dimanche 16 janvier 2011

miséricorde

Toute l'année dernière, nous avons travaillé, au sein d'une commission de quartier, pour un projet d'aménagement urbain visant à améliorer les déplacements quotidiens des piétons les plus âgés. Sur un parcours type, en l'occurrence une rue reliant deux places de marché, après en avoir étudié les points stratégiques et pièges éventuels, nous avons par exemple préconisé la modification ou l'installation d'un mobilier adapté. En particulier, pour permettre aux personnes de se reposer en chemin sans avoir l'appréhension de devoir ensuite péniblement se relever, nous avons pensé aux assis-debout.  Le Sytral, qui organise les transports en commun dans notre agglomération lyonnaise, propose déjà ce style de banquettes ; on les trouve en station, sur les quais du tram, et de plus en plus à l'intérieur même des bus ou dans le métro...

En région parisienne, le réseau Transilien utilise également ce matériel  qui tend à remplacer depuis quelque temps, dans les trains de banlieue, les strapontins si familiers... Ceux-ci, devenus trop gênants aux heures de pointe, posent un réel problème aux responsables du trafic. C'est en tout cas l'objet d'un article publié dans Direct Matin le 12 janvier :  "La SNCF a trouvé une solution et expérimente dans certains RER les appuis ischiatiques, aussi appelés repose-fesses ou miséricordes."

Miséricorde ! Je n'aurais pas imaginé un tel synonyme ! Et pourtant, le mot convient parfaitement ; car à l'origine, et cela remonte au Moyen Age, il désignait, dans les églises, une sellette étroite et ouvragée souvent fixée, à hauteur des hanches, au fond d'une stalle de chœur. Appelée aussi patience, elle permettait notamment aux moines parfois âgés qui participaient aux offices de trouver un appui tout en ayant l'air d'être debout. En voici quelques magnifiques exemples photographiés au Monastère royal de Brou, dans l'église édifiée entre 1513  et 1532 à Bourg-en Bresse sous l'impulsion de Marguerite d'Autriche. Les stalles de chêne ont été fabriquées par des artisans flamands mais on doit sans doute la réalisation des sièges, et  celle des miséricordes, à un atelier local dirigé par le bressan Pierre Berchod, dit Terrasson...








  
Comme quoi, la préoccupation de vouloir soulager nos seniors est de tous les temps...


Monastère Royal de Brou - photos

2 commentaires:

Accent Grave a dit…

Très intéressant. J'ignorais que ça existait! J'en parlerai à mon voisin qui est sculpteur, je pourrais en installer un dans ma maison!

Accent Grave

Martine a dit…

J'espère que vous m'enverrez la photo si ça se fait :-)