vendredi 25 février 2011

île

Au Musée d'Art Moderne de Saint-Étienne, le visiteur parcourt actuellement les immenses salles comme s'il effectuait un voyage au long cours. Les escales sont d'étranges territoires imaginés par trente-cinq artistes internationaux... Les formes varient : ce sont des constructions, des mises en scène, des montages photographiques, des vidéos... A travers chaque installation, le créateur communique sa vision du monde, exprime ses craintes mais aussi ses espoirs, cherche à partager sa quête. L'ensemble constitue un archipel d'îles improbables, des îles jamais trouvées.

L'amateur de ce genre de présentations glane forcément une foule de détails qui résonnent dans son esprit : car il y a des suggestions multiples, de l'intime, du soyeux, du transparent, du ludique, de l'humour, du pittoresque, de l'aventure, mais aussi du sauvage, du cruel, du trompeur, du clinquant. On éprouve une certaine curiosité à circuler dans l'exposition qui, même s'il est permis d'en trouver le titre un peu fourre-tout, conduit au moins à des interrogations plus personnelles. Quant à moi, je me suis posée les petites questions suivantes : si l'on me demandait d'imaginer une île qui me corresponde, qu'est-ce que j'y mettrais ? Et si je devais décrire celle que je porte en moi, comment pourrais-je m'y prendre ?

Il m'a fallu du temps avant de trouver une réponse dont je sois à peu près sûre, car bien des images et des scénarios se sont d'abord bousculés dans ma petite tête étroite. Mais voilà, c'est fait, je peux maintenant vous l'écrire mon île, unique et invraisemblable. Attention, ce n'est pas la terre de mes rêves, juste une composition plaisante qui colle à mes goûts et à mes couleurs... 

Il serait une fois mon île, donc... Vous l'apercevrez de loin. En trois dimensions impressionnantes, sa forme familière attire le regard. Émergeant forcément de l'océan (puisque j'aime la mer et qu'elle me manque, très souvent), imaginez un gigantesque livre (ce qui ne surprendra personne), un livre grand ouvert, offert, dont les feuillets jouent avec mon humeur, ou celle du vent. Il s'agit d'un ouvrage bien particulier, délicat, qui ressemble à ces albums de contes dans lesquels chaque double-page recèle un décor différent, en relief, un paysage qui se déplie et se replie astucieusement au fur et à mesure de la lecture. Chaque décor représente une ville (je suis si urbaine) et chaque ville se développe à son tour dans les hauteurs, racontant son histoire. Mon île est animée donc, vivante j'espère, bruyante sans doute, mais isolée surtout pas : à quelques encablures, il y a d'autres domaines à découvrir, plus sages ou plus nature, des terres amies, dont votre propre livr'île peut-être...

3 commentaires:

Martine a dit…

A Accent Grave qui m'a encouragé à reprendre mon mognotage, voyez, j'ai suivi vos conseils !
Merci d'être toujours là quand il faut...

Accent Grave a dit…

He ben.. je visite assez régulièrement votre blogue et je visiterais aussi votre île, votre monde.

Vous êtes de ces gens dont les billets recèlent de la substance alors, comme il n'est pas toujours commode de lire des textes d'une certaine longueur sur écran, je me réserve toujours un moment tranquille, comme le dimanche matin, pour vous lire.

J'ai aussi effectué quelques visites aux sites proposés en marge de votre blogue.

Votre île est invitante. Vous êtes urbaine mais, pour qu'il y ait de l'urbanité, il faut des distances pour délimiter ces villes. Les espaces entre les villes ne sont jamais vides, j'aime beaucoup ces lieux, ces lieux où une vie tranquille cache de véritables trésors littétaires.

Quel serait mon monde? Il ressemblerait beaucoup à celui où nous vivons, à quelques exceptions près, oui, sûrement.

Accent Grave

Martine a dit…

Le mien contient beaucoup de choses du monde où nous vivons là maintenant, un monde où j'ai la chance de pouvoir profiter d'une quantité non négligeable de bonheurs.

Je ne peux pas imaginer qu'il serait éternel parce que je n'aurais plus d'efforts à faire; je me dirais toujours que j'ai bien le temps d'aller voir chez les autres par exemple, et je n'aimerais pas une île de paresse.

En même temps, sans éternité, il y aura forcément des souffrances, des deuils, et ça c'est vraiment dur; et on est obligé de garder aussi le hasard et ses mauvaises surprises car en ayant connaissance de l'instant qui suit la vie aurait-elle de l'intérêt?

Mais je m'égare...