vendredi 11 mars 2011

paysages

Le Printemps des Poètes invite cette année à "sauter les frontières", à la rencontre d'infinis paysages. Quelle idée séduisante ! Même pour ceux qui comme moi, craignent les voyages, longues randonnées et chevauchées lointaines, hors de leur cocon douillet. C'est que mon âme vagabonde, elle, et aime malgré tout se laisser aller à parcourir librement le monde, mais en utilisant quelques moyens confortables. L'imaginaire et les rêves permettent de se jouer de la distance et du temps...

Le thème m'a rappelé toutes ces œuvres exposées l'année dernière au Musée des Beaux-Arts de Lyon, parmi lesquelles je me suis promenée plusieurs fois avec tant de plaisir ! L'ensemble retraçait l'histoire du "paysage" en peinture et son évolution en France au XIXème siècle. Le circuit très pédagogique et l'accrochage plutôt intime donnaient envie de s'attarder, de prendre des notes, pour ensuite s'essayer chez soi à quelques croquis.

          Captant les lumières
          Pour esquisser un siècle
          Paysages de mémoire

Comment ne pas citer ces îles jamais trouvées et pourtant parcourues avec intérêt au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne ? A l'époque de cette visite je lisais d'ailleurs Les chaussures italiennes de Henning Mankell : une intrigue très originale se déroulant justement sur une île de la Baltique... En plus du dé-paysement total, je m'étais passionnée pour l'aventure très singulière du personnage principal : un retour émouvant sur le passé, une quête intime, le genre de récit dont je suis gourmande...

Comprendre certains évènements d'autrefois, récupérer des visages et des noms perdus, des envies oubliées, c'est aussi replonger au cœur d'infinis paysages, auréolés ou non de nostalgie. Des images, des décors, resurgissent du fond de la mémoire ; on en perçoit presque les odeurs, les bruits, les mouvements. Moi j’entends, je sens, je vois parfois les sables d’or de mon enfance, beaucoup d'eau sous un ciel d'été ; mon souvenir colore la toile.

Mais voilà, aujourd'hui mon horizon quotidien se compose de toits par dizaines qui abritent une fourmilière, une cité construite au milieu des terres, où les fleuves ne peuvent bien sûr pas remplacer la mer... Sans regret,  puisque ce mode urbain me convient.

          Lucarnes et tuiles
          Oxygène ou cheminées
          La ville haute

De mon nid donc, pour me propulser ailleurs, en plus de tous ces tableaux que j'aime contempler, de tant de films, de toutes ces lectures comme des trésors inépuisables, je compte beaucoup sur les mots, ceux qui "relient" et que l'on fête également ces jours-ci, ceux que je lis, que je reçois, ceux que j'écris, que je donne : grâce à eux, des liens se tissent, le monde entier se trouve à portée de ma main, de mes yeux. Partages d'élans, de sensibilités, de bonheurs, et parfois de peines, mosaïques d'expressions et de témoignages sur de multiples lieux de vie.

Du dessin, du cinéma, de la musique, des livres, de la poésie, de la mémoire, de l'internet... Pas d'hésitation pour toutes ces tribulations, pas de valise à faire, il suffit de se laisser guider au hasard, profiter d'une visite, d’une image, d'une histoire, d'une lettre, d'une confidence. On peut, par tant de chemins, écouter, imaginer, se rassasier "d'infinis paysages".

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