samedi 21 avril 2012


Dépositions paraît aujourd'hui sur la grande mognoterie, il s'agit de ma contribution au thème d'avril, un texte réorganisant les détails d'une réelle affaire. Impossible d'en évoquer ici le sujet, vous risqueriez de renoncer à vous rendre sur place...

vendredi 20 avril 2012

contrainte


Des visiteurs de la grande mognoterie m'ont posé cette question concernant les "contraintes" : pourquoi, dans tous les ateliers d'écriture, impose-t-on ainsi des thèmes, des formes, une taille, pourquoi ne laisse-t-on pas simplement l'envie et l'imagination des participants guider leurs plumes ?

Le dictionnaire définit un "atelier" comme un lieu de travail d'artistes ou d'ouvriers, un chantier, un studio où tout un groupe effectue une tâche en commun.

C'est la contrainte qui pour l'atelier d'écriture constitue la tâche commune, fédère le groupe et lui donne sa raison d'être. Si les personnes sont réunies, elles échangent évidemment leurs idées sur le sujet donné et les inspirations se nourrissent mutuellement. La pensée de l'un va faire émerger des souvenirs chez l'autre, le mot utilisé par l'un va entraîner de nouvelles associations chez l'autre. La discussion et les lectures intermédiaires provoquent des ouvertures imprévues dans la mémoire ou donnent les moyens de rebondir...

La contrainte oblige parfois aussi à un certain effort, à bousculer ses propres tendances, à malmener ses habitudes, à prendre d'autres points de vue, à s'adapter, à se diversifier. 
Sur un thème donné, au cours d'une séance ou chez soi, on joue, on fait des gammes, on se met dans des situations originales, on essaie plusieurs formes, on ouvre l'éventail des expressions possibles, on s'exerce à plusieurs styles jusqu'à peut-être pouvoir enfin trouver le sien, celui dans lequel on évoluera à l'aise.

La contrainte initiale déroute parfois mais stimule toujours. Quand le travail d'écriture se fait en un lieu, un jour de telle à telle heure, c'est le "temps" qui se révèle souvent plus difficile à maîtriser !

Je ne me lasse pas de constater, en fin d'atelier, même virtuel, comme les productions se révèlent riches et variées alors que le point de départ était le même pour tous. Un mot, une expression, un thème imposés permettent sans nul doute de relever des challenges, de s'exercer, de se dépasser, de reconnaître et d'apprécier l'existence d'autres sensibilités. Chaque nouvelle contrainte est une occasion supplémentaire pour progresser ; l'atelier d'écriture offre ainsi des opportunités pour partager une passion commune sans cesser jamais d'apprendre...


( consultez le répertoire des thèmes pour la grande mognoterie, ou les listes annuelles d'enclencheurs, par exemple celle de 2010-2011, au fil de l'écriture )

jeudi 12 avril 2012

acrostiches


Sur la page facebook du Comité du Rhône de la Ligue contre le cancer paraît aujourd'hui le lien vers un recueil de textes intitulé Seuil Des Fragilités, à lire ou à télécharger.

Ces textes ont été composés dans le cadre de l'atelier d'écriture proposé et animé par Denis Azoulay, je les ai simplement réunis et mis en page... Ce sont tous des acrostiches abécédaires. 

Un acrostiche est en fait un poème dans lequel les initiales des vers, lues verticalement, forment le plus souvent un mot particulier. Deux messages sur ce blog contiennent des acrostiches : reproches et brivadois.

Lorsque l'acrostiche comporte vingt-six vers dont les initiales suivent l'ordre alphabétique, on le dit abécédaire ou universel.

Voici pour exemple ma participation au recueil, acrostiche abécédaire intitulé Train de vie :


Au-dessus de mon berceau bavaient les commères.
« Bravo ! Quel soulagement après toutes ces souffrances ! 
Comme vous devez être heureuse chère Marie-Denise ! »
Délivrée, ayant subi la tardive épreuve, 
Epuisée, maman ne voulait plus d'émotion. 
« Franchement, c'est le portrait craché de son père, non ? 
Gare à son futur caractère, à ces yeux bleus 
Habités de songes et d'une étrange tristesse...» 
Inondé de bonheur, papa m'ouvrit son cœur. 
Je m'y engouffrai, à l'aise, prenant toute la place, 
Kidnappant son amour, ses pensées, à jamais. 
Les bavardes continuaient et prophétisaient.
« Martine, nous devinons bien ce que tu seras ! 
Naturellement mélancolique et rêveuse 
Obéissante, docile - pourquoi te rebeller ? -, 
Poussée vers le pratique enseignement 
Qui libèrera tôt tes parents vieillissant. » 

Revisitant mon parcours d'enfant et de femme, 
Sentier sinueux, enrichi par l'expérience, 
Tendrement jalonné de mes propres naissances, 
Unique malgré mon manque de personnalité, 
Voilà que je me perds ; ils affluent et se bousculent, 
Wagons souvenirs formant le train de ma vie, 
Xylographiés sur écorce frêle : la mémoire ! 

Y'avait encore à faire non ? Et tant à apprendre !  
Zut ! Bientôt la fin ! Je voudrais recommencer !

lundi 9 avril 2012

cohabitation


Et puis, Paulette..., le dernier roman de Barbara Constantine, scénario idéal de cohabitation et de solidarité, complète parfaitement le p'tit mot intergénérationnel publié ici en octobre 2011. Dans cet article, je citais quelques actions exemplaires destinées à lutter contre l'isolement des personnes âgées et notais l'importance d'une bonne circulation de l'information : chaque individu devrait avoir connaissance de tous les choix concernant son avenir de senior, afin de déterminer la solution qui lui conviendra le mieux, celle qui lui permettra de conserver autant que possible, dans son quartier ou dans sa ville, ses repères essentiels, humains, sociaux, culturels. L'adjectif "intergénérationnel" résonnera encore abondamment pendant la Semaine Bleue 2012 puisque celle-ci sera articulée autour du titre : Vieillir et Agir Ensemble dans la Communauté.

Alors bien sûr tout le monde n'a pas envie de rencontrer trop de monde sur son territoire, d'évoluer dans un espace domestique commun, mais voilà détaillée grâce à Et puis, Paulette... une situation originale susceptible de redonner au moins le moral, et des idées, à tous ceux qui ont peur de perdre le goût et l'envie. Bien sûr il ne sera jamais facile de concilier plusieurs indépendances, mais n'est-ce pas continuer à vivre que se confronter aux autres, faire des concessions et des aménagements, rester inscrit dans un projet... D'ailleurs "Projet" est aussi un mot intéressant, je l'avais déjà évoqué en parlant du maintien à domicile.

Ne serait-ce que pour découvrir qui est cette fameuse Paulette, n'hésitez pas à entrer dans la vieille ferme si accueillante de Ferdinand ! Vous y rencontrerez Guy et Marceline, Kim et les deux Lulu, Berthe et Chamalo, et tant d'autres encore aux noms ravissants ou désuets, et tout aussi sympathiques. La plume est tendre, pleine d'humour, le ton est optimiste et les chapitres courts donnent du rythme : l'ensemble constitue ainsi un sacré concentré d'émotions, de douceurs et de bons sentiments (pourquoi pas ?) qui régalent, revigorent et rendent ce moment de lecture plus qu'agréable...