour les travaux manuels, vous ait gentiment laissé un souvenir en mohair ! Car il semblerait que notre tueuse locale se soit fixée la tâche d'éliminer chaque ancien amant, pour faire table rase du passé...


Nous espérons pouvoir vous annoncer dès le prochain article l'arrestation de cette abominable tricoteuse en série....

mardi 6 septembre 2011

rhum-e

Zut, ça y est, j'ai le nez qui s' bouche !
Je sens les larmes, elles montent aux yeux...
Et c'est parti, j'explose !

Qu'est-ce que tu dis ? A mes souhaits ?

Excuse mais là, faut que j' me mouche...
T'aurais pas un kleenex, ou bien deux ?
Des tout doux, même des roses ?

Que les tiens se réalisent !

C'est encore pire quand je me couche !
Et maint'nant j'ai la gorge en feu...
J' me sens vraiment tout' chose.

Quoi encore ? A mes amours ?

Là j' t'embrasse pas, personne me touche !
On va attendre que j'aille bien mieux.
T'inquiète, oui, je m' repose...

Que les tiennes durent toujours !

Mes grogs j' vais les boire à la louche !
Dès qu' mon p'tit corps s'ra moins fiévreux,
C'est promis je r'prendrai la prose...

Tu m'diras pas crève charogne !
Na !

mercredi 24 août 2011

épine

Où se mêlent une récente lecture, des tireurs d'épine, la canicule, la rentrée scolaire, ainsi que la rumeur de prochaines guerres des boutons...

Nous sommes plutôt vers la fin du siècle dernier, dans un village de campagne où subsiste une école aux airs désuets de communale... Hors périodes de vacances, on y voit les gamins s'égailler joyeusement dans les ruelles après la classe, regagner en bandes bruyantes leur maison du bourg ou la ferme voisine. D'autant plus en ce lundi de rentrée scolaire, alors que l'été joue les prolongations et s'étire en canicule !

Ce soir, les garçons les plus âgés, les vieux du cours moyen, ont jeté au passage leurs cartables par-dessus  les  portails, vite fait pour ne pas être retenus par les mères ; ils ont décidé qu'ils avaient bien trop chaud pour entamer si tôt leurs devoirs et se sont précipités sur le chemin de la rivière. Les garnements, arrivés au bord du cours d'eau, s'apprêtent à y planter les guiboles et envisagent même, pourquoi pas, de piquer une tête aux endroits les plus profonds. Trop tentante, par cette chaleur, la fraîcheur de l'onde... Ils se déshabillent promptement ; ils sont tout nus maintenant qui s'aspergent et chahutent et crient... Les rires résonnent alentour. Là où ils ont pied, ils cavalent, ils cachent-cachent, ils s'ébrouent, improvisent une course...

Un des gamins, le seul qui n'ait pas le crâne tondu pour cause de rentrée, celui dont la maman chérie préserve les cheveux mi-longs et bouclés, s'est aventuré en amont, slalomant entre quelques rochers ; on le désigne, on l'éclabousse, il cherche à échapper à ses poursuivants. Le fracas de l'eau le grise, l'assourdit, il met du temps à se rendre compte qu'il les a semés... A moins qu'eux plutôt aient lâché l'enfant à l'allure trop sage... Quand il s'arrête soudain et se retourne, le silence l'effraie d'abord, puis il grimpe sur la rive et se fraie un tunnel dans les herbes hautes et les pierres jusqu'à l'endroit où ils ont tout à l'heure laissé leurs affaires... C'est là, près de cet amas de branches qui avaient servi cet été à la construction d'une cabane provisoire ! Hélas, la bonne blague, il doit se résoudre à constater que les autres, ces affreux jojos, ont embarqué ses vêtements, tous ! Il ne reste plus rien, ni culotte, ni chaussures, rien !

Et par-dessus le marché, voilà qu'il sent une douleur sous un pied, comme une aiguille lui transperçant la chair. Il sanglote, il a mal, il se sent perdu, abandonné, bizarre. Dans un élan furieux il se redresse et tente quelques pas pressés sur le sentier qui repart en direction du village. Mais obligé d'avancer à cloche-pied, il ne va pas bien loin. Il s'arrête, s'assoit sur un rocher, plie la jambe et précautionneusement pose la cheville gauche sur sa cuisse droite, se penche. Il n' a même pas besoin d'écarter de ses yeux les boucles de sa chevelure ; d'habitude elles l'importunent, mais là elles sont encore humides et collées sur son crâne comme un casque ! Il inspecte la plante de son pied, souffle pour dégager la terre et enlève délicatement quelques bouts de feuilles ; il distingue aisément le petit point noir qu'il presse entre ses ongles, exactement comme sa maman lui a appris à le faire. Les yeux pleins de larmes, il recommence plusieurs fois, il grimace un peu, il s'acharne et parvient enfin, mais oui, à retirer l'infime brindille.

Pour autant, cela ne résout pas  l'autre problème, et non le moindre : car il lui faut retourner à la maison ! Il peut certes marcher sous le couvert des arbres sans voir personne pendant un moment ; en faisant attention, ce doit être possible. Mais après ? Il lui faudra remonter la Grand-Rue, et là impossible d'éviter de rencontrer un villageois, sans compter ceux qui peuvent le reconnaître quand il passera sous leurs fenêtres ; il vont l'interpeller, se moquer, prendre leurs voisins à témoin ! Puis il faudra traverser le jardin, et affronter Maman... Comment lui expliquer ? La honte ! Il en veut aux copains, il les maudit, il pleure encore, se ressaisit, pose le pied gauche à terre, amorce quelques pas, un test. Des spasmes de chagrin encore. Mais ça va. Le courage revient. Pas d'autre solution. En route ! Il avisera.

Là-bas où se croisent l'allée de terre et la rue goudronnée, quelque chose bouge, quelqu'un – non, pitié, pas elle ! - qui agite les bras et s'approche en courant. Le garçon se jette derrière un buisson, ça pique, ça griffe, mais il sait que la fille l'a vu, la grande gigue comme tous ici l'appellent. C'est l'élève la plus grande, la plus vieille, la plus bête de l'école, une drôlesse qui se mêle de tout, une enquiquineuse. Mais ce sont bien ses sandales à lui qu'elle brandit là, son short, la chemise neuve de rentrée, et son caleçon aussi. On dirait bien qu'elle va lui sauver la vie... Mais à quel prix, se demande-t-il ? Pour rien ! lui dira-t-elle plus tard, juste parce qu'elle l'aime bien, parce qu'elle avait vu la bande partir à la rivière, puis revenir sans lui et balancer leur minable larcin sur un banc du square de la mairie, en passant ; ce n'était pas bien difficile de deviner... Ni de le trouver, vu que les ratiboiseurs avaient arraché et semé ses boutons sur leur chemin de retour...

Ainsi la scène ne finit pas trop mal, peut-être même est-ce le début d'une douce camaraderie entre deux enfants du pays, une amitié née d'une reconnaissance et qui leur tiendra chaud au cœur, longtemps.

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Après avoir lu une curieuse nouvelle de l'écrivain allemand Ferdinand von Schirach dans son inquiétant recueil intitulé Crimes, je suis allée ces jours-ci revoir le tireur d'épines exposé au Musée des Beaux-Arts de Lyon et qui fut sculpté en 1829 par Abel Dimier (1794-1864).















Il existe de nombreuses représentations du tireur d'épine dont la plus célèbre, en bronze, est exposée au Musée du Capitole à Rome. Les copies sont souvent très fidèles mais la pose diffère parfois légèrement, ou la matière ; les répliques sont de marbre, de terre cuite, et l'on trouve aussi de nombreux moulages.

Dans son récit, Ferdinand von Schirach raconte la vie étrange d'un homme qui fut employé par le musée de sa ville pour la surveillance d'une salle isolée. Au milieu de cette salle : une seule œuvre, une statue sans valeur particulière, un banal exemplaire d'un petit tireur d'épine... Oublié là, pendant des années, le gardien occupe docilement son temps à aller, venir, compter ses pas, mesurer la pièce, observer les visiteurs... Ni heureux, ni malheureux, il passe tout bonnement le temps, et se trouve plutôt satisfait de son existence organisée et sage. Jusqu'au jour où lui vient à l'idée d'observer plus précisément la sculpture, et cet examen suscite en lui, d'un coup, une question qui devient obsédante : le garçon a-t-il fini par la trouver, cette épine dans son pied ?

Je vous laisse découvrir, si cela vous tente, les suites et les résultats des investigations du gardien... Quant à moi, cela m'a donné envie de revoir notre tireur d'épine local, dans une ambiance caniculaire de rentrée scolaire et  cinématographique, et de broder une scène...

mardi 9 août 2011

éclaircie















Entre le port et l'île
La brise bienvenue
Et tout ce bleu...



Entre hier et demain
Quelques claquements de voiles
Et des battements d'ailes...















Une parenthèse en août
         Un envol provisoire
Une éclaircie...
 

vendredi 29 juillet 2011

fouets


(une raison comme une autre d'être optimiste...)

Victoire ! Joséphine vient de dénicher, totalement par hasard, dans un supermarché très spécialisé, le modèle qu'elle cherchait depuis des semaines : il est destiné à remplacer les instruments précédents acquis autrefois, à l'aube de sa vie conjugale... Ah ceux-là ! Madame s'en souvient avec tendresse, comme les témoins d'une époque magnifique ! Emménageant avec Momo dans leur premier nid d'amour, il avait bien fallu se munir d'un kit de base, dont ces outils essentiels, et à ce moment-là, c'est une forme caractéristique qui était à la mode, très facile à manœuvrer et remarquablement efficace.


Deux, au départ Josie en avait prévu deux, par prudence, car on ne mesure pas toujours sa force dans l'action n'est-ce pas... Ils auront admirablement rempli leur mission, et duré finalement très longtemps, ces compagnons régulièrement utilisés pour les préliminaires de réjouissances diverses, agapes plus ou moins spéciales, intimes ou conviviales. Hélas, il avait fallu renoncer à l'un d'entre eux et l'autre était devenu hors d'usage...

En effet le premier fut un jour confié, pour essai, à une paire d'amis particulièrement avertis, Mado et Léon, histoire de rendre service ! Joséphine et Maurice ne revirent jamais leur précieux objet, une bonne affaire pour sûr, impossible à récupérer ! Puis le second les avait lâchés, trop rompu, usé, épuisé de brasser en solitaire : devoir l'abandonner, ça leur avait donné un sacré coup...

Ensuite, eh bien il s'était avéré impossible d'en retrouver un semblable, possédant le même intéressant mécanisme, à moins d'acquérir un antique exemplaire sur internet et d'en payer les frais de port. Étaient-ils devenus si vieux jeu ? Ils testèrent alors quelques produits aux fonctions similaires... La forme classique, le torsadé ou à boule, au manche simple, les déçut, engageant trop de dépense musculaire. Les autres innovations électriques étaient vraiment trop bruyantes, leurs vibrations trop intenses, leur nettoyage trop délicat. On ne pouvait nier les bons résultats, mais quel intérêt sans les émotions peut-être désuètes mais uniques dans leur souvenir, et répondant à des exigences gourmandes ? Ils voulaient par exemple la prise optimale de l'engin, à deux mains, ou encore qu'il génère des émulsions douces et résiste à la chaleur éventuelle des corps où il serait plongé...

Mais tout semble arrangé et notre couple bien récompensé de sa patience... Josie compte bien profiter dès ce soir de sa tournoyante acquisition pourvue de l'indispensable engrenage ! Elle et son époux cherchent d'ailleurs de la compagnie, si vous voulez en être, et goûter... Promis, ça m'étonnerait que vous soyez déçus par le menu et surtout par le plat de résistance : cette omelette maison, de si bonne réputation sur la place, dont les ingrédients auront été battus avec amour à l'aide du fouet idéal !

mardi 26 juillet 2011

filigrane


en filigrane dessiner le mot...

sillonner la météo arrière

venir s'échouer en croissant horaire

sous les pavés de dunes ou de pub

coincer la bulle mazoutée du disque

se faire bronzer nature ou textile

se promener le long de l'amour

en filigrane deviner... la plage !

dimanche 17 juillet 2011

Gamine


Je vous invite à lire Gamine en vous rendant sur la grande mognoterie ! Profitez-en pour visiter... et consulter la charte de cet atelier d'écriture en ligne, ouvert à tous, où je propose de publier VOS textes construits à partir d'un thème.

Gamine est ma p'tite contribution personnelle et correspond au premier thème lancé pour l'été et lié au mot "départ".

A vos mines et vos claviers, pour me rejoindre...

vendredi 15 juillet 2011

dioïque


Ma première rencontre avec un ginkgo biloba remonte au début des années 1990, à l'occasion d'une sortie scolaire à l'Arboretum de Chèvreloup, en région parisienne. C'est vrai, j'en suis tout de suite tombée amoureuse, au point de revenir avec ma classe aux saisons suivantes pour étudier ce bel ami, le voir vivre et évoluer... Nous étions tous charmés par l'apparence de ses feuilles originales qui, de plus, se teintent à l'automne d'un magifique jaune d'or

 



Feuilles éventails
Palmes bilobées
Encrées dans le temps







A mon arrivée à Lyon il y a quelques années, j'ai aussitôt repéré les ginkgos du Parc et je leur rends encore visite très fréquemment. Comme s'ils constituaient des repères rassurants... Je passe saluer, par exemple, ce petit individu, plutôt bas sur tronc, à la chevelure en parasol...


...ou encore celui-ci, haut et fier, reconnaissable de loin, qui lance ses branches supérieures vers le ciel comme un feu d'artifice,


 et dont les grappes de feuilles portent des... ovules !

Ce second spécimen est en effet une femelle dont les ovules recevront, transporté par le vent et les insectes, le pollen produit en grande quantité par les fleurs en chatons des arbres mâles...

Eh oui, car le ginkgo est soit mâle soit femelle, un arbre dioïque dit-on... 

mardi 12 juillet 2011

musique


Décidément ça me tente de répondre à votre « initiative musicale participative », surtout après avoir constaté la diversité des très nombreuses propositions qu'on vous a envoyées... J'aurais bien d'autres idées, beaucoup en variété française (seulement moi j'aime Benjamin Biolay, Francis Cabrel, Marc Lavoine...), mais je reste sur ce qui m'est venu très vite à l'esprit en lisant votre invitation... Ce que j'ai tout de suite eu envie de partager, c'est un son particulier, une mélodie couleur tzigane liée au souvenir du magnifique film Liberté... Sorti il y a plus d'un an déjà mais j'en réécoute la B.O. toujours avec émotion...


A lire aussi, le p'tit mot de l'époque : liberté

samedi 9 juillet 2011

balcons


Ici, en ville, les balcons font la cour...