mercredi 2 février 2011

objets

Usés, rafistolés, désuets,
     mis en scène ou en vitrine -
             Tant d'objets, conteurs de vies !

Il était une fois, réunis dans un logement typique de Turakie, quelques vieilleries ordinaires : ustensiles, jouets, meubles, comme sauvés des eaux, récupérés pour devenir les acteurs d'un théâtre original. Chaque chose, même la plus abîmée, mise en branle, semblait acquérir au milieu des autres une existence propre, une voix, l'opportunité de revendiquer son importance, de se jouer bruyamment de tout, et de se sentir presque... vivante. Chaque objet usé pouvait ainsi murmurer sa petite histoire, inscrite dans ses rides et  toutes ses fêlures, et offrir un témoignage particulier, celui du précieux temps qu'il avait vécu.

Qui sait, certains d'entre eux connurent-ils autrefois la vitrine évoquée par Mimi Guillam dans son cahier de vie. A l'aube du vingtième siècle, dans cette petite armoire d'une école bretonne, l'ancienne institutrice de sa mère exposait divers objets de tous les jours, pour que la classe soit "sans rupture avec la vie du dehors", et parce qu'elle considérait toutes ces "choses" apportées par les enfants comme "des liens très importants entre la parole, le concept et le savoir". Ce fut là sans doute la première inspiration d'Émilienne, maîtresse de maternelle au parcours magnifique et exemplaire, qui conçut toujours "l'école comme un prolongement de la nature et de la maison".

Vivent les objets donc, qu'il s'agisse des plus anciens, ceux qui ont déjà subi les rigueurs du temps et dont l'observation nous livre d'utiles repères ou quelques secrets du progrès, jusqu'aux plus récents, à l'existence fragile et de plus en plus jetables. Même ces derniers auront bientôt à raconter les souvenirs d'un quotidien  et mériteront leur place dans la mise en scène future de nos vies d'aujourd'hui. Toutes ces créations de l'homme, qui le secondent ou l'accompagnent, révèlent et portent l'aventure de ses usages et de ses besoins, alors... respect !

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