mercredi 4 mai 2011

enseignes

Prenez un routard français moyen... Imaginez-le, ce touriste : il s'applique bien sûr à suivre les conseils  avisés de son guide papier choisi parmi les plus célèbres. Alors quand celui-ci  recommande de lever la tête au passage dans les rues d'un centre ville historique, le promeneur, bon élève, remarque forcément,  tout en gérant quand même prudemment le pavé, tous les détails des façades : fresques, sculptures et colombages, rebords, balcons et gouttières, teintes des pierres et débordements fleuris. Et voilà son regard attiré par de jolis panonceaux ouvragés, colorés, porteurs de symboles évidents, qui signalent la présence d'une échoppe, d'un commerce, voire d'une petite entreprise...  Charmé par certains modèles particulièrement réussis, il se surprend à rechercher partout ces coquettes enseignes, dont il photographie les plus originales. Superbes souvenirs : de quoi garnir, à son retour au bercail, un bel album, qui sera facile à compléter au gré des futures sorties...

... Le touriste en question évidemment, c'est moi, guide du routard à la main  et visitant quelques bourgs alsaciens incontournables, puis à la maison récupérant des clichés archivés, rappels de petits voyages précédents, pour les ajouter aux plus récents, et regroupant enfin le tout en en une galerie sympathique qui ne pourra que s'enrichir encore...

Oui, je vais vous les montrer mais attendez un peu... Car les photos sont une chose mais, au fait, le mot enseigne, d'où sort-il ?

Eh bien son ancêtre le plus lointain est latin : signum, "marque" ou image distinctive. Dans la famille, on trouve sans surprise le sceau, le seing, et aussi de nombreux autres mots, plus fréquents, contenant les bases suivantes :

-sign-, comme dans le signal, l'insigne, la signature ou encore le verbe désigner,

-sin-, l'exemple correspondant le plus étrange étant le tocsin,

et enfin -seign-. avec l'enseignement, le renseignement et donc l'enseigne.

La vieille enseigne fut d'abord définie, à l'instar de son ancêtre, comme une "marque", mais surtout comme une "preuve". Il en subsiste l'expression à telle enseigne, autrement dit "pour preuve", ou celle-ci : à bonne enseigne, "avec de solides garanties"... Puis, au Moyen Âge une enseigne fut un symbole de ralliement pour les troupes, une bannière ou une oriflamme. Au masculin, le nom désigna l'officier exhibant ce signe de reconnaissance, le "porte-drapeau" en somme. Enfin le mot s'employa pour les panneaux à l'inscription ou au dessin représentant la fonction des établissements commerciaux, dont beaucoup d'auberges... bien qu'à bon vin, il ne faille point d'enseigne et quitte à se trouver tous logés parfois à la même enseigne et dans les pires conditions....

Tous renseignements ayant été pris maintenant sur leur compte, il ne reste plus qu'à passer en revue les bijoux que j'ai glanés : souvent humoristiques, au ton rétro, voilà de belles enseignes, à l'ancienne, et  pour certaines  de réelles pièces de musée...

2 commentaires:

Gisèle a dit…

Tes enseignes alsaciennes sont toutes plus jolies les unes que les autres.

Martine a dit…

Merci de ton passage Gisèle.

C'est sûr je vais chercher partout les enseignes maintenant. Je n'arrive plus à retrouver des photos d'enseignes faites en Bretagne il y a quelques années, en du côté de Moncontour je crois ; il va falloir que j'y retourne...