samedi 15 décembre 2012

entre-deux


Entre
et deux associés, qu'ils affichent ou non leur liaison, n'évoquent-ils pas toujours une situation inconfortable ? Leur combinaison ne suggère-t-elle pas invariablement le temporaire, le passager ?



Entre deux trains, entre deux avions, l'urgence excuse l'indécision. Se dire le cul entre deux chaises autorise à ne pas se compromettre ; nager entre deux eaux sème le trouble et évite qu'on s'engage. Entre deux êtres, le cœur balance, hésite, puis tranche ou sombre... 

L'entre-deux, quand il sépare les choses, ne revêt jamais, hélas, la même apparence : ici il désigne un gouffre, ailleurs un obstacle... Il relie deux mondes parfois, se définissant alors comme un passage : vision sympathique, voire utile, certes, mais s'agit-il d'un pont solide ou d'une passerelle plus ou moins branlante ?


Soyons sport ! Au basket par exemple, l'entre-deux correspond à une action déterminante puisqu'il départage : l'exception ?



Car lorsqu'il se place sur le fil du temps, il redevient imprécis, reste dans le vague ! D'une durée inappréciable, indéfinie, il répand le doute, et c'est à votre imagination de travailler ! 

Ah !
« La vie est un déchirement entre la naissance et la mort,
la vie est un entre-deux.»
Michel Patin
Ah ?

Soit ! Mais alors... Quel périlleux entre-deux  ! Drôle de manège où se succèdent tant de tristesse...

« La tristesse est un mur élevé entre deux jardins. »

... et temps de bonheur !...

«  Le bonheur, c'est tout ce qui arrive entre deux emmerdements. »

... Tristesse, bonheur, tristesse, bonheur... La vie comme un parcours en montagnes russes... Un tourbillon d'entre-deux à en perdre la tête !


Disons que, chanceux parmi les hommes, l'écrivain tire bien son épingle du jeu.... Même si Fernand Ouellette considère « l'intervalle entre deux livres » comme une « sécheresse », et même si sécheresse rime avec... tristesse !... au moins lorsqu'il se trouve entre deux livres, comme entre deux jardins, le plumitif peut-il profiter de cette position idéale, du haut de son mur, pour observer le monde, collecter images et parfums, avant d'entamer un nouvel ouvrage. Il joue de l'entre-deux, et l'optimise, il emplit de songes les pauses...


Pile

Entre deux lettres
le temps se distend
Entre deux mots
un écart un blanc
le vide

ou Face

Entre deux lettres
pour passer le temps
entre deux mots
pour combler l'espace
le rêve


Les silences sont importants, quand ils restent des entre-deux...

mardi 11 décembre 2012


En ligne aujourd'hui sur la grande mognoterie : la mogno-lettre au Père Noël ! Nous sommes dix auteurs de l'atelier à avoir participé à cette commande de circonstance... Si vous avez d'autres idées...

Bon courage Père Noël pour assurer la livraison ! A moins que... l'apocalypse te sauve la mise !

lundi 3 décembre 2012

corazón


En fin de semaine, du 6 au 9 décembre, se déroule à Lyon une nouvelle édition de la Fête des Lumières... En attendant, voici quelques p'tits mots des années passées, parus pour la même belle occasion : artifice (2011), lumignons (2010), lumières (2009), lumière (2008)...

Une des animations au programme cette année consiste en un immense corazón coloré sur la place de la Bourse, une structure palpitante conçue par Agatha Ruiz de la Prada. J'en ai repris le schéma pour un graphisme à ma façon...

vendredi 23 novembre 2012


Le texte J'étais un veinard paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie : il s'agit de ma contribution au thème 15, autour du mot prix.

J'ai écrit cette histoire après avoir vu les deux tableaux de Edward Hopper (1882-1967) exposés l'un près de l'autre au MET, Metropolitan Museum of Art, à New York  :

Office in a small city, 1953


Tables for ladies, 1930



Ainsi, toutes les œuvres de Hopper ne sont pas actuellement au Grand Palais... Mais toutes se prêtent merveilleusement à l'écriture : j'avais déjà évoqué cette mine d'or à l'occasion du p'tit mot rêverie !

samedi 17 novembre 2012

panaché


Fouille d'automne
Repas en cours
Ne pas déranger


Et un panaché s'il vous plaît !


(résident de Washington Square, NY)

vendredi 16 novembre 2012

Manhattan


Des buildings, des parkings,
des poubelles en vrac
et plein de trucks...

dimanche 21 octobre 2012

rêverie

Le temps semble ne pas vouloir défiler ce matin. Depuis qu'elle est descendue de sa chambre, Jane trouve les aiguilles de la pendule très nonchalantes ! Robert est occupé ; il lui a bien fait comprendre, en un geste agacé, qu'il n'a rien à lui donner à faire pour l'instant. Ce client-là, elle l'a reconnu, c'est Monsieur Hopper, un habitant du quartier, dont le patron s'occupe toujours tout seul. Et voilà qu'en saisissant leurs échanges de regards dans le miroir, en percevant dans le même temps les rires des deux hommes, elle éprouve le douloureux sentiment d’être exclue, et surtout oubliée. La nuit dernière ne fut donc importante que pour elle ? Robie - oui, cette nuit elle l'a appelé ainsi, tendrement - n'a-t-il aucun souvenir de leurs caresses ? Aucune émotion à partager avec elle, ne serait-ce que par un frôlement des yeux, après tant de moments délicieux dans la mansarde de l'employée ?

Le soleil se déverse dans la pièce par une lucarne élevée, un rayon frise les onze heures. Jane tourne délibérément le dos au cadran et, ramassant au passage le livre de caisse, tire l’unique chaise jusqu’à la table d’appoint. Elle pousse sur le côté quelques instruments et un bol de rinçage jusqu'à les mettre à portée du coiffeur, en faisant exprès un peu de bruit... Mais lui ne tourne même pas la tête... Le registre ouvert, Jane essaie de se concentrer sur les colonnes de chiffres… Quel ennui ! Et cet autre, là, impeccable dans sa veste immaculée, ce sauvage qui ne lui jette pas un regard, qui ne trouve toujours rien à lui dire, qui l’ignore ! L'odeur ambiante de mousse et de shampooing lui répugne soudain ; l'indifférence de Robert lui fait mal. Elle, elle était vraiment sincère…

Entre deux pages, apparaît un crayon oublié, et un papier déchiré sur lequel elle se souvient avoir commencé, il y a quelques jours, une liste de produits pour réapprovisionner leur réserve. Ça la fait presque sourire, ce contraste entre l’ordonnance des nombres sur les belles pages lignées et son écriture à elle, hésitante et baveuse, sur la feuille volante. Le stylo en main - n’est-ce pas Robie d’ailleurs qui lui avait donné ? - elle se prend à griffonner quelques mots au dos de la liste : je pense à toi quand tu me fais du bien, je veux tout te dire, et que tu reviennes la nuit prochaine me déclarer ton amour… Comme elle aime écrire ! Elle prend toujours du plaisir à laisser une mine courir sur du papier, n’importe quel papier. Elle n’en a pas souvent l’occasion et Robert ne peut sans doute imaginer Jane jouer avec des mots et s’essayer à des poèmes ; quel ridicule !

Elle n’entend pas la porte de la boutique ; alors Robert approche et lui pose brutalement la main sur l’épaule pour la faire réagir. Tout va très vite… Elle se redresse, froisse la feuille qu’elle enfonce dans sa poche, avec le crayon. Machinalement, nerveusement, comme pour reprendre contenance, elle pince les deux extrémités du col de sa robe pour en vérifier la tenue. En fermant le grand livre, elle heurte du coude le bol qui glisse et s’éparpille au sol en mille morceaux. Le bruit, son propre affolement, le patron qui la rabroue, le client dont on entend les pas impatients dans le petit escalier… Au diable les pensées de plume et les rêves de flamme, au boulot Jane ! Le temps se précipite et le matin langoureux s’évanouit.

__________

Cette scène a été ébauchée en 2010, au cours d'un atelier d'écriture, à partir du tableau : "The Barber Shop", Edward Hopper, 1931 ... Depuis j'ai retravaillé mon texte et vous en donne ici la dernière version.

L'oeuvre d'Edward Hopper inspire régulièrement des travaux d'écriture. Il s'agit de peupler des décors vides et ordinaires, d'inventer les pensées de figurants solitaires ou d'individus mystérieusement réunis dont les regards sont perdus en songes particuliers, d'inscrire une scène dans le déroulement d'une ou plusieurs vies. Les tableaux d'Edward Hopper se visitent et se revisitent ainsi, à volonté...

A consulter, à lire : 
- l'exposition Edward Hopper, sur le site du Grand Palais
- Edward Hopper raconté par six écrivains, sur le site de L'Express

samedi 13 octobre 2012


Cambriole paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie : il s'agit de ma contribution au thème 14, autour du mot branche. Évidemment, à l'approche de la Semaine Bleue, le scénario peut paraître osé... Mais sous la contrainte, j'aurais pu faire encore bien pire !

lundi 8 octobre 2012


Pour info, la semaine prochaine, du 15 au 21 octobre, se déroulera la Semaine Bleue... A cette occasion, dans toutes les communes de France, sont programmés des événements, rencontres, animations, manifestations, visant l'information de tous sur ce qui se fait en proximité et toute l'année pour les personnes âgées et autour d'elles...

Pour en savoir plus, voici des liens à consulter :

- La Semaine Bleue, à Lyon : à partir de cette page, téléchargez le programme des animations dans tous les arrondissements. Pour toute autre ville, renseignez-vous en mairie...

- La Bib' à Dom' : un exemple d'association qui participe chaque année à la Semaine Bleue.

- Sur ce blog, les p'tits mots cadeau (2009), label (2010), seniors et intergénérationnel (2011) ont régulièrement évoqué cette importante semaine...

A suivre !

jeudi 20 septembre 2012


Choix paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie

Il y est question du choix d'un livre mais aussi d'une question plus délicate... Que diriez-vous si l'on vous proposait une vie éternelle garantie, plutôt que mourir ?

Cette contribution au thème 13 ( récit en je, autour du mot oreille et contenant un allusion à quelque phobie ou superstition ) me permet de vous faire partager un récent plaisir de lecture, un roman intitulé Les oubliés de la lande, écrit par Fabienne Juhel et publié dans la collection La Brune, aux éditions du Rouergue

La librairie évoquée dans mon texte est la Librairie du Tramway...

lundi 17 septembre 2012

recyclage

J'ai pris cette photo hier le long des berges du Rhône : hélas, une bonne idée déco pour agrémenter le fond de vos bassins aquatiques et recycler vos vieilles bécanes !


vendredi 7 septembre 2012

épistolier

ultime bafouille d'un épistolier... en série...

J'ai toujours aimé écrire, d'aussi loin qu'il me souvienne... Écrire des lettres me passionne, qu'il s'agisse d'exercice graphique ou de correspondance, de tracé ou de rédaction, et je m'efforce que chaque composition soit agréable à lire en même temps que bien présentée. Enfant, je privilégiais la plume et m'appliquais beaucoup, aux pleins et aux déliés ; adolescent, je variais la couleur de l'encre selon le destinataire. J'écrivais consciencieusement à tous mes parents ou amis lorsqu'ils s'éloignaient, je voulais les assurer que je pensais à eux, que j'espérais garder le contact ou attendais leur retour... J'ai aussi toujours voulu dire : « J'existe », montrer par mes écrits le meilleur de moi-même et convaincre de ma fidélité. J'étais fier de mon trait et, lorsque j'atteins l'âge adulte, je tâchais aussi de soigner ma prose : je faisais honneur à tous ces gens en veillant à ce que chaque lettre soit considérée comme une œuvre ! C'était MON œuvre, à leur intention...

Mais je m'égare... Venons-en aux faits !

Voyez-vous, j'ai fini par trouver que mes correspondants ne manifestaient pas suffisamment leur admiration et quand mon besoin de reconnaissance est devenu trop fort, j'ai eu l'idée de faire bénéficier plus de monde de mon talent épistolaire. J'ai décidé d'élaborer un projet personnel de grande envergure combinant l'action et l'écriture !

Vous ajouterez cette missive au lot que vous possédez déjà de ma composition, à tous ces messages que vous avez reçus régulièrement depuis le début de... l'Affaire... et que les journaux se sont évidemment empressés de publier – ce qui me convenait parfaitement d'ailleurs. Ne reconnaissez-vous pas la patte de mon génie, diabolique et sensationnel ?

N'ai-je pas procédé de manière élégante en commettant si proprement mes courriers ? Découper, coller, cette méthode prisée par les corbeaux vulgaires aurait été non seulement banale mais trop sale, le meilleur moyen de laisser des empreintes et de me trahir trop vite. Non, au lieu de cela, je prenais soin à chaque fois d'enfiler des gants, très fins, puis de vous concocter une lettre à partir du traitement de texte d'un ordinateur public, jamais le même PC ! Je racontais en triant soigneusement les détails, en saupoudrant mes exposés d'une pincée d'humour et n'économisant jamais les politesses... Il ne me restait plus ensuite qu'à enregistrer mon récit sur une clé pour le faire imprimer quelque part. Jamais la même clé, jamais la même boutique, évidemment...

Convenez-en : je vous ai permis d'exercer vos capacités intellectuelles jusqu'alors sous-employées, non ? Je me suis bien amusé à vous donner des indices petit à petit, à élaborer pour vous un jeu de piste, à vous imaginer en train de résoudre les problèmes soumis par mes envois anonymes. Je vous ai mis à l'épreuve... Et moi, parallèlement, je construisais chacun de mes crimes ; l'intérêt essentiel était d'en travailler ensuite consciencieusement le compte-rendu, pour vous mais aussi pour mon nouveau public, toute cette population à la fois inquiète et si curieuse ! Je me perfectionnais, au fur et à mesure... De plus en plus de cruauté... De plus en plus de style... Il en a quand même fallu une bonne douzaine, de crimes, et donc autant de lettres, avant que je me lasse..

Bien sûr j'obtiendrai perpète ! Ce sera sans regret de ma part. On ne l'accorde pas à n'importe qui. Je suis persuadé que mon procès durera un certain temps et que sa médiatisation me vaudra une immense popularité, juste récompense de louables efforts et couronnement d'une belle entreprise. Les gens adorent qu'on leur offre du suspense et je les ai tenus en haleine pendant de longs mois. Je suis bien certain que l'on tirera de cette Affaire un livre, des films, que sais-je encore ?

Oui, je suis coupable et vais vous laisser me cueillir aujourd'hui, bien gentiment ! Oui Monsieur le Commissaire, pour qu'on se soucie de moi, j'ai tué et écrit, passionnément, en série.

mardi 4 septembre 2012

vélorizontal

De drôles de machines tournaient dimanche dernier, frôlant les 50 km/h, sur le vélodrome du Parc de la Tête d'Or ! S'y déroulait en effet le championnat de France de vélo couché, sur piste. Le public était peu nombreux, composé de familiers mais aussi de promeneurs arrivés là par hasard, d'abord attirés par l'ambiance, chaleureuse et sportive, puis vite convaincus par le spectacle ! Voici quelques exemples de... vélorizontaux...


Le mot vélorizontal est un mot-valise (vélo - horizontal) ! Il désigne ce type de bicyclette où le conducteur – en l'occurrence un bentrider, pratiquant du bent, ou vélo couché – s'installe non pas sur une selle mais dans un véritable siège, en position quasi allongée, et pose les pieds sur un pédalier situé à l'avant de l'engin.

Épatant, non?

vendredi 17 août 2012

baleine

La reine des baleines est en ligne : ce texte constitue ma contribution au thème 12 proposé sur la grande mognoterie autour du mot voyage.  C'est aussi l'occasion de retrouver Mamie Ginette et son petit-fils, déjà évoqués en atelier d'écriture avec L'idée de Sammy et depuis longtemps présents sur mon p'tit mot  ( libellés : Ginette, Sammy )

«… et on a vu une baleine rose,
enfin seulement la queue qui dépassait de l'eau, 
c'est pas une blague, regarde, j'ai la photo... »
(La reine des baleines)

vendredi 10 août 2012

1900

En ligne aujourd'hui, le sixième et dernier épisode du feuilleton 1900... ma version d'un travail réalisé entre décembre et juin derniers au cours de l'atelier d'écriture animé par Denis Azoulay au Comité du Rhône de la Ligue contre le Cancer.

Au fil des épisodes précédents, vous avez fait la connaissance de plusieurs personnages : Louis le Bordelais et sa femme Yolanda, Alice et son oncle Louis le Lyonnais (dit aussi le Toqué ), Charles et Archibald. Vous avez également croisé Victorine et entendu parler de Camille... Certains se sont retrouvés à Paris, à l'occasion de l'Exposition Universelle et Yolanda organise un dîner pour discuter plus à l'aise. Hélas la conversation au cours de ce repas entraîne des révélations inattendues et une violente dispute. L'un des convives est poignardé la nuit suivante et l'on découvre son corps le lendemain matin. Heureusement l'enquête va être rondement menée...


A lire également sur ce thème 1900 :
- Avant-scène, récit d'une rencontre surprenante sur le trottoir de l'Avenir,
- et le p'tit mot carreaux...
 
Bonnes lectures !

lundi 6 août 2012

terrarium

C'est au terrarium de Kerdanet, dans les Côtes d'Armor, où je me rends de temps en temps depuis son ouverture en 1989, que l'on peut observer cette superbe mare et quelques-uns de ses habitants, libellules, grenouilles et petits poissons :














Dans les enclos voisins, toujours en extérieur, on aperçoit de nombreuses tortues, de taille respectable..












En fouillant du regard le paysage d'une fosse, on parvient parfois à discerner une vipère à la livrée en zigzag...



Et là, il s'agit d'être silencieux pour ne pas faire s'enfuir la couleuvre...


***

A visiter aussi, le vivarium qui abrite de nombreux reptiles dont ce serpent, libéré un moment pour être photographié, touché...




... ou carrément pris pour que l'amateur - intrépide - en teste la force !





dimanche 5 août 2012

pinasse

Ces photos, souvenirs de vacances, permettent de mieux comprendre ce que désigne le mot pinasse auquel la terminaison confère une allure péjorative sans rapport avec le réel profil ...

Voici deux exemples de pinasses modernes, destinées à la plaisance, que l'on rencontre dans les ports du Bassin d'Arcachon...











... Cette embarcation typique dont le matériau ( à l'origine : du bois de pin des Landes ) et la silhouette ont bien sûr évolué avec le temps, était utilisé autrefois pour la pêche et l'ostréiculture.

***

De nos jours, les ostréiculteurs se faufilent dans les parcs avec leurs chalands ; ces bateaux au fond plat ont un pont dégagé qui facilite le chargement et le déchargement des huîtres.







lundi 9 juillet 2012

abécédaire


L'abécédaire, en tant que contrainte oulipienne, se définit comme « un texte où les initiales des mots successifs suivent l'ordre alphabétique ».

***

Ah ! Bigre ! Coupable drôlesse ! Edouard fulmine, gourmandant Honorine. Il jure, klaxonne, lance méchamment : « Nigaude ! On poursuit qui ? Réponds ! Sûrement ton Ukrainien, Vladimir, wattman xylophoniste, yéyé zarbi !

***

On peut donc imaginer que...

... Honorine, particulièrement attirée par les professionnels des transports, vient de se faire plaquer, il y a quelques instants, en pleine rue, par son amant prénommé Vladimir.

Ce Vladimir, originaire de Kiev, dont le métier est conducteur de tramway, occupe ses loisirs à la pratique musicale : ce curieux mélomane, aux goûts rétros, affectionne particulièrement les percussions.

Après avoir crié : « Au voleur ! », pour ne pas avouer que l'homme en fuite est son amant, et tenter cependant de le rattraper, Honorine convainc son mari, Edouard, lui-même chauffeur de taxi, de pourchasser l'odieux lâcheur.

Edouard obtempère et entame la poursuite du soi-disant pickpocket. Mais, évidemment, il se doute de quelque chose et soupçonne s'être encore une fois laissé berner par son épouse volage...

***

Je pense à un nouvel abécédaire pour livrer le dénouement de ce fait divers, mais patience ! L'exercice requiert énergie, temps, et un état mental adéquat !

mercredi 20 juin 2012

huîtres


"Photographie et justice"

Pourquoi ne pas profiter d'un passage dans le Vieux Lyon, d'ici le 2 septembre, pour entrer dans les musées Gadagne et découvrir, au cœur des salles consacrées à l'Histoire de la ville, d'impressionnantes photographies de Delphine Balley. Cette exposition est organisée, entre autres événements, à l'occasion de l'achèvement de la rénovation du Palais de Justice.

Les six œuvres de l'artiste lyonnaise, curieusement intégrées dans le parcours permanent, montrent des scènes d'intérieur mêlant le réel ordinaire et le fantastique. Elles sont accompagnées, chacune, d'une « histoire » plutôt sordide, à l'allure de fait divers, imaginée et racontée par Frédéric Doyez, avocat pénaliste. Pour exemple, écoutez donc le récit concocté à propos de la composition intitulée Huîtres.

Venu pour admirer les objets et documents de collection recomposant le passé et l'évolution de notre ville, le visiteur jugera peut-être incongrue et provocante la présence de ces tableaux. Cependant, il y a de fortes chances qu'il se laisse surprendre et gagner par un élan de curiosité...

Il est ensuite facile de retrouver, sur internet, d'autres exemples du travail original de Delphine Balley. Ses photographies me semblent constituer des supports insolites exceptionnels pour l'inspiration, l'écriture, la création de scénarios... Elles me donnent fortement envie de prendre la plume pour la tremper dans l'étrange...

lundi 18 juin 2012


Trop-plein
et Vivant ! sont des textes courts, en ligne aujourd'hui sur la grande mognoterie : ils constituent ma contribution au thème 11.
C'est l'occasion de lire aussi les autres compositions reçues autour du mot goutte... ou de choisir un titre au hasard dans l'ensemble du répertoire. Bonnes lectures !

mercredi 13 juin 2012

papaline


Pendant ce dernier week-end passé en Avignon, je l'ai bien cherchée la papaline, si prometteuse de douceur, annoncée toute en chocolat et parfumée à la liqueur d'origan... Je l'ai traquée sur les cartes de desserts et dans les vitrines des confiseurs. Hélas, sans succès... Je n'ai pu me régaler que du joli nom !

Ces deux jours furent cependant une délicieuse récréation, occupée à arpenter les ruelles et les places de la "Cité des Papes", à découvrir son palais et son fameux pont, à contempler le site depuis Villeneuve-lez-Avignon, de l'autre côté du Rhône ! En voici des images ensoleillées et quelques surprises...




mardi 29 mai 2012


Après La perle du Dragon (1), texte paru la semaine dernière, voici La perle du Dragon (2) en ligne aujourd'hui sur la grande mognoterie. L'ensemble constitue ma participation au thème 10, autour du mot pont ; j'ai choisi d'écrire ce conte après avoir découvert la légende du bouvier et de la tisserande et j'y ai mêlé les animaux de l'horoscope chinois ainsi que d'autres détails... Merci de vos visites à l'atelier, et bonnes lectures !

mardi 15 mai 2012

corbeaux


En parcourant les ruelles du quartier Saint-Georges, dans le Vieux Lyon, à l'occasion d'une chasse aux enseignes - activité qui oblige évidemment à lever les yeux - je me suis arrêtée devant le 18 rue du Doyenné...

Profitant de l'exceptionnelle lumière en cette parenthèse ensoleillée de mai, j'ai photographié la façade à la fois simple et intéressante : on y remarque en effet, sous l'étage des mansardes, d'originales "consoles". Il s'agit d'oeillets saillants en pierre et percés de trous que l'on nomme aussi "corbeaux"...
















En architecture, les consoles désignent ces pièces qui, parfois ouvragées, servent sur l'extérieur d'un bâtiment à présenter des éléments  artistiques ou décoratifs ; souvent en forme de S, elles soutiennent aussi un balcon ou consolident une avancée.

Les corbeaux, eux, soulagent la portée d'une poutre. Ici, en haut de cette bâtisse, ils avaient une fonction liée à l'ancienne activité textile du lieu : ils supportaient une sorte de tringle, une traverse en bois, sur laquelle le teinturier suspendaient ses étoffes. Il s'agissait ainsi de les déployer afin qu'elles puissent sécher...

Ces "corbeaux" sont à l'origine d'un autre mot fréquemment utilisé pour décrire la position d'une construction en saillie sur le plan vertical d'un mur : on parle ainsi, par exemple, de tourelle, de corniche ou de galerie en encorbellement.

***

Photo ajoutée le 1er juillet 2012 : corbeaux sur la façade 20 rue du bœuf, dans le quartier Saint-Jean à Lyon...


samedi 5 mai 2012

mai

D'habitude...

Ce qui me plaît
en mai,
c'est enlever les fils
d'avril,
un à un,
jusqu'en juin...



Hélas cette année...

  Mai nous arrive déguisé !
    Le joli mois garde le masque
      et reste bien pelotonné
        derrière la grêle et la bourrasque.
          Est-ce un caprice ? Est-il fâché ?
            Pourquoi cette humeur si fantasque ?


Ouf...

  On dit que mai va bientôt
    retrouver toute sa raison
      et jouer le printemps réglo.
        Ne prévoir que les maillots
          pour le pont de l'Ascension,
            ça ce s'rait chic ! Espérons !

vendredi 4 mai 2012

Rodanski


L'exposition
Les horizons perdus de Stanislas Rodanski, à la Bibliothèque de la Part-Dieu, présente de nombreux documents illustrant le parcours de cet écrivain lyonnais né en 1927, entré volontairement en 1954 à l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu où il demeura jusqu'à sa mort en 1981 ! Son existence fut une longue quête dominée par l'écriture, nécessaire et essentielle :

"Je crois avoir commencé à écrire pour laisser de moi une image flatteuse..."

"Ecrire pour savoir qui l'on est, pour faire savoir à Pierre et Paul que j'existe aussi..."

Les mots constituaient son
"ultime lien avec la vie".


Le rendez-vous est incontournable pour tous les amoureux de l'écriture ; la galerie se visite et se revisite, sans modération puisque gratuite, et je conseille plusieurs promenades, le carnet à la main afin de noter les phrases qui résonnent le mieux en chacun selon sa sensibilité.

Cet hommage à Stanislas Rodanski et à son œuvre foisonnante, a pu être réalisé notamment grâce à Bernard Cadoux que j'ai la chance de connaître par le fil de quelques écritures.... Bravo, et merci Bernard, de nous inviter aujourd'hui à cette redécouverte d'horizons perdus...

samedi 21 avril 2012


Dépositions paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie, il s'agit de ma contribution au thème d'avril, un texte réorganisant les détails d'une réelle affaire. Impossible d'en évoquer ici le sujet, vous risqueriez de renoncer à vous rendre sur place...

vendredi 20 avril 2012

contrainte


Des visiteurs de la grande mognoterie m'ont posé cette question concernant les "contraintes" : pourquoi, dans tous les ateliers d'écriture, impose-t-on ainsi des thèmes, des formes, une taille, pourquoi ne laisse-t-on pas simplement l'envie et l'imagination des participants guider leurs plumes ?

Le dictionnaire définit un "atelier" comme un lieu de travail d'artistes ou d'ouvriers, un chantier, un studio où tout un groupe effectue une tâche en commun.

C'est la contrainte qui pour l'atelier d'écriture constitue la tâche commune, fédère le groupe et lui donne sa raison d'être. Si les personnes sont réunies, elles échangent évidemment leurs idées sur le sujet donné et les inspirations se nourrissent mutuellement. La pensée de l'un va faire émerger des souvenirs chez l'autre, le mot utilisé par l'un va entraîner de nouvelles associations chez l'autre. La discussion et les lectures intermédiaires provoquent des ouvertures imprévues dans la mémoire ou donnent les moyens de rebondir...

La contrainte oblige parfois aussi à un certain effort, à bousculer ses propres tendances, à malmener ses habitudes, à prendre d'autres points de vue, à s'adapter, à se diversifier. 
Sur un thème donné, au cours d'une séance ou chez soi, on joue, on fait des gammes, on se met dans des situations originales, on essaie plusieurs formes, on ouvre l'éventail des expressions possibles, on s'exerce à plusieurs styles jusqu'à peut-être pouvoir enfin trouver le sien, celui dans lequel on évoluera à l'aise.

La contrainte initiale déroute parfois mais stimule toujours. Quand le travail d'écriture se fait en un lieu, un jour de telle à telle heure, c'est le "temps" qui se révèle souvent plus difficile à maîtriser !

Je ne me lasse pas de constater, en fin d'atelier, même virtuel, comme les productions se révèlent riches et variées alors que le point de départ était le même pour tous. Un mot, une expression, un thème imposés permettent sans nul doute de relever des challenges, de s'exercer, de se dépasser, de reconnaître et d'apprécier l'existence d'autres sensibilités. Chaque nouvelle contrainte est une occasion supplémentaire pour progresser ; l'atelier d'écriture offre ainsi des opportunités pour partager une passion commune sans cesser jamais d'apprendre...


( consultez le répertoire des thèmes pour la grande mognoterie, ou les listes annuelles d'enclencheurs, par exemple celle de 2010-2011, au fil de l'écriture )

jeudi 12 avril 2012

acrostiches


Sur la page facebook du Comité du Rhône de la Ligue contre le cancer paraît aujourd'hui le lien vers un recueil de textes intitulé Seuil Des Fragilités, à lire ou à télécharger.

Ces textes ont été composés dans le cadre de l'atelier d'écriture proposé et animé par Denis Azoulay, je les ai simplement réunis et mis en page... Ce sont tous des acrostiches abécédaires. 

Un acrostiche est en fait un poème dans lequel les initiales des vers, lues verticalement, forment le plus souvent un mot particulier. Deux messages sur ce blog contiennent des acrostiches : reproches et brivadois.

Lorsque l'acrostiche comporte vingt-six vers dont les initiales suivent l'ordre alphabétique, on le dit abécédaire ou universel.

Voici pour exemple ma participation au recueil, acrostiche abécédaire intitulé Train de vie :


Au-dessus de mon berceau bavaient les commères.
« Bravo ! Quel soulagement après toutes ces souffrances ! 
Comme vous devez être heureuse chère Marie-Denise ! »
Délivrée, ayant subi la tardive épreuve, 
Epuisée, maman ne voulait plus d'émotion. 
« Franchement, c'est le portrait craché de son père, non ? 
Gare à son futur caractère, à ces yeux bleus 
Habités de songes et d'une étrange tristesse...» 
Inondé de bonheur, papa m'ouvrit son cœur. 
Je m'y engouffrai, à l'aise, prenant toute la place, 
Kidnappant son amour, ses pensées, à jamais. 
Les bavardes continuaient et prophétisaient.
« Martine, nous devinons bien ce que tu seras ! 
Naturellement mélancolique et rêveuse 
Obéissante, docile - pourquoi te rebeller ? -, 
Poussée vers le pratique enseignement 
Qui libèrera tôt tes parents vieillissant. » 

Revisitant mon parcours d'enfant et de femme, 
Sentier sinueux, enrichi par l'expérience, 
Tendrement jalonné de mes propres naissances, 
Unique malgré mon manque de personnalité, 
Voilà que je me perds ; ils affluent et se bousculent, 
Wagons souvenirs formant le train de ma vie, 
Xylographiés sur écorce frêle : la mémoire ! 

Y'avait encore à faire non ? Et tant à apprendre !  
Zut ! Bientôt la fin ! Je voudrais recommencer !

lundi 9 avril 2012

cohabitation


Et puis, Paulette..., le dernier roman de Barbara Constantine, scénario idéal de cohabitation et de solidarité, complète parfaitement le p'tit mot intergénérationnel publié ici en octobre 2011. Dans cet article, je citais quelques actions exemplaires destinées à lutter contre l'isolement des personnes âgées et notais l'importance d'une bonne circulation de l'information : chaque individu devrait avoir connaissance de tous les choix concernant son avenir de senior, afin de déterminer la solution qui lui conviendra le mieux, celle qui lui permettra de conserver autant que possible, dans son quartier ou dans sa ville, ses repères essentiels, humains, sociaux, culturels. L'adjectif "intergénérationnel" résonnera encore abondamment pendant la Semaine Bleue 2012 puisque celle-ci sera articulée autour du titre : Vieillir et Agir Ensemble dans la Communauté.

Alors bien sûr tout le monde n'a pas envie de rencontrer trop de monde sur son territoire, d'évoluer dans un espace domestique commun, mais voilà détaillée grâce à Et puis, Paulette... une situation originale susceptible de redonner au moins le moral, et des idées, à tous ceux qui ont peur de perdre le goût et l'envie. Bien sûr il ne sera jamais facile de concilier plusieurs indépendances, mais n'est-ce pas continuer à vivre que se confronter aux autres, faire des concessions et des aménagements, rester inscrit dans un projet... D'ailleurs "Projet" est aussi un mot intéressant, je l'avais déjà évoqué en parlant du maintien à domicile.

Ne serait-ce que pour découvrir qui est cette fameuse Paulette, n'hésitez pas à entrer dans la vieille ferme si accueillante de Ferdinand ! Vous y rencontrerez Guy et Marceline, Kim et les deux Lulu, Berthe et Chamalo, et tant d'autres encore aux noms ravissants ou désuets, et tout aussi sympathiques. La plume est tendre, pleine d'humour, le ton est optimiste et les chapitres courts donnent du rythme : l'ensemble constitue ainsi un sacré concentré d'émotions, de douceurs et de bons sentiments (pourquoi pas ?) qui régalent, revigorent et rendent ce moment de lecture plus qu'agréable...

mercredi 28 mars 2012


Intouchables
sort en DVD, et alors ? A-t-on encore besoin de nous rebattre les oreilles des qualités de ce film, du talent des acteurs... Nous avons déjà été convaincus et tout n'a-t-il pas été déjà dit ?

Moi je voudrais bien qu'on donne un coup de pouce à Hasta la vista, de Geoffrey Enthoven, sorti discrètement début mars. C'est aussi un film émouvant, sympathique, et drôle ; on y parle aussi de handicap, de solidarité, de projet ; on y voit aussi un accompagnateur formidable. Le film est encore cette semaine au programme de quelques salles, n'hésitez pas !

dimanche 18 mars 2012

tsunami


Le resto de Narihiro paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie.

De nombreuses émissions étaient consacrées au Japon ces derniers jours, un an après le tsunami géant qui a dévasté le Nord-Est de la plus grande île de Honshu. Un matin j'ai entendu la traduction de quelques paroles d'un habitant de la côte ; je n'ai pas retenu les noms exacts du lieu ni de l'homme mais cet ostréiculteur, ou restaurateur peut-être, racontait avoir retrouvé, au milieu des décombres, un de ses précieux outils personnels de travail, un couteau à huître... Il aurait vu un signe dans cette découverte, le signe qu'il devait rester, que sa place était toujours à cet endroit.

Alors j'ai inventé le personnage de Narihiro, qui collecte les objets et nourrit les hommes, qui unit son énergie à la  force des autres, pour la reconstruction. J'ai imaginé Narihiro, dans un de ces paysages dont on trouve sur internet d'impressionnantes visions avant/après, compilant les objets comme des re-trouvailles.

Et c'est à Kesennuma, dans la préfecture de Miyagi, que j'ai situé finalement le resto de Narihiro.

La semaine passée, on a encore parlé de séisme au large de la côte orientale de la grande île de Honshu...

samedi 17 mars 2012

lettre


J'ai pris l'habitude de participer, chaque année, à la Semaine de la langue française et de la francophonie, en écrivant un texte autour des "dix mots" choisis pour l'occasion.

Voici mes contributions précédentes :
Conjugaison pour demain et demain, en 2009
Remue-méninges et Variante, en 2010
Entre mots, en 2011

Pour 2012, les mots proposés sont : âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports. Le thème Dis-moi dix mots qui te racontent encourage à parler de soi ! J'ai donc composé une lettre pour... vous.

***

          Cher inconnu,

Vous souhaitez que je vous apprenne ce que je suis, et proposez dix mots pour articuler mon portrait... Me mettriez-vous à l'épreuve ? Soit ! Il est bien naturel de vouloir se rendre compte à qui l'on a affaire. Je vous envoie donc le résultat de l'exercice : cet essai, que j'ai voulu sincère, vous donnera, je l'espère, envie d'en savoir plus encore...

Comme vous l'indique mon adresse postale, je vis en ville. J'aime ça : voir du monde, faire partie du mouvement, m'isoler parfois dans la foule et m'y sentir cependant exister. Je suis d'un caractère sociable et m'intègre aisément dans les groupes d'activités ou de loisirs, où qu'ils soient. Tant que je peux sortir de chez moi, ayant la forme et la santé, je ne m'en prive pas. Je sillonne les rues, à pied, et pour les longues courses emprunte les transports en commun, jamais le vélo, par peur, ni la voiture.

Je ne suis pas née citadine pourtant ! J'ai vu le jour dans un village de campagne puis vécu longtemps au bord de l'océan. Certains matins j'éprouve même comme une vague à l'âme... La mer me manque terriblement. Je me réfugie alors dans quelques occupations essentielles : la plupart, cela ne vous étonnera pas, tournent autour de ce penchant que j'ai toujours manifesté pour la langue française et particulièrement pour l'écriture. Mine de rien, c'est fou ce que l'on peut confier par l'intermédiaire d'une plume, d'un crayon, d'un clavier : des détails intimes encombrants, des sentiments, des souffrances, des espoirs. Serai-je capable un jour de construire un roman, de tirer les fils d'une longue et belle histoire ? J'y songe, de plus en plus souvent !

Que puis-je encore ajouter ? Aurais-je dû m'y prendre autrement pour composer cette lettre, insister sur quelques qualités ou compétences susceptibles de vous charmer, détailler quelques particularités physiques. Une photographie fera plus justement l'affaire, si vous le désirez.

Au plaisir de vous lire !

mercredi 7 mars 2012

Rendez-vous...

A l'occasion du Printemps des Poètes, deux auteurs de la grande mognoterie, Michèle Rodet et Danyel Borner, seront présents à la Médiathèque du Bachut (Lyon 8ème) le vendredi 9 mars, à partir de 18h30 : ils liront leurs textes sélectionnés dans le cadre du Tremplin Poétique de la Bibliothèque de Lyon... Bravo !

lundi 5 mars 2012

brivadois

Les habitants de la commune française de Brioude, dans le département de la Haute-Loire, sont appelés les Brivadois et les Brivadoises. Le Brivadois désigne également la contrée d'Auvergne située autour de cette ville.

Quant à l'adjectif brivadois, il se rapporte tout naturellement aux activités de cette région ainsi qu'à d'inévitables spécialités culinaires : tourte au saumon et gâteau aux myrtilles valent paraît-il le détour !

Mais il qualifie aussi, de façon plus originale, une contrainte d'écriture bien particulière répertoriée sur le site de l'Oulipo. Cet exercice, inventé par des collégiens brivadois, consiste à fabriquer un acrostiche, c'est-à-dire un poème dans lequel les initiales des vers forment un mot (lisez Reproches, en exemple, sur ce blog), mais il s'agit, en plus, de veiller à ce que, sur chaque ligne, les initiales des mots respectent l'ordre alphabétique... Ce qui complique singulièrement l'affaire !

Voici tout de même deux essais d'acrostiches brivadois, courageuses divagations, évidemment fantasques...

(Anecdote bucolique)

Pour que rentre
Rapidement son troupeau,
Ivan jouait Kalinka !
Notre opiniâtre paysan
Torturait un violon
Et faisait gambader
Mes nombreux ovins
Paresseux, qui rappliquaient
Sans tarder, ulcérés !

( Offre prometteuse )

Artiste bretonne, célèbre diva,
Militante naturiste, obèse peroxydée,
Offre pour quinquagénaires retraités
Unijambistes, via web xénophile,
Roucoulements sensuels torrides ! Unique !

samedi 25 février 2012

girafe



Pour faire le portrait
d'une girafe
pas besoin de la peindre
Autant la peigner

Quant à Zarafa
suffit
d'savoir
qu'elle
voyagea
beaucoup
traversa
le désert
et la mer
Puis elle
marcha
jusqu'à
Paris
C'était
une
jolie
girafe
au
long
cours


( Retrouvez dans le dossier Images de la girafe la représentation de la véritable Zarafa dont l'histoire est aujourd'hui adaptée au cinéma et qui fut un cadeau "diplomatique" fait en 1826 par le vice-roi d'Egypte Méhémet Ali au roi de France Charles X.)

dimanche 19 février 2012

carreaux


Avant scène paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie. Il s'agit de ma participation au thème 7 : une composition de carreaux, assortie d'une rencontre entre deux personnages.

J'ai situé cette rencontre en 1900, pendant l'été ou au début de l'automne, alors que l'Exposition Universelle, ouverte depuis la mi-avril, bat son plein. Pourquoi cette période ? Eh bien je baigne en fait dans l'atmosphère Belle Epoque, depuis plusieurs semaines, pour les besoins d'un projet lancé par Denis Azoulay dans le cadre de ses ateliers d'écriture. Difficile d'émerger.

Les recherches s'avèrent réellement passionnantes. Ma promenade documentaire sur internet, autour de l'Exposition, m'a notamment permis d'observer le tracé de la Rue de l'Avenir : s'y rapportant, j'ai visionné par hasard un petit film épatant, montage de documents tournés par les frères Lumière, puis lu une amusante pièce de théâtre en un acte intitulée L'article 330. Me renseignant sur l'auteur de cette comédie, j'ai ensuite atterri sur une page où l'on évoquait les habitudes de l'écrivain, ses humeurs, son allure et par exemple ses ordinaires pantalons à... carreaux... Ceux-ci ont évidemment retenu mon attention.

Comme nous étions, au moment où j'écrivais, en pleine Saint-Valentin, et même si l'action d'Avant scène ne peut se situer que plus tard dans l'année,  j'ai éprouvé l'envie d'une rencontre "légère", classique, un homme, une femme. Elle se prénommerait, pourquoi pas, Faustine, comme une héroïne de Léviatemps, thriller de Maxime Chattam, dont l'action se déroule également en 1900.

Voilà, je vous ai tout dit ; j'avais envie de partager avec vous, sur mon p'tit mot, les origines d'une saynète totalement fantaisiste, qui prend sûrement ses aises avec l'histoire, mais que j'ai eu plaisir à me représenter !