jeudi 29 décembre 2011

éoliennes

Des éoliennes, on en voit partout : isolées, alignées, regroupées en champs d'hélices...

Ici une dame élancée
géante solitaire
brasse de l'air
cligne de l'œil

Là quelques danseuses
Se tendent vers le ciel
en faisant des pointes
Mais la tête leur tourne


... Évidemment présentes en Bretagne, les voilà exposées jusque dans les paysages merveilleux des Noëls du Château de la Ville Chevalier !




Petit moulin d'antan
a bien grandi.
Il est monté en graine
au vent du temps !

mercredi 21 décembre 2011

cadeaux

L'idée de Sammy



Mamie Ginette est de retour le matin de Noël, après s'être absentée quelques jours... Anna et Sammy sont heureux qu'elle soit là pour découvrir avec eux tous les cadeaux au pied du sapin. Cette année, il y a même une surprise sur chaque pile destinée aux enfants : une enveloppe étrange, écarlate et pailletée, où leur prénom, leur adresse, sont écrits soigneusement, en lettres pleines et déliées...


***

Quelques semaines auparavant...

Sammy aime bien faire le grand garçon qui se débrouille tout seul. Le soir, il grimpe dans son lit, celui du haut, avec son livre à lui, pendant que Mamie s'installe sur une chaise, au chevet d'Anna, pour lui raconter une histoire... Cette fois la petite a réclamé un conte de Noël ! Ce n'est que la fin novembre mais on ne parle déjà plus, à l'école ou à la maison, que de fêtes et de cadeaux !  Impossible de ne pas y penser, de ne pas rêver, avec toutes ces lumières dans les rues, ces vitrines décorées, étincelantes, et tant de catalogues qui regorgent de tentations !

La tête bien calée sur l'oreiller, Sammy feuillette un dictionnaire illustré, celui des animaux, c'est son préféré : d'habitude, il adore, mais là, il est très distrait, il écoute la voix douce qui monte jusqu'à lui... Encore un récit avec un Père Noël débordé, fatigué... Et ça le fait réfléchir.

Quand l'histoire se termine, Anna s'est endormie et le garçon entend sa mamie qui referme l'album, le glisse sur l'étagère voisine, avant de déposer un tendre baiser sur le front de la petite fille... Elle a dû se relever maintenant. Elle se hisse en effet jusqu'au lit supérieur. Son visage apparaît soudain, transformé par une grimace de sa collection aussitôt suivie d'un clin d’œil complice. Ah, elle s'amuse bien ! Mais lui, quelque chose le tracasse. Il chuchote :

– Dis Mamie, quel âge il a le Père Noël ?

– Hmmm ! Je ne sais pas ! En tout cas il est sûrement très très vieux !

– Et pourquoi il n'est pas à la retraite ?

– Ça, mon pauvre Sammy, je crois bien qu'il y a pensé...

– C'est vrai ?

– Eh bien j'ai entendu dire qu'il a failli céder son entreprise, il y a quelques années, et finalement tout annulé !

– Pourquoi ?

– L'homme d'affaires qui s'était présenté à lui voulait mettre au chômage tous les lutins de l'atelier de jouets, et les remplacer par des robots, choisir un seul modèle chaque année à fabriquer et à offrir, le même pour tout le monde, remplacer le traîneau par une bruyante motoneige, et aussi fermer le bureau de poste...

Sammy écarquille les yeux, se dresse sur son lit et, très en colère, il s'exclame :

– Il aurait interdit d'envoyer une liste ?

– Chut ! Tu vas réveiller Anna... Alors tu comprends pourquoi le Père Noël a préféré continuer à travailler ! Pour lui, il faut que les enfants soient heureux !

– Mais Mamie, quand même, il pourrait avoir des assistants. Tiens, il aurait une association comme la tienne, ce serait cool !

– Comment ça ?

– Ben il ferait apporter les cadeaux aux petits enfants, chez eux, par des gens qui auraient le temps, des grands-pères et des grands-mères comme toi, des bénévoles ; vous portez bien des livres à domicile, là vous pourriez amener les paquets de sa part, ça vous ferait voyager. Vous aimez ça, voyager, non ? Le Père Noël continuerait à fabriquer les jouets avec ses lutins, il élèverait juste un peu plus de rennes pour transporter tous les messagers ; mais comme ça il reposerait son dos et ses jambes !

– Héhé, j'irais au pôle Nord tous les ans ? Quelle chance dis donc !

– Et s'il n'a plus à faire le tour du monde, il peut économiser des heures et des heures et prendre le temps de répondre à toutes les lettres envoyées par les enfants. Moi j'aimerais tant qu'il m'écrive à son tour, ça, ce serait vraiment chouette !

– Sûrement ! Déléguer aux papis et aux mamies, organiser leurs voyages, tenir à jour sa correspondance et rester au chaud, ça peut lui plaire... On lui enverra un message dès demain pour lui proposer si tu veux. Mais là ce soir, il se fait tard et j'irais bien me coucher moi. Allez bisou mon p'tit Sammy !

– Bonne nuit Maminette ! D'accord pour demain, on lui écrit ! T'oublieras pas, hein ?

Mamie promet... Elle descend prudemment l'échelle, éteint la lampe tulipe, quitte à petits pas la chambre, tire légèrement la porte et laisse derrière elle un rai de lumière rassurant. Sammy garde pendant quelques secondes encore les yeux ouverts, fixés sur l'écran magique de son plafond familier : ce soir il y voit se dessiner la silhouette d'un Père Noël tranquille qui, assis derrière son bureau, coche des cases sur une liste, sans doute celle de tous ses seniors volontaires, puis vérifie les adresses sur de luxueuses enveloppes, avant de se plonger dans un dernier courrier. Concentré, appliqué, même s'il mâchonne par instants le haut de son porte-plume en cherchant l'inspiration, il a l'air si heureux ! Moins bousculé, il a presque rajeuni.  

Je suis sûr qu'il va la trouver bonne mon idée, se dit Sammy que le sommeil enveloppe peu à peu...
***

L'idée de Sammy est un texte que j'ai écrit pour la mognoterie... J'ai imaginé une sorte de conte de Noël pour lecteurs mi-enfants mi-adultes... Avec l'envie de remettre en scène Sammy et Mamie Ginette, héros bien délaissés au cours de cette année 2011 !

A propos de cadeaux ! On en fait, on en reçoit, à Noël évidemment mais aussi en d'autres occasions, comme en témoignent les p'tits mots cadeau, coordonnés...

Je vous souhaite de joyeuses fêtes, de belles lectures si vous avez le temps, du plaisir à recevoir et encore plus à offrir ! A bientôt !

mardi 20 décembre 2011

silences

Eux sur la photo, de Hélène Gestern, Stoner, de John Williams et traduit par Anna Gavalda : deux lectures récentes, deux livres discrets et délicieux, si dissemblables. Et pourtant...

***

Eux sur la photo raconte une quête et se présente sous la forme dynamique d'une correspondance, elle-même rythmée par les descriptions minutieuses de quelques photographies.

Hélène n'a jamais vraiment connu sa mère, morte en 1972 quand elle était encore très jeune, et dont personne n'a jamais pu ou voulu lui parler. Alors, quand elle découvre un vieux cliché où sa maman apparaît aux côtés de deux hommes inconnus, elle a l'idée de le publier, accompagné d'une petite annonce, au cas où quelqu'un, par hasard, reconnaîtrait un personnage du groupe... Et c'est exactement ce qui se passe... Ainsi débute une sorte d'enquête surprenante où se démêle au fur et à mesure la pelote du passé. Mais, parallèlement, le poids du présent augmente, avec ses silences qui deviennent oppressants, et ses non-dits qui empoisonnent les rêves d'Hélène. Le fardeau est familier, certes, et encore invisible. Gagnera-t-elle vraiment à fouiller dans les mémoires ? C'est tout un cheminement, semé d'hésitations et de doutes que l'auteure nous invite à accompagner et à comprendre, en un premier roman chargé d'émotion, de pudeur autant que de rage, et tellement gorgé d'amour...


Le roman de John Williams ressemble, lui, à une biographie, celle de William Stoner, né dans une ferme à la fin du dix-neuvième siècle, dans le Missouri.

Ses parents, très pauvres, avaient espéré qu'il reprenne leurs terres une fois ses études d'agronomie achevées... Seulement voilà, leur fils ne quittera jamais l'université, car il y tombe amoureux, presque par hasard, de la littérature, « des combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si vivants... ». Stoner devient enseignant, « passeur », se réfugiant dans la lecture à chaque étape difficile de sa vie, quand il aura besoin de recouvrer la paix. Son existence se déroule, banale, celle d'un professeur sensible et droit, emplie de rêves d'amitié et d'amour, et malheureusement jalonnée d'espoirs déçus... Il ne se passe pas grand chose finalement au cours de son parcours terne et si provincial, mais la représentation et la découverte en demeurent passionnantes, du début à la fin, grâce certainement au style original de l'écrivain et à sa remarquable adaptation en langue française.

***

Eux sur la photo et Stoner, récits conçus autour de l'amour, quêtes ici de racines ou là d'idéal, ont en commun la richesse et l'élégance des écritures, mais aussi les silences et les apparences qui minent la vie de leurs héros ordinaires. Comme on aime reprendre ces ouvrages, pour se retrouver un moment auprès d'Hélène et de son correspondant, ou auprès de William, dont on a partagé si intimement bonheurs et tourments ; comme on aime en relire les mots, simplement pour le plaisir !

lundi 19 décembre 2011

approche

L'automne se décourage
Les dernières feuilles meurent
Sous la première neige

Comme ce fin duvet sur toit
Le temps glisse et fond
L'hiver est à l'approche

dimanche 18 décembre 2011

youpi

Je me souviens... d'une histoire de Noël lue dans un album lorsque j'étais enfant, où des animaux (longtemps j'ai pensé qu'il s'agissait seulement de chiens) rapportaient chez eux un sapin, en le traînant car il était de bonne taille et d'imposante envergure. Une fois arrivés dans leur chalet, ils s'apercevaient que l'arbre était effectivement beaucoup trop haut ! Ils avaient bien réussi à caler la base, puis à le dresser, mais la cime rebiquait contre la voûte du salon, donnant à l'ensemble une allure ridicule, désastreuse...

Après quelques minutes de panique et d'interrogations, l'un des compères filait soudain pour réapparaître équipé d'une scie ! Grimpé sur une échelle, il se mettait à découper un trou dans le plafond, suffisamment large pour laisser passer le sommet du sapin et  permettre à celui-ci de récupérer sa fierté naturelle.


Imaginez le bonheur des souris du grenier ayant pu profiter à cette occasion d'un bout d'arbre à décorer ! Je ne vous en dis pas plus, peut-être tomberez-vous un beau jour sur un exemplaire de cette histoire, dans une brocante de livres : la suite réserve encore des surprises, Père Noël, farces et feux de Bengale ! Mais il me semble que le récit de la scène ci-dessus peut suffire à régaler quelques jeunes oreilles...

Pendant des années, à chaque Noël, j'ai pensé à cette drôle de situation qui m'avait tant impressionnée ; dans ma tête je voyais nettement l'image de cette pièce où manquait une bonne rondelle de plafond. Et j'ai fini par retrouver le texte de cette aventure, en librairie, dans les années 1990, sous le titre Le Noël de Pouf et Youpi réédité chez Hachette, hélas en petit format. J'ai redécouvert à ce moment-là que le chat blanc et le cocker marron étaient les amis d'une fillette appelée Caroline, et que ces trois personnages avaient été, parmi d'autres, imaginés par Pierre Probst...

A ne pas confondre avec Martine, Moustache et Patapouf, créés par Gilbert Delahaye et Marcel Marlier ! Bon, d’accord, Caroline, Martine, ont le même âge, toutes deux nées en 1953... Juste un peu vieillottes !

jeudi 8 décembre 2011

artifice

A l'occasion de la Fête des lumières, à Lyon, cette année du 8 au 11 décembre...

                                                            La lumière n'a pas de lumier
                                                  Et le plumier vit sans plumière ?
                                        Deux célibataires ! Marions-les !

Écrivons les chimères,
          les espoirs colorés,
                    les profils éphémères,

                                          les pierres enchantées,
                                                    la danse du rayon vert,
                                                              les monstres éveillés...

                                                                      Du ciel jusqu'à la terre,
                                                                                que de rêves graffés
                                                                                          à l'encre de lumière !


Voici quelques p'tits mots à relire pour l'occasion, entre deux escapades nocturnes : lumignons (2010), lumières (2009), lumière (2008), et pourquoi pas quais(1), quais(2)...

Les Grandes Espérances - Bâtiment des Archives Municipales

vendredi 2 décembre 2011

piège


Ce piège en 2011 signes représente une contribution "naturelle" au concours proposé par la Biennale d'art contemporain autour d'une "terrible beauté"...

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Je crache, je m'agite. Mes pattes et mon unique paire d'ailes ne me sont au sein de ce liquide d'aucun secours. J'étouffe. Dans ma tête passe un drôle de film : ma petite existence, si légère, si insignifiante, ne méritait pas de se terminer comme ça !

Certes ne suis-je pas la plus fine ! Pour ma défense je dirais que rescapée d'une éclosion confuse j'ai dû, comme chacune de mes sœurs, choisir une direction et me débrouiller. Les mouches n'ont pas de rapports sociaux, c'est dommage. De ce fait, nous ne bénéficions d'aucune expérience ni de conseils. En ce qui me concerne la chance m'a souri car j'ai vite élu domicile dans une ferme et pendant quelque temps hanté ses hangars et ses cours. Naturellement attirée par les odeurs fortes, j'y étais comblée de sensations.

Je ne sais ce qui m'a pris ce matin de vouloir visiter les environs. Guidée par un puissant arôme, enivrant, très différent des senteurs familières, je me suis retrouvée au-dessus d'un immense champ pourpre. Quel enchantement ! Émergeant de la tourbe, en cette aube douce, d'élégantes fleurs, hautes sur tiges, s'appliquaient à déployer leurs coupes odoriférantes et leurs ombrelles. Un ravissement ! Une tentation insupportable ! Et moi, la gourmande, je les ai butinées sans méfiance, jouant de la trompe et régurgitant à plaisir.

Puis j'ai remarqué, un peu plus bas, d'étranges feuilles : des urnes verticales, à l'aspect marbré, au ventre bombé et prometteur. Leurs couvercles, comme des casquettes négligemment rabattues, laissaient un passage suffisant. Pourquoi pas ? Curieuse, j'ai volé jusqu'à la visière la plus proche. Après avoir observé la cavité profonde seulement remplie d'eau claire, déçue, j'ai voulu repartir : hélas, impossible de progresser à rebrousse-poil. Bel et bien piégée, renvoyée à chaque effort vers l'intérieur, je suis finalement tombée...

Ces plantes sont cruelles. Mais j'ai compris. Elles ont besoin de moi ! Je les nourris pour qu'elles renouvellent leur terrible beauté. Je ne me débats plus. Je meurs.

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Pour en savoir plus, vous pouvez visiter, au Jardin Botanique du Parc de la Tête d'Or, la serre des plantes carnivores et profiter de son parcours très pédagogique ; sinon vous trouverez grâce aux quelques liens donnés des informations sur la sarracénie pourpre, les pièges des plantes carnivores... et aussi sur les mouches.

dimanche 27 novembre 2011

lignes


Portée par les vagues,
je me laisse aller...
Lignes d'horizon...


Au gré des lignes
et parcourant l'espace,
je me dé-temps...


(D'autres lignes ou des motifs dans quelques précédents p'tits mots : avril, chiner, dioïque, écrire, motifs, prince.)

samedi 19 novembre 2011

terrible

Cette expo-là, elle est terrible !

Sur le Plateau, à l'entrée du siège de la Région Rhône-Alpes à Lyon, sont réunies quelques créations d'une douzaine d'enfants terribles de l'art contemporain, artistes travaillant aux USA (Robert Williams, Todd Schorr, Jeff Soto, Joe Sorren, Caïa Koopman, Victor Castillo), au Canada (Ray Caesar), au Japon (Naoto Hattori), en Australie (Reg Monbassa) ou en France (Robert Crumb, Nicolas Thomas, Odö).

Chaque sensibilité peut y trouver son compte... Pour ma part j'avoue avoir été fascinée par les graphismes foisonnants d'Odö ainsi que par l'univers de Jeff Soto dont il ne faut absolument pas manquer le "chat terrible" réalisé pour l'occasion sur un mur de l'ancien marché gare, tout proche de l'Hôtel régional.



Et regardez bien tout au bout du mur, mais aussi au sol avant la plaque... car j'ai eu beaucoup de chance ce jour-là. Et cha-cha-cha !














Pas mal non plus le complice du Parc Sutter, à la Croix-Rousse :


Alors comme chat oui, j'adore la Biennale !

vendredi 18 novembre 2011

suspension

Les mots suspendus


« Il faut que je te dise... »
Voilà ce que le jeune homme prononce après un moment de silence un peu gêné... On dirait qu'il a prévu d'avouer quelque chose ; il s'est lancé mais hésite encore et se met à tapoter nerveusement la table du bout des doigts. Anaëlle n'a pas arrêté de le regarder depuis qu'ils sont assis et elle se rend bien compte que les yeux de son ami cherchent à échapper aux siens : ils balaient le fond de la salle derrière elle, se reposent sur leurs verres encore pleins, ou suivent le manège de quelques mouettes sur la terrasse, de l'autre côté des portes-fenêtres entrebâillées. Il avait pourtant l'air content de la retrouver tout à l'heure... Ils s'étaient même embrassés, certes timidement, frôlés plutôt, en se rejoignant devant le Café de la Plage, au tout début de cet après-midi automnal et doux. Puis, installés face à face à une table, légèrement à l'écart, derrière la vitre donnant sur le large, ils ont échangé, presque joyeusement, quelques banalités : bonne semaine oui, et toi, t'as vu ce film, pas mal, beaucoup de boulot, c'est chouette de revenir, le week-end à la mer, la santé des parents, du beau temps quelle chance, tu crois que ça va durer ?

« Il faut que je te dise... »
Anaëlle perçoit clairement ces mots en même temps qu'elle les lit sur les lèvres de Ronan. Il se tait, écarte les mains qu'il pose plus fermement devant lui, se décide enfin mais là, alors qu'elle distingue parfaitement tous les mouvements de sa bouche, elle est submergée par une sensation de ralenti, de paroles qui s'esquivent, s'estompent et puis flottent, sans bruit propre et dans un calme fantastique alentour... L'absence de bande son se fait vertigineuse, jusqu'au malaise. La tête de l'adolescente entame un virage lent, avec effort, pour détourner son regard vers la plage, elle craint de s'évanouir, de s'effondrer, elle tente de récupérer du solide, un repère, l'équilibre...

Le temps clair offre une vue large et profonde, trop large, trop profonde, alors elle fixe d'abord un rectangle jaune, le dossier d'un banc, puis l'édifice rouge là-bas, le phare : ces points de couleur, stables, lui font un bien fou. Elle va mieux, déjà. Elle est dans son univers. La plage est déserte ; la marée basse a découvert toute une bande de rochers. Elle irait bien, avec Ronan, shooter dans le goémon, voir pétiller les flaques ! Au loin, l'horizon se partage, deux bleus : une teinte d'océan paisible sur lequel clignotent et dansent des confettis d'argent et, au-dessus, un ton azur. Dans le ciel, quelques nuages allongés paressent, des filets blancs, mais elle en devine d'autres, légèrement grisés, arrivant par l'ouest, là, à droite du café, à droite d'eux... Les pins de la corniche, marron et vert sur la palette, dissimulent encore un peu la menace ; pour l'heure, ils profitent du soleil dont les rayons jouent avec leurs branches. Les ombres s'entrecroisent sur les troncs et sur le sol du sentier. C'est devant la barrière très blanche bordant ce chemin que se trouve le banc aux lattes bouton d'or, face au large, pause de rêve, qui l'a curieusement remise d'aplomb. Elle s'y est assise tant de fois, avec Ronan, leurs pensées toutes vers les îles, surtout celle-ci, au milieu du paysage, qui porte le phare écarlate, et beaucoup de souvenirs d'enfance.

« Tu te rappelles la première balade sur l'île ? », s'entend-elle demander, enjouée presque, en reportant ses yeux vers l'intérieur de la salle... Elle sourit aussi, soulagée, car elle a récupéré, derrière le son de sa voix, tous les autres bruits : la rumeur des clients accoudés au comptoir qui bavardent et s'interpellent, les chocs de leurs verres, les tilts en cascades du flipper, et tiens, un store qui claque...

Mais il n'y a plus personne à table avec elle, et lui reviennent en gifles et lui vrillent les oreilles les mots qu'elle n'a pas voulu comprendre il y a quelques secondes - ou quelques minutes, combien de temps au juste, difficile à dire -, la conclusion un moment suspendue : « … Écoute, c'est vraiment fini tu sais, nous deux je veux dire, je te quitte Anaëlle, pour de bon, j'ai quelqu'un d'autre, en ville. »

Le barman vient fermer toutes les baies donnant sur la terrasse et la plage. La météo change vite, c'est normal ici. Le vent s'est mis à souffler, d'un coup, affolant les nuages qui chargent maintenant. Des bourrasques maltraitent déjà le sommet des pins ; au loin il n'y a plus de bleu, plus de rouge, plus d'île, le ciel déploie des rideaux de pluie sur la mer. La tache jaune aussi a disparu, et la vitre se couvre de larmes.
***

Si les points de suspension laissent vagabonder l'imagination, celle-ci pouvant accommoder le futur à sa guise, les mots suspendus, eux, paroles en l'air, émotions un moment retenues, flottantes, dessinent en se reposant une réalité brutale, un avenir imposé.

Le phénomène me rappelle un peu l'histoire, écrite ici l'an dernier, de cette jeune femme pressée qui se retrouvait pour quelques instants comme dans une bulle...

jeudi 10 novembre 2011

courge

Trop déçue d'avoir raté l'expo de courges dans les grandes serres du Parc... j'ai "traité" le sujet, à ma façon :



Quelle tête de courge !
Quel cornichon !
Heureusement qu'il a pas le melon !







 
d'après la composition originale :

mardi 8 novembre 2011

envolée

Quelle histoire (vraie) !

Vous ne m'avez sans doute pas connue ; peut-être m'avez-vous vue, une fois, à l'occasion d'une visite, mais je ne vous ai pas laissé de souvenir notable. On vous montrera des photos, ça fera l'affaire.

Quand la chose extraordinaire et inimaginable est arrivée, j'étais installée depuis de nombreuses années déjà au dernier étage d'un immeuble, au cœur du quartier dit chic d'une grande ville que vous reconnaîtrez sans doute. Enfin c'était quand même une drôle d'idée d'avoir choisi précisément cette situation en hauteur... J'y étais locataire d'un majestueux espace. Quant aux propriétaires de l'endroit, ce furent successivement deux couples et leurs enfants. Seul le fils de la première famille s'amusa de ma présence. Ensuite, il faut bien l'avouer, on ne me sollicita plus qu'en quelques circonstances exceptionnelles et souvent festives.

Certes je vivais dans un certain isolement et pouvais rester repliée sur moi-même pendant des semaines. Ayant toujours été exposée, du fait de ma fonction, difficile à emballer, de par mon envergure, devenue fragile avec l'âge, je souhaitais vraiment, vers la fin, qu'on me fiche la paix, qu'on ne m'oblige surtout pas à voyager, à partir ; j'avais notamment de plus en plus peur qu'on me roule. J'étais marquée, abîmée, ravagée par les vicissitudes du temps. Mais je laissais dire ; on pouvait bien multiplier les critiques, proposer des solutions pour que je débarrasse le plancher, j'étais bien là où j'étais et comptais bien y rester le plus longtemps possible.

J'ai toujours éprouvé un plaisir particulier, égoïste, à entendre les visiteurs s'extasier sur le paysage qu'ils pouvaient contempler de ma terrasse : ils trouvaient la vue « absolument époustouflante ». Ah ! Ils auraient bien voulu en jouir au quotidien, avec ou sans moi. Ils commençaient par tourner la tête dans tous les sens, déboussolés par cette forêt environnante, hétéroclite et désordonnée, composée d'édifices en béton ou de toits pentus, en tuiles, aux lucarnes plus ou moins proéminentes, longés de gouttières difformes, plantés d'innombrables cheminées, elles-mêmes prolongées d'antennes disparates... Puis les curieux détaillaient le panorama et énonçaient invariablement les mêmes noms : ils parlaient d'Oxygène et de Crayon, d'Opéra et de Basilique, de Tête et de Monts d'Or !

Et tout ça sans pollution sonore, estimaient-ils, surpris ! Question bruit, je peux vous dire que ça pétaradait pourtant pas mal en juillet ou en décembre et il y avait du monde à mes côtés pour assister aux feux d'artifice, mais habituellement c'est vrai, c'était plutôt calme et je ne percevais, venant d'en bas, qu'une rumeur inégale de moteurs, un bruit de fond que j'oubliais facilement. Des klaxons, des cris, en faisaient reprendre conscience par instants. Dans le ciel, bourdonnait de temps à autre un étrange insecte métallique mais ce sont les bandes de joyeux martinets, les soirs d'été, qui m'ont le plus enchantée et me restent en mémoire.

L'hiver, je savourais la légèreté des flocons, la douceur cotonneuse de la neige qui me protégeait des morsures du froid. Je préférais cela à la grisaille des jours de pluie ou encore aux agressions du soleil quand il écrasait la ville de canicule ! Mais ce que je redoutais le plus était le vent qui sévissait hélas en toute saison ! Au neuvième étage, il soufflait toujours avec violence : j'en ai essuyé des tempêtes !

Eh bien justement c'est le vent qui a eu raison de moi. Une bourrasque venue du sud s'est insinuée là où je paressais, dans une sorte de couloir entre le sommet de la cage d'ascenseur et le pignon de l'immeuble voisin ; puis elle s'est engouffrée entre mes pieds, sous mon plateau large et plein. Elle m'a littéralement soulevée. Dans un fracas monstrueux j'ai été projetée contre un des murets bordant la terrasse puis me suis retournée en écrasant le grillage de sécurité, et enfin je suis descendue en piqué tout le long de la façade, frôlant à peine les balustrades et les balcons, atterrissant dans un dernier râle tonitruant au milieu d'une cour gravillonnée. Lieu heureusement désert et inaccessible, le seul où je pouvais tomber sans faire de mal à personne, à deux mètres d'une verrière de supermarché. J'étais démantibulée mais au moins l'unique victime. Inimaginable...

Il y eut du monde à me regarder ainsi démembrée, à s'apitoyer, à poser des questions, à imaginer ce qui aurait pu arriver, de bien pire... Ma dégringolade a provoqué quelques cauchemars mais je sais aussi qu'elle est à l'origine de rencontres au sein de mon immeuble, entre personnes qui sans moi n'auraient jamais eu l'occasion de se parler. Car il a bien fallu me récupérer : en escaladant la fenêtre d'une ancienne loge, ils s'y mirent à plusieurs pour me scier, me débiter, m'évacuer...

Les objets ont une âme voyez-vous qui reste là où ils ont vécu le plus longtemps, là où ils se sentaient bien. Mon âme est donc établie là-haut pour toujours : on y parle souvent de moi, on me raconte, on compare ma chute à celle d'un certain piano de publicité, on évoque un ange gardien... Lourde table née pour le jeu, encombrante certes, mais sage et pratique pour l'appoint, meuble d'extérieur somme toute banal, mon involontaire envolée finale et décisive m'a fait entrer dans une légende, au moins familiale...












mercredi 26 octobre 2011

zèbre


Un plaisir de les retrouver sur la plaine africaine : ils sont trois, Belinda, Kaliv et Flicka, arrivés cet été ! Bon, il faut les mériter, c'est vrai : quand ils sont de sortie, les drôles ont tendance à vous inviter à une partie de cache-cache...



Zèbre, y es-tu, que fais-tu ?
 - Je mets mon costume...
et ne l'ai enfilé qu'à moitié !






"Un seul zèbre vous manque...", titrait un journal il y a quelques semaines ! Au Parc de la Tête d'Or, il n'y avait plus de ces ravissants animaux depuis 2008, quand il avait fallu transférer dans un autre zoo le seul zèbre survivant d'une rare et sévère épidémie... J'avais évoqué leur absence au cours d'une promenade avec un petit héros, Sammy, en février 2009 : parc (1), parc (2)

Promenons-nous dans la plaine... pendant que le zèbre y est...

mardi 25 octobre 2011

intergénérationnel


L'inter-génération, évidemment c'est possible ! Ou ce que je souhaite retenir de la semaine bleue 2011...


Vieillir ensemble, bien vieillir... : des formules titres pour des animations, débats et tables rondes au cours de cette semaine bleue.

"Vieillir" ! Allons, c'est normal ! Cela signifie que nous sommes vivants, que la vie suit son cours : vieillir c'est vivre et l'on sera toujours l'aîné ou le cadet d'un autre qui poursuit lui aussi et au même rythme son petit bonhomme de chemin. Alors disons que nous cherchons à vivre ensemble, et à bien vivre !

La retraite n'annonce pas la vieillesse, il n'y a pas de vie « active » et de retraite « passive ». Chaque vie est un parcours, évidemment composé de phases différentes, et jalonné d'obstacles ; toute notre vie nous agissons, nous évoluons, nous avançons. C'est l'âge qui peu à peu induit des soucis spécifiques, plus ou moins tôt, plus ou moins importants selon les individus ; avec les années, des handicaps très divers s'amplifient, avec lesquels il faut compter dans le déroulement du quotidien. La dépendance à accepter, les difficultés à dompter, modifient forcément notre comportement, notre disponibilité, notre image.

Mais chaque être a sa place, et sa voix, au sein d' une famille, dans son immeuble, dans son quartier, dans la ville, dans la société ; chacun, riche de sa propre expérience, possède des savoirs, est animé de passions, tout en ayant encore tant de choses à apprendre, à découvrir. Il est donc essentiel de favoriser les échanges, les rencontres, afin que l'on puisse s'affirmer, à tout âge, un parmi d'autres, tous associés dans les plaisirs et les rigueurs du monde. On se sent tellement plus forts à plusieurs.

Concernant le logement et l'habitat, nous ont été présentées des actions intergénérationnelles fort séduisantes, porteuses d'un objectif de lien social, de partage... En voici deux exemples :

  • un projet de résidence initié par le GIHP, groupement pour l'insertion des personnes handicapées physiques,
  • les propositions de partage développées par le réseau Pari Solidaire...

Il n'y a pas de recette miracle unique et collective pour améliorer une situation personnelle ou lutter contre l'isolement, mais de multiples adaptations et des possibles pour chaque individu. En communiquant, et internet peut contribuer à faire circuler l'information, en cherchant à faire connaître les solutions qui pourraient convenir à l'un, à l'autre, nous donnons aux personnes le choix de leur vie, de leur avenir.

Se sentir vivre...Vivre ensemble, bien vivre, en restant solidaires, c'est pour tous les âges...

jeudi 20 octobre 2011

bistanclaque


A propos du roman Le sang des bistanclaques, par Odile Bouhier, aux éditions Presses de la Cité...


Lyon, 1920... Deux cadavres de vieilles femmes, l'un comme l'autre ligotés, viennent d'être découverts ; avant de grossièrement les emberlificoter, l'agresseur a de toute évidence torturé et violé ses victimes, leur perforant également le larynx pour y placer un fil de soie !

Qui sera le mieux à même d'élucider ces meurtres atroces, qui saura débrouiller l'écheveau ? Le vicelard mais efficace inspecteur Legone peut-être, des Brigades du Tigre ? Pourtant l'enquête patauge, surtout lorsque le Tricoteur (tiens donc !), arrêté et suspecté à l'occasion d'un nouvel homicide assez semblable aux précédents, se voit mis hors de cause. Le procureur doit admettre la nécessaire participation du service scientifique de la police judiciaire dirigé par le commissaire Kolvair, rescapé des tranchées, assisté du professeur Hugo Salacan, criminologue et chercheur, ancien élève d'Edmond Locard.


Odile Bouhier compose sur cette trame un polar alerte et foisonnant, au goût d'experts à la sauce classique, très française, et dont on espère sincèrement, dans un prochain épisode, retrouver les héros, même les moins sympathiques...

Le lecteur ici n'échappe pas, en prime, à la naissance d'une discrète et tendre histoire d'amour entre spécialistes sur la même longueur d'ondes. Mais surtout il prend du plaisir à accompagner les divers personnages, recommandables ou non, dans leurs pérégrinations, à pied et quelquefois en voiture, le long du Rhône, en bord de Saône... Il arpente avec eux les rues de la presqu'île, monte jusqu'à la Croix-Rousse ; il emprunte les fameuses traboules, visite de jour ou de nuit les quartiers de Saint-Georges, Saint-Jean, Saint-Paul, et leurs bouchons, s'aventure sur la colline de Fourvière... Les différentes investigations servent de prétexte à l'évocation de noms célèbres, d'événements historiques, de traditions soyeuses et gastronomiques, de lieux en devenir, d'anecdotes. L'ouvrage mériterait vraiment de figurer dans les prescriptions du guide du Routard...


Ce livre si complet, paru dans la collection Terres de France, est malheureusement desservi par une couverture trop neutre, à l'allure de carte postale arrangée, banale et colorisée, inscrivant seulement le roman dans son époque. En revanche le titre, lui, noyant la couleur sang dans une sorte de vacarme, interpelle, intrigue, attire la curiosité. Laissez-vous faire ! Les sensations seront supportables ! Qui n'aura pas envie, ensuite, de programmer la visite d'un atelier de canuts, pour vérifier en situation les bruits caractéristiques produits par la mise en branle des derniers métiers à tisser manuels, et entendre ainsi en direct le son des bistanclaques ?

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Quelques liens supplémentaires :
- le blog construit autour du personnage Victor Kolvair,
- le site de la Maison des Canuts,
- les informations sur le prochain Marché des soies,
- deux p'tits mots racontant une expérience personnelle d'élevage de vers à soie : soie (1), soie (2).


lundi 17 octobre 2011

correspondances


Le médaillon du poète

Lyon, Jardin du Musée, le 17 octobre 2011

                Madame,

Je vous aime...

Lorsque je vous ai contemplée la première fois, abandonnée, yeux mi-clos, bouche entr'ouverte, offrant votre gorge nue, et tout cela sans paraître ni effrontée ni provocante, il m'est revenu les traits d'une autre dame... Comme vous lui ressemblez ! Relief idéal, ravissant, portrait sculpté tout en douces courbes et rondeurs, avec cette ferronnière parant en plus votre front d'une folle élégance ! La jeunesse vous donne une grâce naturelle mais votre pose, la tête légèrement penchée, ajoute une sensualité touchante. Je goûte votre évident émoi, je m'imprègne de vous, je prolonge l'instant, votre mouvement ; mon esprit vous anime, j'espère presque vos bras, ceux de mon amie, j'attends que vos yeux se révèlent et que ses lèvres me sourient... Je rêve.

Depuis bien longtemps je viens ainsi vous rendre visite. Je prends le matin la direction du musée où l'on me tend désormais un billet sans que j'aie besoin d'expliquer quoi que ce soit ; puis j'effectue mon parcours habituel, je vais d'un pas tranquille, j'ai le temps, je marche jusqu'à vous ! Je suis un vieil homme maintenant qui se rattache à ses indispensables rituels, qui cultive ses repères essentiels. Quand j'arrive près de vous, chaque jour, je vous admire et fais provision de votre beauté. Chaque jour je m'installe ensuite dans le jardin, sur un banc à l'écart, auprès des arches du cloître et sous la bienveillance de quelques statues familières. Chaque jour je sors là mes feuillets, mon papier à lettres, mon crayon soigneusement taillé, et je vous écris, je lui écris. Voilà qui remplit ma vie, et me comble.

Je me riais de ce collègue original qui collectionnait les photographies et les films d'Audrey Hepburn, seulement parce que l'actrice lui rappelait son épouse disparue. Une manie qui rendait ses douloureuses journées plus légères... Eh bien je le comprends à présent ! Dans ce Buste de femme en médaillon, daté du siècle de Ronsard, je reconnais vos formes, celles de mon amour envolé, de ma complice disparue. L'inclinaison de votre tête me fait aussi penser à cette autre jeune fille, peinte par Courbet, qui se laisse aller confiante sur l'épaule de son compagnon. Les amants heureux : c'était nous, on se le chuchotait à l'oreille... « Tu pourrais être mon peintre ! », plaisantait-elle tendrement, et je répondais : « Non, hélas, je ne connais rien aux couleurs, mais je saurai te dessiner, avec mes mots, et j'écrirai notre passion, quoi qu'il arrive ! » Et elle de conclure, rayonnante : « Alors, tu seras mon poète ! »

Quoi qu'il arrive... Je l'ai promis ! Et j'ai toujours honoré ma promesse. Florine est partie, mais je la retrouve au fil de mes promenades quotidiennes. Grâce à vous, Madame, à travers vous, je la revois, je la célèbre, je vous écris, j'écris pour elle. Des phrases où, à mon tour, je m'abandonne. Elle lit sûrement toutes ces lettres, dans mon cœur, et je lis son plaisir dans la pierre, simplement.

A demain, jolie dame, nous avons encore rendez-vous, comme d'habitude... L'une et l'autre, Florine et vous, confondues, comme je vous aime !

                          Votre poète

***

                             
                    Chers lecteurs,


Le médaillon du poète, que vous venez de parcourir, est une "lettre" de contribution rédigée pour la mognoterie. 



Voici quelques compléments d'explication, pour ceux qui le souhaitent... J'ai choisi pour médaillon une œuvre que l'on peut admirer parmi les Objets d'Art et Sulptures du Musée des Beaux-Arts de Lyon : d'une forme gravée dans la pierre, ronde, parfaite, émerge un Buste de femme. Le même motif, en bois, surmonte le portail d'entrée du bâtiment côté Place des Terreaux.



Quant aux Amants heureux, de Courbet, que mon "poète" mentionne également dans sa lettre, la toile est visible dans notre Palais Saint-Pierre tandis que le dessin du même couple, à l'encre, est exposé dans une vitrine du Musée Courbet à Ornans...



En septembre 2009, j'avais déjà concocté un rendez-vous au Musée... Deux p'tits mots, deux épisodes - rendez-vous (1), rendez-vous (2) -, un échange de mails pour une histoire un peu plus légère et mystérieuse. C'est dans le cadre des rencontres "Au fil de l'écriture", en 2010 et 2011, que j'ai plus tard imaginé des lettres : Vinaigre, Lettre à Anémone.

L'écriture épistolaire est un exercice complet, création de personnages, définition d'un sujet, recherche d'une référence commune justifiant une connexion entre les individus ! Sans compter qu'il est très confortable de se mettre dans la peau de celui qui exprime, qui réclame, qui informe, qui supplie, qui charge ! La belle occasion parfois pour libérer des émois personnels sous couvert de romance et saupoudrer ainsi l'affaire de quelques touches d'intime...

Mais je vous laisse à votre provision de lectures, moyens et longs courriers...

A bientôt,


                               Martine

vendredi 14 octobre 2011

seniors


La semaine du 17 au 23 octobre sera bleue... Comme chaque année à la même période, de nombreuses animations sont programmées, partout en France, organisées par les associations et les municipalités. Ces rencontres ont pour but d'apporter aux seniors, aux aînés, toutes les informations dont ils pourraient avoir besoin ou envie pour mieux vivre au quotidien dans leur quartier, se nourrir, se soigner, se divertir, se cultiver... Ces informations sont aussi précieuses pour les "aidants", soutiens de personnes âgées plus ou moins dépendantes.

Voici plusieurs liens de circonstance :

- le site national de la Semaine Bleue

- mon p'tit mot en 2010 : label

- mon p'tit mot en 2009 : cadeau


Au cours de la séance d'ouverture de la Semaine Bleue, lundi 17 octobre, sera signée la Charte de la cohabitation intergénérationnelle entre la Ville de Lyon et les associations.

Pour expliquer le fonctionnement de la Bib' à Dom' (la Bibliothèque à Domicile), je serai à la Bibliothèque de la Duchère dans le 9ème arrondissement de Lyon les mardi 18 et vendredi 21 octobre à partir de 15h, accompagnée d'une lectrice à haute voix.

Le jeudi 20 octobre après-midi, je participerai dans le 3ème arrondissement, au Centre social Bonnefoi, à la présentation des travaux de l'inter-commission seniors des conseils de quartier : charte concernant "le senior en déplacement dans son quartier" et aménagement de mobiliers urbains pour des pauses temporaires.


Où que vous habitiez en France, n'hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie pour connaître en détail ce qui se passe près de chez vous au cours de cette Semaine Bleue...

lundi 10 octobre 2011

octobre

Octobre en brumes, mois à rhumes
Octobre en bruine, hiver en ruine... dit-on.

Pas très sympa tout ça ! On a envie d'en rajouter, histoire de conjurer le sort :

Octobre en brouillard, mois de cafard
Octobre en smog, hiver à grogs

Octobre en gelée, mois à frissonner
Octobre en glace, hiver en grimaces

Octobre en brise, mois qui défrise
Octobre en tempête, hiver en dettes

Octobre en vent, mois de tourments
Octobre en tornade, hiver en capilotade

Octobre en pluie, mois à soucis
Octobre en averse, hiver en controverses

Octobre en giboulée, mois à ramer
Octobre en grêle, hiver en querelles

Octobre en grisaille, mois en pagaille
Octobre en cumulus, hiver sans tonus


Cependant, vu le temps cette année, on peut rêver non ? Je préfère conclure ainsi, par exemple :

Octobre en soleil, mois plein d'oseille
Octobre en douceur, hiver en débardeur...

lundi 26 septembre 2011

douceur


Échappée toute en douceurs, activités et météo, le week-end dernier, en Franche-Comté...

De la dixième édition des mots Doubs, à Besançon, je conserverai le souvenir de quelques rencontres magiques, entre autres avec Richard Bohringer et Daniel Picouly offrant des lectures émouvantes et passionnées. Ces délicieux partages de textes et d'idées communiquaient des plaisirs pour le moins variés et tous étaient ponctués d'encouragements non seulement à lire mais aussi, et surtout, à s'exprimer par l'écriture.

Donnez donc vos mots doux
des ronds des beaux des fous
dites tout
le quotidien la vie
la mémoire l'enfance
le désarroi la colère
les envies les rêves
écrivez écrivez



... Débats dans l'air...
Entre les tables rondes
papillonnent les mots








A Ornans, après avoir visité le nouveau Musée Courbet, une promenade en ville et le long des berges fleuries de la Loue m'a permis de découvrir cette enseigne craquante, ou dirait-on croquante, invitation originale parmi les livres, et les écrivains :


Tout rat qui s'entête
à grignoter tant de mots
ne peut qu'y laisser des plumes

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A propos de Courbet, de la lecture... Connaissez-vous ce Portrait de Juliette, réalisé en 1841, qui représente la petite sœur de l'artiste endormie sur un livre ? Si paisible...

vendredi 23 septembre 2011

échappées


Étrange ce mois de septembre ! Comme si cette année le temps de rentrée n'en finissait pas. Je peine à retrouver mon rythme et reconnais une sorte de paresse automnale... qui me pousse à multiplier les échappées. Belles évidemment, et dont j'essaie d'organiser doucement les impressions.

Échappées... Un joli mot, complice, au goût de fugue, de gagne, et de lumière aussi. Plutôt optimiste, finalement !

Alors, à suivre...