jeudi 20 septembre 2012

choix

Choix est un texte que j'ai composé pour la mognoterie. Il y est question du choix d'un livre mais aussi d'une question plus délicate... Que diriez-vous si l'on vous proposait une vie éternelle garantie, plutôt que mourir ?

Cette contribution me permet de vous faire partager un récent plaisir de lecture, un roman intitulé Les oubliés de la lande, écrit par Fabienne Juhel et publié dans la collection La Brune, aux éditions du Rouergue

La librairie évoquée dans mon texte est la Librairie du Tramway...

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En période de rentrée, il est toujours difficile de choisir un livre parmi toutes les nouveautés ! Pour me faciliter la tâche, je me rends alors dans une librairie voisine que j'affectionne particulièrement, où l'on circule à l'aise, au clair et au calme. Et je rôde un moment entre les tables... Les ouvrages qui m'attirent, grâce au nom de leur auteur, ou par leur titre, leur couverture, je les touche, les soupèse, les tourne, les ouvre, les feuillette, les repose. Et j'arrive toujours à me décider, rarement déçue quand je m'accorde le temps de regarder et d'écouter ; car j'ai aussi l'oreille qui traîne, curieuse, et quand il y a un peu de monde je cherche à saisir quelques commentaires alentour. Aujourd'hui j'entends par exemple qu'on s'est régalé avec « Les oubliés de la lande »... Alors je me rapproche de la pile... Pas mal le titre : d'emblée mystérieux et prometteur ! La présentation est sobre, dans une collection joliment nommée La Brune, au éditions du Rouergue. Fabienne Juhel, l'auteur, est bretonne, ce qui constitue, à mon sens, un intérêt supplémentaire. Il s'agit de son cinquième roman, mais je ne la connais pas... pas encore ! Il me tarde soudain d'entrer dans son univers... Je prends !

Dès les premières pages, on comprend que « Les oubliés de la lande » désignent les habitants d'un village invisible et sans nom, des résidents libres sur un territoire situé quelque part, là-bas, vers l'ouest, derrière les « Mamelons de la Vierge »... Les gens qui ont atteint cette contrée y ont trouvé refuge suite à des événements divers, certains même pour des raisons méprisables, mais tous étaient guidés par l'angoisse d'une mort prochaine. Ici, au moins, ils savent ne pas risquer d'être rattrapés par l'Ankou ; ici, une sorte de charme empêche la Grande Faucheuse d'œuvrer à son aise ; ici, ils sont persuadés qu'ils ont enfin « semé la Camarde ». La Mort y est neutralisée !

Dans ce « no death's land », la vie est faite de patience et, éternité oblige, d'ennui et de répétition ; alors évidemment il y en a qui décident parfois de repartir, laissant la place à d'autres. Ceux qui restent - Jos le cantonnier, Edern l'idiot, Zora la couturière, le couple formé par Régis et Yvon..., vingt-huit personnes en tout pour l'instant - obéissent à des règles strictes, sous l'ordonnance pointilleuse d'un maire nommé Jason. Ils se montrent cependant fort sensibles à certains signes et ne manquent jamais de les interpréter : un nombre au fond de leur verre, le passage d'une étoile filante, le chant d'un rouge-gorge... Justement, que vont-ils penser de Tom, huit ans pour toujours, qui vient d'apercevoir, au-delà des Portes, le corps d'un inconnu ? Que vont-ils penser du petit homme qui découvre aussi, à l'occasion de promenades buissonnières, plusieurs animaux crucifiés ? Les gens du village ne finiront-ils pas par considérer l'enfant comme un oiseau de malheur annonçant la fin de leur privilège ? Pour sauvegarder l'endroit, pour y garder sa place, Tom se livre alors à une enquête, il joue au détective, à la recherche d'une explication et peut-être - horreur ! - d'un meurtrier, rôdeur ou infiltré, amateur de trophées...

Ce récit pétillant me surprend, me ravit. Comment le définir ? Légende, fantastique, suspense, humour, poésie, réflexion, il y a toutes les couleurs, pour tous les goûts. Une intrigue se noue et se dénoue dans ce monde étrange et pourtant familier, parmi des humains somme toute presque ordinaires... Fabienne Juhel en propose des portraits typés qui nous les rendent proches, attachants ou répugnants selon leurs failles, leurs secrets, leurs violences. On sent aussi dans toutes ses descriptions une profonde tendresse pour les animaux, un grand amour de la nature, la fine perception des odeurs et des bruits.

La composition en courts chapitres donne du rythme à l'ensemble : difficile de suspendre sa lecture ! Je viens à peine de terminer mon livre et je n'ai qu'une hâte : le reprendre du début, repérer les détails que j'ai certainement survolés et négligés, qui me paraîtront désormais évidents ; j'ai envie de goûter à nouveau l'aventure et sans doute serai-je tentée de me reposer quelques questions... Et si... Au cas où... Est-ce que j'aimerais, moi, habiter ce village ? Si je savais où il se trouve, est-ce que je partirai sur la route, en quête du « no death's land » ? Ça me plairait-il de garder mon âge, le même pour toujours ? Est-ce que je préférerais la Mort ou l'Éternité ? Si j'avais le choix ?

Voilà qui mérite cogitation... Quoi qu'il en soit, je n'oublierai pas de sitôt ce livre sur mon étagère ; j'ai très envie d'en partager le plaisir, les émotions, et vais donc sans tarder le faire circuler dans mon entourage, parmi quelques amateurs de mots et de contes, tout comme moi simples mortels - pour l'instant !

lundi 17 septembre 2012

recyclage

J'ai pris cette photo hier le long des berges du Rhône : hélas, une bonne idée déco pour agrémenter le fond de vos bassins aquatiques et recycler vos vieilles bécanes !


vendredi 7 septembre 2012

épistolier

ultime bafouille d'un épistolier... en série...

J'ai toujours aimé écrire, d'aussi loin qu'il me souvienne... Écrire des lettres me passionne, qu'il s'agisse d'exercice graphique ou de correspondance, de tracé ou de rédaction, et je m'efforce que chaque composition soit agréable à lire en même temps que bien présentée. Enfant, je privilégiais la plume et m'appliquais beaucoup, aux pleins et aux déliés ; adolescent, je variais la couleur de l'encre selon le destinataire. J'écrivais consciencieusement à tous mes parents ou amis lorsqu'ils s'éloignaient, je voulais les assurer que je pensais à eux, que j'espérais garder le contact ou attendais leur retour... J'ai aussi toujours voulu dire : « J'existe », montrer par mes écrits le meilleur de moi-même et convaincre de ma fidélité. J'étais fier de mon trait et, lorsque j'atteins l'âge adulte, je tâchais aussi de soigner ma prose : je faisais honneur à tous ces gens en veillant à ce que chaque lettre soit considérée comme une œuvre ! C'était MON œuvre, à leur intention...

Mais je m'égare... Venons-en aux faits !

Voyez-vous, j'ai fini par trouver que mes correspondants ne manifestaient pas suffisamment leur admiration et quand mon besoin de reconnaissance est devenu trop fort, j'ai eu l'idée de faire bénéficier plus de monde de mon talent épistolaire. J'ai décidé d'élaborer un projet personnel de grande envergure combinant l'action et l'écriture !

Vous ajouterez cette missive au lot que vous possédez déjà de ma composition, à tous ces messages que vous avez reçus régulièrement depuis le début de... l'Affaire... et que les journaux se sont évidemment empressés de publier – ce qui me convenait parfaitement d'ailleurs. Ne reconnaissez-vous pas la patte de mon génie, diabolique et sensationnel ?

N'ai-je pas procédé de manière élégante en commettant si proprement mes courriers ? Découper, coller, cette méthode prisée par les corbeaux vulgaires aurait été non seulement banale mais trop sale, le meilleur moyen de laisser des empreintes et de me trahir trop vite. Non, au lieu de cela, je prenais soin à chaque fois d'enfiler des gants, très fins, puis de vous concocter une lettre à partir du traitement de texte d'un ordinateur public, jamais le même PC ! Je racontais en triant soigneusement les détails, en saupoudrant mes exposés d'une pincée d'humour et n'économisant jamais les politesses... Il ne me restait plus ensuite qu'à enregistrer mon récit sur une clé pour le faire imprimer quelque part. Jamais la même clé, jamais la même boutique, évidemment...

Convenez-en : je vous ai permis d'exercer vos capacités intellectuelles jusqu'alors sous-employées, non ? Je me suis bien amusé à vous donner des indices petit à petit, à élaborer pour vous un jeu de piste, à vous imaginer en train de résoudre les problèmes soumis par mes envois anonymes. Je vous ai mis à l'épreuve... Et moi, parallèlement, je construisais chacun de mes crimes ; l'intérêt essentiel était d'en travailler ensuite consciencieusement le compte-rendu, pour vous mais aussi pour mon nouveau public, toute cette population à la fois inquiète et si curieuse ! Je me perfectionnais, au fur et à mesure... De plus en plus de cruauté... De plus en plus de style... Il en a quand même fallu une bonne douzaine, de crimes, et donc autant de lettres, avant que je me lasse..

Bien sûr j'obtiendrai perpète ! Ce sera sans regret de ma part. On ne l'accorde pas à n'importe qui. Je suis persuadé que mon procès durera un certain temps et que sa médiatisation me vaudra une immense popularité, juste récompense de louables efforts et couronnement d'une belle entreprise. Les gens adorent qu'on leur offre du suspense et je les ai tenus en haleine pendant de longs mois. Je suis bien certain que l'on tirera de cette Affaire un livre, des films, que sais-je encore ?

Oui, je suis coupable et vais vous laisser me cueillir aujourd'hui, bien gentiment ! Oui Monsieur le Commissaire, pour qu'on se soucie de moi, j'ai tué et écrit, passionnément, en série.

mardi 4 septembre 2012

vélorizontal

De drôles de machines tournaient dimanche dernier, frôlant les 50 km/h, sur le vélodrome du Parc de la Tête d'Or ! S'y déroulait en effet le championnat de France de vélo couché, sur piste. Le public était peu nombreux, composé de familiers mais aussi de promeneurs arrivés là par hasard, d'abord attirés par l'ambiance, chaleureuse et sportive, puis vite convaincus par le spectacle !


Le mot vélorizontal est un mot-valise (vélo - horizontal) ! Il désigne ce type de bicyclette où le conducteur – en l'occurrence un bentrider, pratiquant du bent, ou vélo couché – s'installe non pas sur une selle mais dans un véritable siège, en position quasi allongée, et pose les pieds sur un pédalier situé à l'avant de l'engin.


Épatant, non?